5070

CHRONIQUE PAR ...

85
JC
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2012
Sa note : 13/20

LINE UP

-Billy Graziadei
(chant+guitare)

-Evan Seinfeld
(chant+basse)

-Bobby Hambel
(guitare)

-Danny Schuler
(batterie)

TRACKLIST

1)9:IIIX6.941
2)Vengence is Mine
3)Decay
4)Reborn
5)Killing Me
6)Countdown Doom
7)Come Alive
8)Vows of Redemption
9)Waste Away
10)You Were Wrong
11)Skullcrusher
12)Never Gine in
13)Season the Sky

DISCOGRAPHIE


Biohazard - Reborn In Defiance
(2012) - hardcore Old school legend - Label : Nuclear Blast



Biohazard ... cette grande gueule d'Evan Seinfeld , cette attitude tough guy souvent agaçante et parfois même ridicule. Mais Biohazard ... une légende du hardcore pour beaucoup et il faut l'avouer, des putains de prestations scéniques envoyées dans la gueule du public en 2010 (Persistence tour et Hellfest) avec la reconstitution du line-up originel. Ce retour sur les planches, annonciateur d'un retour dans les bacs était forcement attendu, et par beaucoup.

« You think you know me ? Fuck you ! ». Voilà qui est dit. C'est sur ces termes bien directs que notre gueulard/porn star s'adresse à l'auditoire une fois l'intro rentre dedans de "Vengeance is Mine" passée. A tout message son destinataire. Mais qui est-il ici ? Roman Jacobson et Claude Elwood Shannon se seraient volontiers penchés sur la question car mine de rien le code et la fonction expressive employés ici sont plus complexes qu'ils n'y paraissent. On pourrait se dire que le combo de Brooklyn s'adresse avant tout à ses détracteurs, ouai... classique ! Mais si il y avait plus que ça ? Si le public de Biohazard lui même était visé ? Voilà qui serait intéressant ! Et au vu de la galette fournie par nos larrons il n'est pas à exclure que ça soit le cas.
Avouons le, si ce Reborn In Defiance reprend bon nombre d 'éléments connus pour du Biohazard, il garde une couleur générale différente de ce à quoi beaucoup (pour ne pas dire tout le monde) s'attendait. Pour preuve, après un premier titre hargneux nous sommes forcés de constater que le temps est passé et que même si l'esprit old school 90's imprègne de part en part l'album, une autre chose semble s'être indéniablement apaisée. Vous avez deviné ? Et bien oui, il s'agit de cette hargne évoquée un peu plus haut. Exit les morceaux rentre dedans, bienvenue aux refrains clairs et axés vers des tournures mélodiques. Oui, l'album que nous avons en face de nous est bel et bien le fruit des géniteurs de Urban Discipline, State of the World Address ou encore Killed or be Killed.
Nous passons donc du refrain clair ("Decay", "Killing Me", "Waste Away", "You Were Wrong") au duo piano/guitare acoustique sur "Vows of Redemption" en passant par la piste instrumentale/orchestrale de "Season the Sky". Voilà qui va faire du foin et bon nombre d'orphelins. Combien se sentiront lésés par cet album ? Beaucoup, il n'y a pas à en douter. Et pourtant ce n'est pas comme si cet aspect de Biohazard nous était totalement inconnu. New World Disorder à son époque avait déjà commencé à nous montrer le combo sous cet angle qui risque cette fois-ci de tant déplaire (rappelons nous de titres comme "End of my Rope", "Cycle of Abuse" ou l'intro de "Inner Fear on"). Le seul problème c'est qu'à l'époque la chose était ponctuelle . Aujourd'hui c'est l'ensemble de l'album qui est imprégné.
Alors, Biohazard gnangnan ? Vendu ? Guimauve ? La hargne d'Evan Seinfeld trop pompé par Tera Patrick ? Arf oui et non! Biohazard easy-listening ? Ça oui, c'est indéniable. Mais cela ne doit pas rebuter, car cet album a quand même un charme qui lui est propre et il serait dommage de ne pas lui reconnaître. Le hardcore proposé ici s'écoute sans peine, les compos se retiennent dès la première écoute et sont même surprenantes par moments. Ces choses pourraient être considérées comme un mal mais en fait, reprocher à l'album tout ce qui a été cité plus haut n'est pas à mes yeux ce qui doit être blamé. Ce qui est plus regrettable c'est que l'écoute se révèle lassante au bout d'un moment. Voilà qui peut faire passer l'auditeur à côté de bon titres. 


N'étant pas un grand fan de Biohazard cette sortie n'était pour moi pas aussi attendue que pour les réels fans. Mais une chose est sûre, cette sortie qui aurait pu (dû) être le moyen de mettre tous le monde d'accord ratera son coup. Dommage... mais certains se laisseront quand même prendre par cet album qui, sans être le meilleur, n'est pas si dégueulasse que ça, et est voir même bien sympa. Quoi qu'on en dise les monsieur savent y faire.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2