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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 18 mai 2009
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Pierre
(chant)

-Ben
(guitare)

-Will
(guitare)

-Damien
(basse)

-Julien
(batterie+chant)

TRACKLIST

1)Single Thought and Emptiness Wishes
2)The Warmth
3)The Angel Print
4)U Turn
5)Voice
6)Draw My Faith
7)Acted Out
8)Hope Is Where You Are
9)Watchword
10)Strapped In
11)The Legend
12)Elusive Temptation

DISCOGRAPHIE


Memories Of A Dead Man - Beyond The Legend




Ayant formé leur groupe en 2006, les petits Français de Memories Of A Dead Man sortent, après une premier EP éponyme publié en 2008, leur premier album, intitulé Beyond The Legend, après s'être visiblement bien rôdé niveau concerts. Distribué par Season Of Mist et doté d'une production de qualité, ce petit disque scelle l'entrée définitive des Parisiens dans une scène française aux qualités de plus en plus nombreuses.


Ce qui est bien avec les dossiers de presse que l'on reçoit parfois avec les disques à chroniquer, c'est qu'ils nous mâchent, à nous, gentils chroniqueurs, une bonne partie du travail, notamment en ce qui concerne le genre musical auquel on a affaire. Même si l'écoute prime sur le reste, il est parfois difficile de trouver les bons termes pour qualifier ce que l'on entend. Ici, pas besoin de se casser la tête, c'est écrit, et approuvé : Memories Of A Dead Man oscille entre hardcore, ambiant et post-core. Du premier on retrouve un chant hargneux qui rappelle celui de Mike Pilat sur l'album Precambrian de The Ocean, ainsi que des passages bien bœufs. Du second, on retrouve des plans aériens et mélodiques. Du dernier enfin, on retrouve les progressions en crescendo conclues en explosion, ainsi que des arpèges légèrement dissonants chers au genre. Reste un feeling somme toute assez rock/metal alternatif, comme le prouve par exemple le riff d'ouverture de "Single Thought And Emptiness Wishes".

La musique de Memories Of A Dead Man constitue un imbroglio de ces références, plutôt bien digérées au passage. Les passages bourrins s'alternent avec des envolées agrémentées de beatdowns efficaces, parfois soutenues par un chant clair bien maîtrisé. Remarque importante, ledit chant clair est ici officié non pas par Pierre, chanteur principal du groupe, mais par le batteur, Julien. La formation ne tombe cependant pas dans le piège de la répétition des plans « Je suis pas content, c'est bourrin, je beugle / Je suis content-désespéré-j'ai faim, c'est mélodique et aérien, je chante ». Au contraire, les beuglements de Pierre viennent parfois se poser sur des passages fort calmes ("Draw My Faith"), tandis que Julien ne se contente pas d'utiliser son chant pour apaiser la tempête ("Hope Is Where You Are"). Techniquement parlant, le groupe jouit d'un fort bon niveau, les ambiances sont efficaces et les titres, en l'absence d'une structure « couplet / refrain » sont fluides.


Memories Of A Dead Man délivre au final un fort beau premier album, digérant ses références pour obtenir un résultat somme toute assez personnel. Les couleurs et ambiances distillées tout au long de l'album se révèlent envoûtantes à souhait, tandis que les climats varient au rythme des plans et des riffs, mélodiques ou brutaux. On pourra toutefois déplorer un manque de variations au niveau de ces ambiances, tout au long du disque. Avec un premier album d'un bon calibre, reste à voir ce que le groupe vaut sur scène (visiblement, il jouit déjà d'une bonne réputation de ce côté), histoire, notamment de voir comment s'en sort notre batteur-chanteur.


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