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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 10 février 2009
Sa note : 14/20

LINE UP

-Ralf Scheepers
(chant)

-Stefan Leibing
(guitare)

-Henny Wolter
(guitare)

-Mat Sinner
(basse)

-Klaus Sperling
(batterie)

TRACKLIST

1)Countdown to Insanity
2)Black Sun
3)Armageddon
4)Lightyears from Home
5)Revolution
6)Fear
7)Mind Control
8)Magic Eye
9)Mind Machine
10)Silence
11)We Go Down
12)Cold Day in Hell
13)Controlled

DISCOGRAPHIE


Primal Fear - Black Sun
(2002) - heavy metal - Label : Nuclear Blast



Depuis le temps, on a bien compris, Primal Fear est aussi enclin au changement qu'un entraîneur de L1 lambda au jeu offensif. Aussi ne s'étonnera-t-on pas, après un Nuclear Fire très réussi, de voir débouler dès l'année suivante sa version générique avec Black Sun. Calcul évidemment risqué, puisque comme dans 99% des cas, la copie n'atteint pas le niveau de l'original. Mais allez faire comprendre ça à des adeptes aussi indécrottables de l'immobilisme musical…

Black Sun a marqué un certain tournant dans la carrière de Primal Fear. Pour la 1ère fois, ce nouvel album a été reçu plutôt fraîchement, tant par la critique que par le public. D'un coup, on est passé de « Primal Fear, c'est toujours pareil mais c'est bon ! » à « Primal Fear, c'est bon mais c'est toujours pareil… » Vous saisissez la nuance ? Concernant les causes de ce renversement de tendance, Primal Fear ne pourra s'en prendre qu'à lui-même. En effet, en toute objectivité, on ne peut pas dire que Black Sun soit qualitativement à des années-lumière de Nuclear Fire. Ce qui finit par lasser en revanche, c'est le côté répétitif du répertoire du groupe et surtout ce recours de plus en plus fréquent à l'autocitation. Symbole de ce phénomène, "Magic Eye" : alors que Primal Fear avait enfin réussi à nous surprendre avec "Iron Fist in a Velvet Glove", le groupe ne trouve rien de mieux à faire qu'une autre chanson avec exactement le même schéma ! Et ce ne sont pas les 2 timides nouveautés (un côté mélodique plus accentué sur les riffs "Armageddon" et "Mind Control", et un léger flirt avec le thrash sur "Fear") qui vont suffire à inverser la tendance… Voilà pour le contexte.

Maintenant, chroniquer, ça signifie se mouiller. Votre serviteur doit donc avouer qu'il ressent toujours un plaisir coupable et presque irrationnel à l'écoute de Black Sun. Coupable, c'est pour la première moitié de l'album, parce qu'on tient là une brochette de titres qui se limitent à une resucée plus ou moins grossière de tout ce que Primal Fear a fait jusque là. "Black Sun" ? Un excellent burner, rapide et nerveux avec un refrain puissant, dans la grande tradition des "Chainbreaker", "Final Embrace" et autres "Angel in Black". En gros, la recette habituelle présente sur chaque album de Primal Fear. "Lightyears from Home" ? Le titre speed mélo de l'album, une sorte de "Silver and Gold" avec un refrain suraigu assez crispant. "Revolution" ? Un mid tempo avec un riff bien gras, qui évite de peu le copier/coller de "Running in the Dust" grâce à son refrain plus mélodique. "Fear" ? L'intro se promène aux confins du thrash, mais le reste du morceau se complaît dans un heavy puissant qui rappelle inévitablement "Fight the Fire". Seuls les 2 titres les plus mélodiques, le mid tempo "Armageddon" et l'hymne "Mind Control", parviennent à éviter la redite flagrante.

Ça, c'était pour le côté coupable, ce plaisir ressenti malgré la démarche assez douteuse. Mais après, on bascule complètement dans l'irrationnel. Car il faut le dire clairement, la seconde moitié de Black Sun, c'est une collection de titres mineurs. Le genre de titres qui, en principe, vous plombent un album en moins de 2. Mais c'est pourtant sur ce créneau que Primal Fear se démarque, avec sa formule inégalable : écrire des chansons génialement basiques, à partir de cette formule mathématique simplissime « un riff qui décoiffe + un titre asséné jusqu'à plus soif en guise de refrain = un titre de heavy metal ». Ca nous donne "We Go Down" par exemple, un titre mineur à la "Fire on the Horizon", mais totalement jouissif à l'image des screamings à gogo de Scheepers. Et on n'a encore rien vu, puisque dans le même genre, "Cold Day in Hell" fait encore mieux (ou pire, c'est selon) : le refrain n'est qu'un simple prétexte à balancer des screamings. En gros c'est simple, Black Sun, c'est comme un Seagal de la grande époque (genre Terrain Miné) ou une émission de catch : un sommet de beauferie à première vue, mais dès lors qu'on a débranché le cerveau, quel panard !


On a tous notre côté déviant et difficilement assumable en public. Pour mon estimé collègue Lucifcum, c'est le shred, en ce qui me concerne, c'est un penchant pervers pour le metal allemand et ses caractéristiques les plus honteuses : les riffs basiques recyclés 25 fois, les refrains hymnesques, et cerise sur le gâteau propre à Primal Fear, les screamings complètement hors de propos. Autant de choses qu'on retrouve à foison sur Black Sun, d'où un avis complètement biaisé de ma part. Evidemment, si tel n'est pas votre cas, cette chronique est à relativiser de toute urgence…


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