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CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 20 septembre 2014
Sa note : 13/20

LINE UP

-Guy Speranza 
(chant)

-Mark Reale 
(guitare)

-Rick Ventura 
(guitare)

-Jimmy Iommi 
(basse)

-Peter Bitelli 
(batterie) 

TRACKLIST

1) Waiting for the Taking
2) 49er
3) Kick Down the Wall
4) Born to Be Wild
5) Narita
6) Here We Come Again 
7) Do It Up 
8) Hot For Love 
9) White Rock 
10) Road Racin'

DISCOGRAPHIE

Rock City (1977)
Narita (1979)
Fire Down Under (1981)
Restless Breed (1982)
Born In America (1983)
Thundersteel (1988)
Immortal Soul (2011)

Riot - Narita
(1979) - hard rock - Label : Capitol Records



Est-ce que vous aussi ça vous énerve, en période d'examens, les gens qui en font trop ? Vous savez, genre les nanas qui ont le temps de demander trois copies supplémentaires alors que l'épreuve dure deux heures. C'est quand même fou, ça, qu'est-ce qu'elles peuvent bien trouver à raconter ? Elles décrivent leur vie ? Ou alors elles dressent l'inventaire des prestations sexuelles qu'elles sont prêtes à fournir à l'examinateur pour décrocher une bonne note. Cette intro sponsorisée par Dominique Strauss-Kahn pour vous dire que Narita, c'est un examen pour lequel Riot a fait le fayot.


Parlons chiffres avant de disséquer la bête. Rock City : 9 titres, 33 minutes. Narita : 10 titres, 43 minutes. Pour ce deuxième effort, Riot s'est donc montré un bon cran plus ambitieux, plus gourmand. Et nos américains sont en forme : la première moitié de l'album est éblouissante. Speranza attaque directement à la gorge avec un enthousiasme et une fougue diaboliques dès les premières secondes de "Waiting for the Taking".Le groupe ne s'est pas encore départi de son style original, et joue un hard rock un brin groovy, à la production chaleureuse et aux refrains contagieux. "Kick Down the Wall", lui, est l'hymne capable de faire hurler un stade entier.Vient ensuite une reprise sous amphétamines de "Born to Be Wild" de Steppenwolf (1968). Un titre certainement pas choisi au hasard, puisqu'il comprend l'une des premières occurences du terme "heavy metal". La première moitié de l'album s'achève avec un feu d'artifice instrumental : la title track, "Narita". Pendant que Reale enchaîne ses riffs à une vitesse quasi inédite pour l'époque, le duo Bitelli / Iommi déclenche un véritable séisme côté rythmique. Un morceau incroyable d'intensité, et à mon sens essentiel pour comprendre ce qui va marquer la décennie suivante en matière de metal.
C'est hélas passé cette face A que l'album commence quelque peu à lasser. La qualité est bien sûr toujours là, mais Riot semble se perdre un peu. Et l'album devient longuet, voire presque bavard. Est-il nécéssaire de faire durer un titre comme "Here We Come Again" pendant six longues minutes ? Sans empiéter sur le mérite et le talent indéniables de Mark Reale, force est de reconnaître que les soli qu'il nous propose sonnent comme un excès de zèle après la concision des morceaux précédents. En fait, on retrouve le même problème que pour Rock City, en plus marqué encore : dépassé par son propre enthousiasme, Riot commet, ça et là, l'erreur de délayer la sauce, là où la rage et la virtuosité de sa musique auraient demandé un effort de synthèse. Mais ne paniquons pas pour autant, Narita ne bande pas mou passé son morceau éponyme : "Road Racin" offre un final ébouriffant au disque. Speranza y donne envie de tout péter. "Hot For Love" commence comme une ballade, mais décide, traîte, de jouer la carte du hard entraînant et salace. Et cette outro aussi incandescente que sexy... on dirait Transylvania de Maiden, jouée plus vite et sur laquelle on aurait ajouté des orgasmes. Si, si.
La note paraîtra donc, encore une fois sévère, mais Narita n'a jamais réussi à m'enthousiasmer tout au long de ses 43 minutes. Si vous êtes assoiffé de Hard / Heavy metal 70s, avec du feeling à revendre et de l'énergie par tonneaux, jetez-vous sur Narita en vitesse si ce n'est déjà fait. Le chef-d'oeuvre approche... 


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