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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 23 septembre 2014
Sa note : 17/20

LINE UP

-Kavus Torabi 
(chant+guitares)

-Melanie Woods 
(chant+percussions)

-Emmett Elvin
(claviers)

-Josh Perl 
(saxophone Alto)

-Nicki Maher
(saxophone Tenor)

-Chloe Herington 
(basson)

-Charlie Cawood
(basse)

-Ben Woollacott
(batterie)

TRACKLIST

1) I Can Teach You How To Lose A Fight
2) The Orphanage
3) Send Him Seaworthy
4) Don't Land On Me
5) The Skulls We Buried Have Regrown Their Eyes
6) Destroy The World We Love
7) This Empty Room Once Was Alive
8) I'm Hiding Behind My Eyes

DISCOGRAPHIE


Knifeworld - The Unravelling



Le premier contact fut difficile. La vision du single "Don’t Land on Me" un cauchemar… Je ne comprenais rien, mais rien. Un type frappait sur un piano pour faire un solo tandis que des couleurs hallucinatoires emplissaient l’écran, qu’un saxo jouait quelque chose et que les deux chanteurs alternaient l’un l’autre. Je ne comprenais rien, mais c’était prog, psychédélique aussi, et bizarre… Donc je devais chroniquer cet album de Knifeworld, The Unravelling. Et l’écoute du disque me pris par surprise, étrangement tout allait plutôt bien ensemble et plus j’écoutais l’album, plus cela me plaisait. Le piège installé par Kavus Torabi, la tête pensante du groupe, se referma sur moi et je découvrais intrigué les richesses de ce prog avant-gardiste.

Les premiers contacts brumeux des écoutes se mêlent aux sons plus familiers d’anciens groupes de prog : Yes pour certains solos et sons de guitares ("Send Him Seaworthy"), les Cardiacs, où Kavus Torabi a officié dans les années 2000, pour l’apport des saxophones mais aussi pour les mélodies sinueuses et changeantes et certains vieux groupes du Rock in Opposition pour les aspects dissonants. Mais il y a plus dans cette découverte. Knifeworld possède un truc. Sont-ce ses mélodies qui restent en tête ("The Orphanage", "Don’t Land on Me") ou bien cette diversité instrumentale avec la présence de deux saxophones, d’un basson ou des bruits kitsch du clavier ? J’admets que Knifeworld sait perdre les auditeurs avec ses racines anciennes de rock progressif et son envie de sonner différemment. Car clairement, si le groupe n’a rien de metal, sa démarche me faisait penser à Unexpect, un groupe de metal avant-gardiste canadien. Et ceci particulièrement pour les morceaux les plus courts, qui s’avèrent être davantage des pistes plus cinématiques sensées nous reposer avant d’autres escapades prog. Mais ce n’est pas le cas : "The Skulls We Buried Have Regrown Their Eyes" suinte le malsain avec son clavier dissonant tandis que "This Empty Room Once Was Alive" s’avère plus dépouillé n’en faisant que mieux ressortir ses émotions glacés.
De l’autre côté, la facette prog semble bien plus avenante avec ses longs passages instrumentaux et ses chœurs à foison. Il y a dans The Unravelling cette ambivalence constante entre un aspect lourd et dissonant et un autre beaucoup plus aérien, voir même cotonneux. Des titres comme la longue montée progressive "I’m Hiding Behind My Eyes" ou encore "Send Him Seaworthy" possèdent à la fois ce côté pop et prog très agréable à écouter. Les mélodies mènent l’auditeur par le bout du nez et les changements ravissent les oreilles. Parfois le délire va même plus loin avec un titre comme "Don’t Land on Me" où une mélodie simple en apparence est triturée et torturée pour permettre au morceau d’être une véritable montagne russe : les passages bien dynamiques s’enchaînent avec des plages instrumentales aux accents psychédéliques pour dériver vers un moment où les voix de Melanie Woods et Kavus Torabi s’entremêlent pour des mélodies flirtant avec la pop. Respirons, respirons, car avec tout ça vous comprenez bien que The Unravelling n’est pas qu’un simple disque de prog mais un voyage musical dense à travers un paysage bigarré. Seul ombre au tableau, la production est un peu mollassonne et nuit à la découverte des différentes subtilités du disque.


Si vous acceptez de vous y plonger, The Unravelling offre une expérience riche et rare qui distille lentement mais sûrement son lot de mélodies envoûtantes. Avec ce deuxième disque, Kavus Torabi a réussi son défi d’imposer sur la scène prog un groupe inventif qui sait à la fois mélanger le prog, la pop et des aspects psychédéliques et dissonants sans pour autant sonner daté. Bien sûr, Knifeworld reste un groupe complexe proposant une musique plutôt exigeante, mais vous auriez tort de ne pas lui laisser une chance. Et je vous dis cela alors que mon premier contact ne fut pas des plus prometteurs !


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