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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été mise en ligne le 10 mai 2008
Sa note : 10/20

LINE UP

-Glenn Hughes
(chant+basse)

-Luis Maldonado
(guitare)

-JJ Marsh
(guitare)

-Anders Olinder
(claviers)

-Chad Smith
(batterie)

TRACKLIST

1)Crave
2)First Underground Nuclear Kitchen
3)Satellite
4)Love Communion
5)We Shall Be Free
6)Imperfection
7)Never Say Never
8)We Go To War
9)Oil and Water
10)Too Late to Save the World
11)Where There's a Will

DISCOGRAPHIE


Hughes, Glenn - First Underground Nuclear Kitchen
(2008) - fusion - Label : Frontiers Records



Jean-Claude Van Damme s'apprête à sortir un nouveau film dans lequel il se tourne lui-même en dérision. Alain Delon vieillit très bien... c'est vrai, il a la même gueule maintenant qu'il y a 15 ans... Bon, en même temps, ça veut peut-être pas dire grand chose. Lemmy se teint toujours les cheveux, les Stones sont actuellement à l'affiche au cinéma avec Shine A Light et la prochaine collaboration de Carla Bruni avec notre rocker national Louis Bertignac se fait toujours attendre... Ah, et sinon, y'a Glenn Hughes qui vient de sortir un nouveau disque. Et, juré craché, celui-ci il sera funky, mais pour de vrai cette fois !

First Underground Nuclear Kitchen... pour aller plus vite, appelons le FUNK, tout comme Return Of Crystal Karma = ROCK... bref, avec FUNK, Glenn Hughes n'a désormais plus peur de montrer au public tout son talent (c'est vrai qu'avant, il flippait grave !). Mieux, il a poussé sa créativité d'artiste à son maximum, FUNK est son album le plus sincère à ce jour. Ces nouvelles chansons sont un véritable cadeau qu'il s'est fait à lui-même, un don du ciel. Il remercie Dieu chaque jour d'avoir pu sortir un disque aussi bon. J'ai résumé en substance les dernières interviews données par Glenn Hughes pour promouvoir FUNK... Il est comme ça Glenn, il a un melon pas possible et c'est pas demain qu'on va le changer. Il fait des concerts devant 30 personnes chaque soir et se comporte comme s'il était encore une rock-star... sauf que Deep Purple, c'est du passé, ça remonte à 30 ans. Ses albums solos, tout le monde s'en branle. Et pire que ça, il n'a même pas les moyens de se payer Chad Smith sur ses tournées. Déjà que sur album, Chad Smith vient jouer « par amour pour la musique », presque en bénévole car Glenn Hughes ne pourrait pas lui assurer un cachet à la hauteur des Red Hot Chili Peppers.

Justement, Chad Smith est maintenant complètement épanoui dans la musique de Glenn Hughes, vraiment à son aise... en même temps, au bout de trois albums, il était presque temps car ses précédentes prestations n'avaient rien de mémorable ! Bien servi par un excellent son, faisant oublier le son pourri de Soul Mover, c'est un festival de groove qui nous est proposé ici. Des musiciens qui se regardent un peu jouer, qui « jamment » comme des porcs. « Hé man, regarde un peu mon plan comme il est groovy, matte un peu comme c'est funky de la mort mon truc là, trop ouf ! ». Ouais, sauf que voilà, ils ont juste oublié en route d'écrire des bonnes chansons... pas de bol. Au moins, sur Music For The Divine, un effort avait été fait pour écrire des « pop songs » qui se tiennent. En même temps, c'est pas grave car Glenn Hughes l'a annoncé maintes fois, FUNK sera son most funky album ever ! Donc les fans vont adorer, peu importe que l'album soit bon ou pas, peu importe que les riffs de JJ Marsh aient déjà été entendu 10 000 fois sur Building The Machine, Return Of Crystal Karma ou Soul Mover, tout cela n'a aucune importance. Du moment que l'album est funky, tout baigne.

Avec le premier morceau, "Crave", j'ai rajeuni de trois ans : j'avais l'impression d'avoir mis Soul Mover sur la platine... ah non, pas de bol, c'est bien FUNK qu'on écoute. Ok, morceau sans grand intérêt donc, refrain accrocheur, riffs pauvrissimes sur les couplets : au suivant. On peut s'amuser à faire un blind test avec ce disque, à essayer de deviner sur quel album antérieur à FUNK tel ou tel titre aurait pu apparaître... un jeu très amusant. Glenn Hughes nous a vendu ce disque comme étant le digne successeur de Play Me Out, son album funky bien barré qu'il avait sorti en 1977... Mouais, Building The Machine était déjà funky ("I Just Want to Celebrate", "Don't Let It Slip Away", "Out on Me", "Inside"...), bref, pas de quoi s'emballer sur l'utilisation de ce terme. Ici, Glenn Hughes s'est juste contenté d'ajouter des cuivres sur quelques refrains pour faire illusion ("First Underground Nuclear Kitchen" et "Love Communion") mais la supercherie ne prend pas.

Les gros riffs « fusion » du père Marsh, comme dit plus haut, sont toujours pareils. Mais vraiment. Et pas très inspirés qui plus est : "We Shall Be Free", "Oil and Water" (l'alternance passages acoustiques et électriques est un peu maladroite), "Never Say Never" (encore un résidu de la période Soul Mover), "First Underground Nuclear Kitchen"... La misère. À titre d'exemple, il existe plus de différences entre The Razor's Edge, Ballbreaker et Stiff Upper Lip d'AC/DC qu'entre les derniers Glenn Hughes. Pour les ballades, même chose, Glenn Hughes nous ressert les mêmes mélodies, maintes fois entendues sur Building The Machine, il nous refait même le coup de la p'tite ballade intimiste à la fin sur "Where There's a Will". Pour les points positifs, on retiendra tout de même les ballades "Satellite" et "Imperfection" car bon, Glenn Hughes sait encore y faire dans ce domaine. "Too Late to Save the World" est assez réussi également, on retrouve les qualités de Music For The Divine avec les arrangements « orchestraux » sur le refrain. Et reconnaissons au moins une chose, les titres les plus funky sont également les plus intéressants : "Love Communion", désormais incontournable, ainsi que "We Go to War", pas mal du tout.


Voilà, ça fait un peu léger tout ça... un album de plus. Music For The Divine était meilleur, sûrement davantage travaillé, moins « jam ». Avec FUNK, chacun choisira son camp, la quantité ou la quantité, au choix... et à ce sujet, vivement le prochain Hughes/Thrall 2, si ça peut apporter un peu d'air frais à sa carrière, ce sera toujours ça de pris. Quant à moi, je sens que je vais pas tarder à aller me réfugier vers le camp des Coverdaliens avec son Good to Be Bad.


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