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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Vorph
(chant+guitare)

-Xy
(claviers)

-Makro
(guitare)

-Mas
(basse)

TRACKLIST

1) Moongate
2) Inch Allah
3) High Above
4) Reign Of Light
5) On Earth
6) Telepath
7) Oriental Dawn
8) As The Sun
9) Further
10) Heliopolis
11) Door Of Celestial Peace

DISCOGRAPHIE

Worship Him (1991)
Blood Ritual (1992)
Ceremony Of Opposites (1994)
Rebellion (1995)
Passage (1997)
Exodus (1998)
Eternal (1999)
Reign Of Light (2004)
On Earth (2005)
Era One / Lesson In Magic 1 (2006)
Solar Soul (2007)
Above (2009)
Antigod (2010)
Lux Mundi (2011)

Samael - Reign Of Light
(2004) - black metal electro - Label : Century Media



1999-2004… L’attente fut longue depuis Eternal! Et Samael se rattrape aujourd’hui en apportant son nouveau chef d’œuvre Reign Of Light. Pas de grande révolution depuis Eternal, si ce n’est que la musique est toujours plus peaufinée, avec cette fois un dynamisme et une agressivité développés. Il s’agit toujours de metal, même si les guitares sont maintenant au second plan. Le chant de Vorph et les arrangements de Xy sont les vecteurs de cette nouvelle agressivité. Amoureux des ambiances solennelles, des compositions envoûtantes et des claviers électros, Reign Of Light est là, comme tout album de Samael s’adresse à une élite qui cherche le meilleur. Entre nous, ca fait du bien de pouvoir écouter du nouveau Samael... Depuis les temps que les anciens disques tournent en boucle!

Pour résumer la carrière du groupe, il est facile de constater que la musique n’a jamais cessé d’évoluer, que chaque offrande est un pas en avant dans une direction que le groupe a choisi lui-même d’emprunter, sans se rapprocher d’une quelconque tendance musicale du moment, en essayant de faire vivre chaque fois sa musique du mieux possible. Les débuts (Worship Him et Blood Ritual) tablaient sur une musique dégageant une violence crue proche du black metal. Puis vint le temps d’une approche sonore plus travaillée avec Ceremony Of Opposites et l’incontournable Passage, basée sur des claviers accrocheurs, des riffs lourds et prenants, une boite à rythme puissante (pour Passage) et des compositions plus intenses. C’est alors qu’avec Eternal en 1999 que Samael s’attaque, toujours en gardant sa propre personnalité, à une musique plus envolée, moins écrasante (guitares mois présentes), en intégrant plus que jamais une dimension électronique sur un concept plus positif et carrément spatial. Reign Of Light suit la ligne tracée par Eternal en proposant cette fois une approche de son metal originale plus agressive, dynamique et directe, tout conservant cependant cette ambiance sombre et solennelle toujours entendue chez le groupe.
Dix titres composent Reign Of Light pour trois quarts d’heure de musique. Le groupe aborde ici sa musique sous un angle différent en s’inspirant des ambiances arabisantes voire hindoues sur presque la moitié des titres, dans les riffs de guitares et claviers comme dans l’intervention discrète mais bien effective d’un guest à la cithare. Cette influence se retrouve sur "Heliopolis", "Inch’Allah", "Moongate", "High Above" et plus insidieusement sur "Moongate". Cela apporte aux compositions une touche plus exotique et donc résolument originale. Mais ce qui transcende chaque titre comme à l’habitude avec Samael, ce sont les refrains propres à chacun. Pas de mélange possible donc, un titre a son propre thème et ne peut être confondu avec un autre, et surtout avec ceux d’un autre groupe. Samael a en effet une facilité assez déconcertante à produire des refrains chant/guitare/rythmes charismatiques et entraînants. Que se soit le refrain suave et atmosphérique de "Inch’Allah", le sage et planant de "On Earth", ou encore le dynamique et rythmique de "Moongate".
La violence maîtrisée des compositions est dans Reign Of Light particulièrement travaillée, avec un tempo supérieur à Eternal avec des titres comme "Moongate", "Telepath", et même le titre éponyme Reign Of Light. On retrouvera toujours des rythmiques de guitare précises avec ici une touche un peu plus moderne. Le tout étant pleinement en symbiose avec la trame boîte à rythme/claviers/sonorités électros de Xy. Ce qui caractérise aussi très bien Samael, ces sont les breaks assez fréquents permettant de sauter d’une ambiance à une autre de manière plus surprenante. Les passages atmosphériques sont très présents, mis en avant comme sur Eternal, et permettent de soutenir la richesse des compositions en tissant un fil mélodique sur tout un titre, lien solide de toutes les composantes et changements de rythmes qu’elles offrent.
Dès la première écoute, après une introduction de rythmiques africaines et de cithare, "Moongate" surprend par son mélange d’ambiances à la fois arabisante, électros et par le dynamisme dégagé par le chant de Vorph, rapide et extrêmement précis dans un ton accusateur. Le titre "Inch’Allah", qui est présent tout comme "Telepath" sur le single de présentation de l’album possède un rythme soutenu du début à la fin, et surtout possède un cachet particulier avec ses ambiances de claviers toujours arabisantes et des vocaux saturés, assez rares chez Samael et même surtout sur cet album, puisque outre ce titre, seul "Telepath" s’accorde cela. L’agressivité du titre se trouve dans ce chant et non dans les parties instrumentales, qui tout en étant assez rapides et changeantes, sont dirigées par une mélodie bien présente.
Étrangement quelques titres sur cet album sont moins bons que les autres. Il en est ainsi pour le titre éponyme à l’album, "Reign Of Light" ainsi que pour le décevant As "The Sun Sets". Le titre "Reign Of Light" possède tout d’un Samael, mais la personnalité du titre est douteuse et l’on passe vite à la suivante, parce qu’on reste sur notre faim de sensations, non rassasiée par ce titre un peu faible. "As The Sun Sets" m’énerve carrément avec son attitude rap, à coups de scratches et de chant aux sonorités rappelant un style peu appréciable.
Bon, outre ces deux points d’interrogation, on arrive sur de gros titres avec "On Earth", l’équivalent au niveau conceptuel du "Together" de Eternal, à savoir un message humaniste et positif. L’ambiance du titre est en outre assez époustouflante, surtout lorsque l’on arrive sur ce refrain qui me trotte encore le matin dans la tête quand je me lève. On a envie de croire à tout ce que Vorph et son incontestable charisme vocal raconte. Après le très virulent, électronique et rythmique "Telepath", débarque "High Above", lent mémoire mélodique, ou les guitares ont enfin une grande place dans la structure mélodique développée tout au long du morceau. Il s’agit de loin du titre le plus atmosphérique et posé de Reign Of Light, une sorte de repos envoûtant, un peu comme "Further", un des meilleurs titre de l’album. Laissons-nous d’abord séduire par cette intro calme ou Vorph nous susurre quelques paroles dans un ton ultra intime. Pas de grognement ou très peu dans ce titre qui développe un thème inoubliable.


Finalement, Reign Of Light finit sur "Heliopolis", le titre le plus inspiré par des influences arabes. On croirait entendre du Orphaned Land à la sauce Samael. L’effet est surprenant et l’on ne peut reprocher au groupe de s’essayer de la sorte dans ce style tellement le résultat est convaincant. "Door Of Celestial Peace" finit agréablement l’album avec de très bons passages calmes et symphoniques pour une musique relativement posée et classique. Il est toujours conseillé à la sortie d’un nouveau Samael de prolonger les écoutes afin de capter l’ensemble de ce qui nous est offert et de pénétrer pleinement une musique prenante et complexe. C’est encore plus vrai avec Reign Of Light, puisqu’une multitude d’ambiances et de détails nous échappent aux premières écoutes. Alors à vos casques, il s’agit-là d’une sortie majeure de cette année 2004!


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