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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 13 mai 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

- M.
(chant+guitare+basse)

- Darkside
(batterie)

TRACKLIST

1) With Hearts Toward None I
2) With Hearts Toward None II
3) With Hearts Toward None III
4) With Hearts Toward None IV
5) With Hearts Toward None V
6) With Hearts Toward None VI
7) With Hearts Toward None VII

DISCOGRAPHIE


Mgla - With Hearts Toward None
(2012) - black metal - Label : Northern Heritage



Mgła. Derrière ce petit nom un peu trop riche en consonnes pour ne pas passer pour un débile en essayant de le prononcer, se cache une formation polonaise de black metal formée en 2000 et ayant enchaîné de multiples EPs avant de se décider en 2008 à sortir son premier album Grozia. En 2012, With Hearts Toward None vient lui succéder et par la même occasion faire quelques émules au sein de la communauté des blackeux du dimanche (car on se doute que dans le cercle underground, le nom avait déjà pas mal circulé). Voilà donc le duo polonais sous le feu des projecteurs et de la critique !

Visiblement inspiré sur le choix des titres, ces derniers s'intitulent du nom de l'album avec le numéro de piste en chiffre romain en suffixe. Tout laisse donc à penser à un unique morceau de 44 minutes découpé en 7 actes. Ce qui est le cas, sans vraiment l'être. Chaque piste développe une mélodie qui lui est propre mais l'ensemble s'enchaîne de façon relativement cohérente et avec une ambiance et un son bien caractéristiques. Ce son est résolument ancré dans les années 90s qui ont donné ses lettres de noblesse aux cadors du genre. Loin de toutes les évolutions qu'a pu connaître le genre, qu'elles soient atmosphériques, symphoniques, shoegaze… Mgła reste fidèle aux gimmicks des Anciens dans un style orthodoxe, aux couches de leads de guitare en tremolo picking bouclant à l'infini, aux blastbeats hypnotiques, à la basse quasi-inaudible et à la reverb poussée à bloc dans la voix… Niveau originalité, on pourra donc repasser un autre jour, pourtant si votre serviteur juge intéressant de continuer à vous parler de Mgła, c'est qu'ils ont un petit talent caché ces Polonais !
Et ce talent, c'est de faire un album captivant, avec une ambiance saisissante et un savoir-faire de composition tout à fait remarquable. Dès le riff tourbillonnant de la première minute de "I" et l'arrivée du break magistral, on sait que l'on n'a pas affaire à un groupe de seconde zone. En outre, à la manière d'un Drudkh ou d'un Burzum (le penchant atmosphérique en moins), le groupe impose de suite sa patte mélodique qui véhicule avec elle un écho de souffrance et de désespoir… Malsains et vicieux, les riffs en dissonances ("I", "IV") sont de véritables pépites de noirceur. Et d'entrée, on remarque en parallèle le principal point noir qui pend au nez du groupe : la répétition. Plus remarquable sur les mid-tempi ("II", "V", "VI"), les leads hyponiques finissent à force justement par lasser voire agacer. "VI" est justement le morceau le moins convaincant de l'album avec quasiment aucune variation rythmique.
Le paradoxe de ceci se trouve sur "III", clairement la pièce maîtresse de l'album où le titre de la galette est scandé sur un final de damnés. C'est bien simple, sur les 8 minutes qui s'écoulent, le lead en tremolo ne change pas à 2-3 variations près (bonjour la crampe du poignet à la guitare et bonjour le mal de crâne pour l'auditeur)… Pourtant, en arrivant tant bien que mal à passer outre cela, on se retrouve face à un travail d'orfèvre dans la composition tant au travers du jeu époustouflant de la batterie que des autres couches de saturation venant se mêler, se démêler et à nouveau s'entremêler pour un résultat envoûtant et jouissif ! A ce titre, citons également le riff d'intro de "VII", à mi-chemin entre Burzum et Immortal, qui fait mouche à tous les coups et qui est un des grands moments de l'opus.


Malgré sa personnalité affirmée, Mgła tombe dans l'écueil du genre (un peu à la manière d'Immortal) d'une musique qui finit pas s'hypnotiser elle-même. Toutefois, ce défaut est à relativiser car loin d'être majoritaire sur la galette et, dans un certaine mesure, atténué par la durée des titres pas si longs que l'on croirait. Les Polonais ont en tout cas eut l'occasion de toucher un public plus large avec With Hearts Toward None, et de démontrer qu'il faudra compter avec eux pour le futur. Jusque là projet uniquement studio, des dates voient peu à peu le jour, dont une jolie en terre clissonnaise le mois prochain. Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire.


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