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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mai 2011
Sa note : 10/20

LINE UP

-Jakob Samuel
(chant)

-Henrik Bergqvist
(guitare)

-Pontus Egberg
(basse)

-Christian Lundqvist
(batterie)

TRACKLIST

1)I Want It All
2)Until Our Kingdom Falls
3)Father to a Son
4)I Believe in You
5)Cuts Like a Knife
6)As Time Is Passing
7)Love Is All
8)Your Time Is Now
9)Action!
10)Bring Back the Night
11)Vampire's Kiss
12)Into the Quiet Night
13)Don't Tell Me

DISCOGRAPHIE

Sweet Trade (2007)
No Quarter (2010)
Performocracy (2011)

Poodles (The) - Performocracy
(2011) - hard rock - Label : Frontiers Records



Les progrès de la science n’en finissent pas de nous surprendre. Finie, la corvée de l’écoute obligatoire du disque promotionnel entraînant acouphènes et autres traumatismes auditifs ; bientôt, un simple coup d’œil à la pochette suffira au critique averti pour juger de manière totalement objective et sentencieuse l’objet de ce qui jadis entretenait sa misère affective et sexuelle. La pochettographie, voilà l’avenir de notre métier. Les Éternels étant premiers sur l’innovation musicale, c’est donc tout naturellement que je cède ma place au Professeur La Touze, un spécialiste de la jaquette, pour vous parler sans ambages de ce Performocracy.

« Bonjour bande de petits fripons. Rien de mieux, en effet, que le quatrième album de cette obscure formation suédoise de rock dur pour vous montrer toute l’efficacité de cette nouvelle science. Qu’y voit-on, sur cette pochette ? Déjà, un logo qui n’a pas changé en quatre albums : voilà qui ne suggère pas une éventuelle progression stylistique. Je dirais même, vous me passerez l’expression, qu’ils s’en tamponnent les valseuses : mais je m’égare. Rien de surprenant cela dit : les études de mon confrère Marcel Bison ont montré que les groupes de rock dur sont en proie à la stagnation, plus encore lorsqu’ils sont signés sur le fameux label Frontières. Pour autant, quelque chose a changé, me répondront les lecteurs les plus perspicaces : on constatera, cette fois, que le chanteur a laissé au vestiaire son beau chapeau. Et aussi qu’ils tirent tous une tronche de trois pieds. Amorce d’une seconde phase plus sérieuse après un album sur scène qui se posait comme un bilan ? Tout porte à le croire, ne serait-ce que par la longueur du dit-album (près d’une heure, une hérésie dans le rock dur) ou par ces titres qui s’étirent autant qu’un anus bien préparé à la crème de nuit labellisée La Fistinière. Mais je m’égare.

Une autre chose frappe les yeux, c’est que ces musiciens sont laids. Mais les Pierres Roulantes aussi, et ça fait bientôt cinquante ans qu’ils ensemencent nos femmes dans des hôtels cinq étoiles alors que nous gardons bien sagement les enfants devant Oui-Oui et le Pompon Magique. Argument non recevable donc. En revanche, ce style photographique, chiqué, qui se voudrait classieux mais qui n’est que fadeur, et la non-originalité absolue de la pose en disent plus long que tout le reste. Performocratie, c’est l’exemple-type du groupe qui se pique à faire un rock fédérateur, concerné, au goût d’absolu, mais qui n’en a pas les moyens intellectuels ni créatifs. Un groupe qui, pour écrire un hymne dédié à la relation père-fils, juge bon de reprendre le refrain  de leur classique "Le Metal restera debout grand", lequel jouait plutôt dans le registre de la bêtise décomplexée. Et s’il n’y avait que ça : l’ouvreur, "Je le veux tout", a l’ambition des grands classiques mais son refrain est tellement raplapla que l’on reste coi, comme une grenouille. Attention à ne pas rire trop fort, c’est mauvais pour vos acouphènes. Ne parlons pas des ballades, pourtant pas si nombreuses mais suffisamment exécrables pour laisser un goût amer dans la bouche, semblable à celui de ce cocktail Jouvenceau que j’avais dégusté chez ce bon vieux Robert, le tenancier de La Prostate En Folie. Mais je m’égare.


Finalement, c’est quand ils reviennent à leur Q.I. habituel (comme sur "Apporte en arrière la nuit") que les Caniches se montrent les plus convaincants. Célébration des joies de la fête, importance des rituels nocturnes, que demander de plus ? Des refrains qui tiennent la route ? Des couplets qui s’éloignent des structures « arrêt/départ » ? Serait-ce trop demander ? Enfin… incroyable tout ce que l’on peut déceler à partir d’une simple pochette, non ? Allez, je vous laisse respirer, la semaine prochaine, j’appliquerai de nouveau ma science pour vous vanter les mérites de Tueur De Vierge. Bonsoir mes mignons. »




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