2593

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Anders Fäldt
(chant)

-Rikard Kottelin
(guitare)

-David Svartz
(guitare)

-Lars Martinsson
(basse)

-Emil Dragutinovic
(batterie)




TRACKLIST

1) Intro
2) Retribution
3) Those Beyond
4) Redeemer
5) Cosmopathic Deathvoid
6) Knee Deep In Blood
7) On Swift Wings
8) Ascendancy
9) Awakened Fury
10) Invoking The End
11) Rise Of The Fallen

DISCOGRAPHIE


The Legion - Unseen To Creation
(2003) - black metal - Label : Listenable Records



Amateurs de black brutal (bourrin ?) réjouissez-vous !! Vous trouviez Marduk un peu trop mou du genou ? Dark Funeral vous semblait mollir ? Arrive The Legion ! Avec eux, la gaule revient au galop avec une violence instrumentale permanente. La vitesse à laquelle jouent nos sataniciens (satanistes musiciens) est vraiment impressionnante. Le batteur mérite à ce titre quelques éloges puisque outre des blast beats à profusion distribués avec une vigueur jamais mise en défaut, il délivre de nombreux breaks assez cassants dans leur genre, toujours sur le mode « ultra vitesse » par contre.

N’espérez pas une baisse de rythme du côté de nos suédois (car oui, qui dit black bourrin dit suédois) car ils n’ont apparemment pas appris la signification du mot lenteur dans leur tendre enfance. Néanmoins cela n’empêche pas The Legion de proposer de rare(s?) moment(s?) de répit. Ainsi les quarante-cinq premières secondes (!!) de "Cosmopathic Deathvoid" sont jouées sur un rythme tout à fait soutenable. Mais ne vous y trompez, cet album n’est que vitesse pure. D’ailleurs il s’agit d’une raison pour laquelle je l’ai acquis. La deuxième étant sa production relativement énorme dans son genre. Un son de batterie particulièrement consistant (notamment la grosse caisse qui est bien pleine), des guitares tranchantes mais qui n’ont pas oubliées d’apporter la froideur caractéristique au genre et une basse qui malheureusement ne se fait encore entendre qu’en de rares occasions. Le chant est assuré avec brio mais sans génie particulier.
Donc je reprends mes explications égocentriques. Je voulais un album bien bourrin avec une bonne grosse production pour les moments d’égarements où j’ai besoin d’écouter du gros violent. Et bien ce The Legion correspond excellemment à ce besoin. Pour sûr, vous ne serez pas déçus par la marchandise. Car comme je l’ai déjà dit la violence musicale est maîtresse de tous les instants. Presque pas un moment de décélération. Juste de temps à autre des intro à la guitare sèche, qui durent bien trente secondes, et donc ce fameux passage doomesque (…) sur "Cosmopathic Deathvoid", j’avoue, il n’est pas le seul. Mais ce serait faire preuve d’un manque d’objectivité que de s’arrêter uniquement à cette violence. The Legion a quand même au moins un autre atout dans sa manche, c’est qu’il sait composer. Car s’il n’y a pas un moment de répit, il n’y a pas un moment où vous vous ennuierez, je peux vous l’assurer.
Autant je trouvais le dernier Dark Funeral par moment un peu long, autant cet album ne souffre pas de la lassitude qu’une musique aussi violente pourrait installer. Même, le groupe montre qu’il sait recycler (un peu) sa formule en proposant un passage avec des chœurs (synthétisés) au beau milieu de "On Swift Wings". Vraiment magnifique. A son actif encore, cette chanson très égyptienne dans son ambiance, "Ascendency", avec un riff tout à fait Nilien, mais à la sauce The Legion et donc black, et pour une fois pas brutal. Et comme pour montrer qu’ils sont emprunts de modernité, les membres nous servent un "Evoking The End" au nom très évocateur sur un plateau. Quelques sons, bruits à la limite de l’électro et une batterie martiale pour un titre court mais fort judicieusement intégré et placé.
Difficile donc de trouver de sérieux défauts à cet album puisqu’il n’en comporte pas tout bêtement. On relèvera une technicité largement au-dessus de la moyenne du black metal, technicité rendue obligatoire par la vitesse assumée du black brutal que joue le groupe assortie d’une richesse musicale élevée. En outre, The Legion se permet de rares et courtes incartades dans le death avec quelques riffs typiquement death qui rentrent dans la bidoche (morte, cela va de soit) et un chant qui se fait itou. Cela n’est pas surprenant puisque lorsque le black se fait technique, il tend souvent à lorgner (trop à mon goût) vers le cousin issu de germain qu’est le death metal. Là par contre, The Legion sait rester dans le black pur et racé issu d’une fière lignée brutale.


Un excellent album qui mérite des éloges même si on pourra lui reprocher son extrême brutalité pour les plus petits joueurs d’entre nous. Et puis on pourra encore lui reprocher de ne miser que sur la vitesse contrairement à ses collègues norvégiens. Mais de bien faibles défauts au regard de l’étonnante richesse de ce disque.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6