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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 19 septembre 2018
Sa note : 17/20

LINE UP

-Asger Mygind
(chant+guitare)

-Martin Werner
(clavier)

-Nicolai Morgensen
(basse)

-Felix Ewert
(batterie)

TRACKLIST

1) The Same War
2) Stray The Skies
3) Starburn
4) Owls
5) Your Mind Is A Helpless Dreamer
6) Emily
7) Gutter Moon
8) A Star Without Eyes
9) Feed The Creatures
10) Inmazes

DISCOGRAPHIE

Inmazes (2016)

VOLA - Inmazes
(2016) - metal prog - Label : Mascot Records



En ce mois de juin 2018, il y a un évènement auquel vous ne pourrez échapper, quelle que soit votre classe sociale, votre origine, ou votre profession. Oui, la coupe du monde de football en Russie est un évènement majeur quoi que vous puissiez en penser. Et pour ceux qui ne sont pas très portés sur le ballon rond, je vous emmène donc la découvrir sous un autre angle, celui de la musique, avec la découverte d’un groupe musical par poule de qualification. Aujourd’hui place au groupe C avec le Danemark.

Inmazes. Signification ? Aucune. Enfin du moins pas formellement. Comprenez qu’il s’agit ici d’un néologisme, que l’on pourrait traduire par « enlabyrinthé ». Étrange, pour sûr. Et pourtant, il s'agit bien de l'intitulé du premier effort des Danois, originaires de la capitale Copenhague. Et que vous le croyez ou non, le groupe a vu le jour onze ans auparavant, mais n’a sorti qu’une pelleté de démos, singles et EP entre 2006 et 2011, avant de considérer qu’il fallait se mettre à une tâche plus ardue. C’est donc il y a trois ans, en 2015, avec l’aide précieuse d’un financement participatif, que le quatuor scandinave décide de rentrer dans l’arène par la grande porte, sous version numérique, avant de rééditer l’album un an et demi plus tard par l’intermédiaire du label Mascot Records. Cinquante-et-une minutes de metal progressif moderne plus tard, on peut dire que la performance est couronnée de succès. Et l’on peut même arguer le fait que c’est un euphémisme.
Pas de langue de bois entre nous mes amis. Ce Inmazes est bon, très bon. Mais ça, il ne fallait pas attendre la dernière chanson du recueil pour s’en rendre compte. Les deux premières sont largement suffisantes pour se faire une idée du niveau du quartet danois. Avec "The Same War", on perçoit tout d’abord le son on ne peut plus organique, un peu à la manière du dernier Uneven Structure, qui donne de la percussion. Mais le joyau de cet opus arrive immédiatement après, avec "Stray The Skies" et son refrain court mais extrêmement prenant, et son clavier aussi absorbant qu’omniprésent. Car s’il y a bien une marque de fabrique chez VOLA, c’est ce subtil mélange. Pourtant les influences sont légion. Si l'on ne devait en citer qu’une poignée, les premières formations à être énumérées seraient Massive Attack, Steven Wilson, Ulver, Porcupine Tree, ou encore Devin Townsend en passant même par Soilwork. Mais s’il y en a bien deux principales qui frappent de plein fouet ce sont les Suédois de Meshuggah de par le côté imprévisible et djento-groovy, et leurs compatriotes d’Opeth, de par le côté progressif à souhait. On touche même à moult reprises le monde expérimental.
Et la force de la formation copenhaguoise, c’est de savoir manier tous ces genres pour en proposer une mixture plus que cohérente et étonnamment facile à digérer et encaisser. Groove, mélodies et puissance sont les maîtres mots de ce robuste effort de dix chansons. Si vous appréciez les mélodies de synthé maitrisées de main de maître, foncez sur "Your Mind Is A Helpless Dreamer" pour vous enivrer du sublime leitmotiv de Martin Werner. "Starburn" fera également le bonheur des fans de prog. La balade "Emily", elle, pourrait paraître pour bon nombre comme un cheveu sur la soupe, mais elle se fond curieusement bien dans le décor, tant elle vient contrebalancer le rythme cadencé des cinq premiers titres. C’est aussi l’occasion de se délecter en détail de la merveilleuse voix d’Asger Mygind, maniée à la perfection durant l’album, et pas seulement en chant clair. "Feed The Creatures" fait aussi partie de la catégorie reposante de l’album. Le trio "Owls", "Gutter Moon" et "A Star Without Eyes", quoique correct, a plus de mal à se défaire de la mêlée, ce qui n’est pas le cas des sept minutes trente de disharmonie totale de la chanson éponyme qui vient clôturer l’œuvre de façon encore plus décalée que prévue.


Un premier album de cette facture-là, c’est suffisamment rare pour être signalé. VOLA fait une entrée fracassante dans le milieu du metal expérimental/progressif, et il n’y a aucune raison pour qu’il s’arrête en si bon chemin. Au final, pour sortir du labyrinthe des petites compositions, il eut simplement fallu que l’oiseau vola. . .




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