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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 27 juillet 2012
Sa note : 18/20

LINE UP

-Daniel Håkansson
(chant+guitare)

-Ann-Louice Lögdlund
(chant)

-Pontus Mantefors
(guitare)

-Anders Johansson
(basse)

-Andreas Halvardsson
(batterie)

-Martin Isaksson
(trompette)

-Daniel Hedin
(trombone)
    
-Johannes Bergion
(violoncelle)

TRACKLIST

1) Voodoo Mon Amour
2) Guerilla Laments
3) Kevlar Sweethearts
4)
How to Organize a Lynch Mob
5) Black Box Messiah
6) Exit Strategy of a Wrecking Ball
7) Aurora
8) Mass Rapture
9) Honey Trap Aftermath
10) Of Kali Ma Calibre
11) Justice for Saint Mary


DISCOGRAPHIE


Diablo Swing Orchestra - Pandora's Piñata
(2012) - inclassable - Label : Ascendance Records



S'il y a bien un groupe qui a su se faire une popularité et un nom en peu de temps grâce à des albums décalés et un style particulièrement original, ce sont bien les joyeux drilles de Diablo Swing Orchestra. Deux albums, deux tueries, un mélange jazz / metal du plus bel effet, difficile de passer après cela. Alors remettre le couvert après 3 ans, avec un troisième album, alors que la barre a été placée, elle, vraiment très haute, relève réellement du défi pour espérer faire ne serait-ce qu'aussi bien. Ou mieux. Pari gagné, pourtant.

Petite nouveauté chez nos Scandinaves : l'ajout d'un trombone et d'une trompette qui renforcent l'aspect déluré et fanfaronnant de la musique délivrée. C'est festif la plupart du temps, Diablo Swing Orchestra ne change pas vraiment sa recette et ses fondations habituelles en proposant toujours les mêmes mélanges de genre (jazz, rock et metal avec des accents pop), sans pour autant manquer d'innovation. Si la musique se rapproche de leur premier opus, ils tendent tout de même à proposer un certain renouveau dans le propos, en comblant souvent l'aspect trop doux et aseptisé par des guitares plus acérées, mais en maîtrisant toujours autant leur folie. Un peu timoré parfois, mais délicieux quoiqu'il arrive, le met offre un rafraîchissement conséquent par rapport à ce que l'on peut entendre sur la scène metal.
La formation garde toujours une autre facette primordiale dans sa musique : l'aspect opéra. C'est d'autant plus flagrant sur cet album, car non seulement le chant d'Annlouice Loegdlund est excellent, comme à son habitude, mais prend une dimension de plus en plus importante, occupant l'espace nettement plus qu'avant. Suffit d'écouter la superbe "Aurora" pour se rendre compte de cette direction musicale, mais pas que. Les capacités de la jeune femme sont impressionnantes de technique et d'émotion à la fois, et son chant est l'un des éléments clé de l'excellence flagrante de Diablo Swing Orchestra. Daniel Hakansson n'a heureusement pas disparu, et son chant flirtant avec le lyrique (décidément !) vient souvent contrebalancer dans les lignes avec la frontwoman, chacun y allant de son charisme et de son charme.
"Voodoo Mon Amour" est un single parfait, et qui annonce à peu près la couleur de ce qui va arriver : du déluré, mais de la cohérence. De l'éclectisme, mais une certaine facilité d'accès. Du complexe, mais du refrain prenant. Et les exemples ne manquent pas pour illustrer ces propos : "Guerilla Laments", "Black Box Messiah" et, surtout, la splendide "Kevlar Sweethearts" regroupent toutes ces caractéristiques, sans pour autant être des copies conformes les unes des autres, tant ce qu'ils proposent est diversifié. Oui, enfin, tout n'est pas génial, car la convenue « Honey Trap Aftermath » s'oublie très (trop) facilement, et on se demande bien ce qu'elle fait ici. "Kali Ma Calibre" est pourtant intéressante, bien écrite, mais divisera par la présence très importante d'un chant lyrique exacerbé. Il faudra se rabattre sur la géniale "Justice for Saint Mary", longue et envoûtante, et surtout … surprenante.


Pandora's Piñata est un excellent album, comme Diablo Swing Orchestra a l'habitude d'en composer, et désormais l'habitude de nous régaler. Le groupe ne manque pas d'idées, montre qu'il est capable de se remettre en question, d'oser, de prendre des risques et d'avancer. Et rien que ça, de la part d'une formation qui aurait très bien pu se reposer uniquement sur ses lauriers, c'est déjà énorme. Bravo messieurs dames.


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