4020

CHRONIQUE PAR ...

39
Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 06 avril 2010
Sa note : 14/20

LINE UP

-Chrigel Glanzmann
(chant+mandoline+flûte…)

-Meri Tadic
(violon+chant)

-Anna Murphy
(vielle à roue+flûte+chant)

-Päde Kistler
(cornemuse+flûte)

-Ivo Henzi
(guitare)

-Sime Koch
(guitare)

-Kay Brem
(basse)

-Merlin Sutter
(batterie)

TRACKLIST

1)Otherworld
2)Everything Remains (As It Never Was)
3)Thousandfold
4)Nil
5)The Essence of the Ashes
6)Isara
7)Kingdom Come Undone
8)Quoth the Raven
9)(Do)Minion
10)Setlon
11)Sempiternal Embers
12)Lugdunon
13)The Liminal Passage

DISCOGRAPHIE


Eluveitie - Everything Remains (As It Never Was)
(2010) - folk melodeath - Label : Nuclear Blast



Les Suisses ne se contentent pas de cacher l’or des nazis ou de livrer des réalisateurs de génie aux autorités américaines pour de banales histoires de pédophilie vieilles de 30 ans. Non, certains jouent aussi du folk metal fortement teinté de death mélodique et rendent hommage à la tradition pagan, se nourrissant des mythes et légendes des cultures celte et gauloise, allant jusqu’à chanter parfois en ancien Gaulois.



Everything Remains (As It Never Was) est déjà le quatrième album des Helvètes. Mais si on occulte l’opus acoustique plus ou moins boiteux Evocation I - The Arcane Dominion, il a surtout la lourde tache de succéder en tant que véritable nouvel album électrique à l’excellent Slania qui avait fait un véritable petit carton lors de sa sortie chez Nuclear Blast, faisant connaître Eluveitie au plus grand nombre. Autant le dire tout de suite: à l’image de la pochette qui semble représenter la petite fille de Slania quelques années plus tard, les Suisses n’ont pas pris beaucoup de risques et nous propose un nouvel opus totalement dans la lignée de leur album culte, faisant vite oublier les expérimentations discutables du disque précédent. Après une intro assez cinématographique qui fait fortement penser au prologue du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson (c’est Galadriel qui parle?) le morceau titre déboule et rassure très vite, même s’il ne surprend pas le moins du monde. Le mélodeath à la In Flames mâtiné de mélodies folk jouées par de vrais instruments traditionnels (flûtes, cornemuses, violon…) et non par de vulgaires samples que l’on connaît depuis Slania est au rendez vous. Les quelques passages sur lesquels un chant clair féminin replace le growl de Chrigel Glanzmann sont là aussi, mais ils se feront plutôt rares sur l’album. Il ne manque qu’un vrai refrain accrocheur pour que la fête soit totale.

Cette recette sera distillée sur chaque titre en variant légèrement les dosages de l’un ou l’autre des ingrédients. Par exemple "Thousandfold", mid tempo encore très In Flames dernière période (le riff ressemble à celui de "Cloud Connected") propose des éléments folk plus présents, notamment sur le break, et un refrain plus consistant. Mais sur d’autres titres Eluveitie a pris le parti de séparer et non plus d’entremêler death et folk. Après une intro très folk "Nil" part ainsi sur d’excellents couplets purement death bien violents au riff très melodeath, avant un refrain plutôt accrocheur sur lequel les instruments traditionnels sont de retour. Même constat pour le plus mid-tempo "The Essence of the Ashes" qui se permet de plagier les arpèges du "Hedon" de Dark Tranquillity, ou avec plus de réussite sur l’excellent "Kingdom Come Undone" aux riffs melodeath jouissifs ou encore sur "Sempiternal Embers". Le chant clair de Meri Tadic et Anna Murphy, majoritaire sur Evocation I, est ici largement sous exploité. "Quoth the Raven" est l’une des rares exceptions avec son refrain en chant clair féminin (doublé par la voix death) et cette narration qui finit par un cri black terrifiant. "Lugdunon" quant à lui, se démarque par son aspect très folk festif qui en fait un morceau le plus joyeux et léger de l’album.


Eluveitie a donc joué la sécurité en réalisant un album très proche de Slania, ce qui n’est pas un problème en soi. Malheureusement la comparaison avec son glorieux ainé ne se fait pas à l’avantage de Everything Remains (As It Never Was), le niveau des compositions n’étant pas aussi élevé. Reste un bon album de melodeath folk, à l’univers beaucoup plus riche que la moyenne des groupes du style.


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