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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 09 décembre 2013
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Arno Strobl
(chant)

-Rorschach
(chant sur morceau 2 et 7)

-Niko
(guitares)

-Dietrisch von Schtrudle
(claviers+batterie électronique)

-Mr Z.
(claviers+saxophone)

-S.A.D. 
(basse)

TRACKLIST

1) (I Should Have Known) Her Name Was Boogie
2) Burn-In
3) I Like It (nouveau mix)
4) The Stench From The Swelling
5) Starlight (The Supermen Lovers cover)
6) Giggles, Garlands & Gallows part 1 : Order Of The Red Nose (nouveau mix)
7) Giggles, Garlands & Gallows part 2 : M.I.D.G.E.T.S. (nouveau mix)

DISCOGRAPHIE


6:33 & Arno Strobl - The Stench From The Swelling (A True Story)
(2013) - barré metal prog groovy et classe - Label : Wafflegate Prod



Entre 6:33 et Arno Strobl c’est un peu la grosse histoire d’amour depuis l’année dernière. C’est à cette époque que le groupe a décidé de collaborer avec l’ex Carnival in Coal et de proposer un E.P en téléchargement gratuit pendant un mois. Votre humble serviteur l’avait écouté à l’époque et ça défonçait, c’était inventif, varié, groovy, classe et il n’avait qu’une hâte pouvoir se le procurer en CD. Comble de l’entendement, Arno Strobl et 6:33 ont décidé de faire véritablement un album, The Stench From The Swelling (A True Story), en y incorporant les morceaux de l’E.P et en faisant intervenir davantage le nouveau chanteur du groupe. Risque assez calculé donc, mais est-ce que le tout tient la route ?

Risque calculé, disais-je, car il n’y a que trois nouveaux morceaux et une reprise dans The Stench From The Swelling par rapport à l’E.P digital de l’an dernier. Alors soyons honnête, les nouveaux morceaux comme les anciens défoncent car 6:33 a cette fois décidé de sonner plus groovy et surtout de maîtriser ses pétages de plombs afin de rendre l’album plus homogène que le précédent. Cette maîtrise passe par le mix qui se veut plus lisse, les guitares étant bien moins en avant que dans Orphan of Good Manners au bénéfice de la basse et des claviers, mais aussi à des rythmiques et des mélodies cent fois plus entraînantes qui donnent envie de remuer le popotin. Et ce ne sont pas les deux premiers morceaux qui me feront dire le contraire. "Her Name Was Boogy" commence avec sa structure complexe, ses rythmiques implacables, ses parties mi chantées mi contées et la voix métamorphe (pouvant aller jusqu'au crooner dans "I Like It") absolument irrésistible d’Arno Strobl qui dégouline de classe et de maîtrise durant tout l’album. Si en plus de ça on rajoute un solo à la guitare acoustique, vous voyez qu’on ne vous ment pas, le morceau pue la classe. Mais le suivant ne démérite pas non plus, "Burn-In" laisse la place à Rorschach au chant, qui est tout aussi efficace que son comparse avec toutefois une voix plus punk barrée, et si on ajoute que le refrain est ultra entêtant notamment grâce ses chœurs, on obtient encore un excellent morceau, plus direct et peut-être plus efficace qui n'est pas sans rappeler Diablo Swing Orchestra.
Vous l’aurez compris, les deux autres morceaux courts suivent le même schéma, même si la ballade classieuse "I Like It" est probablement le morceau le plus faible de l’album, mais passe quand même très bien avec le chant d’Arno Strobl et le petit twist en plein milieu. Rien à dire non plus au niveau de la reprise des Supermen Lovers façon 6:33, "Starlight" groove, apporte une certaine fraîcheur à l’album avec sa partie instrumentale courte à la Motorhead et sa fin à la voix électronique. Que du bon et nous n’avons pas encore attaqué les trois gros plats de résistance de 10 minutes chacun. Spécialement fait pour l’album, "The Stench From The Swelling" change avec un registre plus glauque soutenu par une voix sombre et un refrain triste où s’ensuit un solo de saxophone et des passages plus énervés. Puis, surprise, la deuxième partie du morceau nous offre un solo de guitare lumineux à la "Deep Peace" de Devin Townsend et s’achève sur un final presque grandiloquent renforcé par les chœurs. Comme quoi, les 6:33 savent aussi être très bons dans d’autres registres. Et pour finir en beauté, le groupe nous a remis l’histoire totalement fêlée et très bien écrite de "Giggles, Garlands & Gallows" où un clown, trouvant un soir sa femme au lit avec un nain, décide de se venger en tuant tous les nains de la planète, mais eux ne se laisseront pas faire. Divisée en deux morceaux, cette histoire mêle de façon cohérente des passages très divers qu’ils soient entraînants ou hargneux. Ceci est encore plus vrai dans la deuxième partie qui brille par son mélange entre les growls et les passages ultra groovy, les voix d’Arno Strobl et Rorschach se mariant à merveille.


Un régal, voilà c’est simple. Lorsque l’on écoute 6:33 on ne s’ennuie pas, on s’étonne même de voir à quel point le groupe jongle avec une classe folle entre les différents éléments qui le compose. On voudrait chercher des reproches.  Trop court ? Même pas, l’album fait 50 minutes. Pas assez metal ? Oui et non, c’est un choix assumé. Trop peu de nouveaux morceaux ? Vous n’aviez qu’à ne pas écouter l’E.P. Non décidément 6:33 est un excellent groupe barré très prometteur. Et en plus en live, ils ont la pêche, alors que demander de plus ?


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