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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 03 janvier 2019
Sa note : 16/20

LINE UP

-Christian "Chris" Monroy
(chant+guitare)

-Adrian Obregon
(guitare)

-Adrian "Adrius" Marquez
(basse)

-Johnny "Violence" Valles
(batterie)

TRACKLIST

1) Ripperology
2) Seismic Abyss
3) Catastrophic Retribution
4) Devouring Mortality
5) Torture Labyrinth
6) Grotesque Creation
7) Parasitic Horrors
8) Mortal Decimation
9) Lifeless Manifestation
10) Reanimating Pathogen
11) Internal Detestation

DISCOGRAPHIE


Skeletal Remains - Devouring Mortality
(2018) - death metal old school death metal - Label : Century Media



« C’était mieux avant ! » Cet adage passéiste peut s’adapter à de nombreux domaines et la musique ne fait pas exception. Certains amateurs sont ainsi des plus rétifs à toute évolution et ne se reconnaissent que dans des œuvres sentant la naphtaline. Si vous êtes dans la catégorie des inconditionnels de l’originalité et de la créativité débridée, vous pouvez cesser votre lecture. Quant aux autres…

Bienvenue donc à toi, le vieux, l’ancienne ou tout simplement le jouvenceau qui cherche le vrai, le metal de papa. Ou de papy, si tu es très jeune. Les États-Uniens de Skeletal Remains annoncent clairement la couleur: ils pratiquent un old school death metal qui ravivera des souvenirs à certains ou qui donneront envie à d’autres de se replonger trente ans en arrière, quand ce style était new school. Vous suivez toujours ? Ici point de brutal débridé, point de mélange alambiqué. Juste quatre chevelus qui depuis 2011 ont décidé de rendre hommage à une scène qui a marqué durablement son époque. On le sait avant même que les premières notes de ce troisième album ne résonnent. Les plus fins limiers vont sortir leur fusil et traquer le moindre faux pas. Pourtant le quatuor met du cœur à l’ouvrage et il serait réellement malhonnête de ne pas faire part de ses qualités. Le sens du riff des compositeurs de Devouring Mortality est évident. Des parties seront promptes à mettre vos cervicales à rude épreuve. L’excellent "Seismic Abyss" rassasiera l’appétit des amateurs de la fin des années 1980 et du début des années 1990. Soyons d’ailleurs un peu plus précis. Si des références doivent être mentionnées, il faudra regarder du côté de Pestilence, époque Consuming Impulse.
Cette troisième offrande de Skeletal Remains rappelle en effet l’excellent death teinté de thrash que les Bataves avaient asséné en 1989. Les vocaux de Chris Monroy sont également proches de ceux du géant Martin van Drunen et de son remplaçant Patrick Mameli. D’où les critiques, fort légitime au demeurant, arguant que les Californiens se contentent de reprendre des codes édictés il y a plusieurs décennies. Quitte à être franc avec vous, je ne suis pas fan de ce genre de groupes qui semblent parfois n’être qu’une copie carbone de glorieux ainés. Gruesome, si tu me lis ! Allez donc savoir pourquoi le quatuor est parvenu à attirer ma sympathie. Certainement grâce à un talent indéniable, des compositions habilement édifiées, avec des changements de tempi nombreux et des soli réussis. À l’heure où Pestilence sort des disques plus que médiocres, ces jeunes arrogants s’érigent en alternative plus que crédible pour tous les déçus. Le son monstrueux permet aux onze pièces d’exploser dans le canal auditif et apporte une puissance supplémentaire à l’ensemble. Mixé à l’Unisound Studio par Dan Swanö, Devouring Mortality ne pouvait qu’imposer le respect à ce niveau.


Cette sortie divisera sans nul doute. D’aucuns n’y verront qu’un disque suranné, sans rien de mémorable. D’autres au contraire se laisseront charmer par la qualité intrinsèque de l’ensemble, hommage très vivant à une musique qui semblait quelque peu désuète. Ou comment parvenir à faire d’excellentes choses avec une recette pourtant déjà connue de tous. Choisissez votre camp. Et snobez ou vénérez Devouring Mortality.


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