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CHRONIQUE PAR ...

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Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 14/20

LINE UP

-Dave Mustaine
(chant+guitare)

-David Ellefson
(basse)

-Jeff Young
(guitare)

-Chuck Behler
(batterie)

TRACKLIST

1)Into The Lungs Of Hell
2)Set The World A Fire
3)Anarchy In The U.k.
4)Mary Jane
5)502
6)In My Darkest Hour
7)Liar
8)Hook In Mouth

DISCOGRAPHIE


Megadeth - So Far, So Good... So What !



Sortir une tuerie en guise de deuxième album, c’est bien. Ca aide à se faire connaître, à bouffer autre chose que des pâtes, à draguer des meufs, ce genre de chose… Ce coup là, Megadeth nous l’avait fait avec son Peace Sells… But Who’s Buying?, qui, de fait, avait catapulté le groupe tout en haut d’un thrash system naissant. Notre hargneux Mustaine, non content d’accéder à la reconnaissance après laquelle il courait désespérément depuis quelques années, décide de ne pas en rester là et confirme, deux ans plus tard, en 1988, avec un très bon So Far, So Good… So What !, peut être un petit peu plus sage que son prédécesseur…

Enfin, sage, çà reste relatif en comparaison avec la fin de carrière du groupe. Toujours est-il que cet album s’inscrit dans une trilogie qui sera complétée plus tard par Rust In Peace, et qui expédiera d’office Megadeth dans la cour des grands, un peu comme le ferait un attaquant qui claquerait un hat-trick en finale de l’Euro. Voyez comme le métal s’accorde à merveille avec l’actualité sportive… (sic). Cet album, comme tous ceux du début de carrière de Megadeth, souffre d’une production faiblarde, un peu brouillonne, où les aigus deviennent rapidement pénibles (même si des progrès ont été fait depuis l’inaudible Peace Sells… But Who's Buying?, heu, inaudible dans le sens où il fallait pousser un peu sa chaîne hein, vous aviez compris). Mais comme tous ces albums, c’est un véritable repaire de tubes thrash. Pensez donc : "Mary Jane", "502", "In My Darkest Hour", "Hook In Mouth"… Que des titres qui étaient encore joués live, ou qui pouvaient l’être, avant le split du groupe.

Mais bon, on n’en est pas encore là à l’époque, bien au contraire. Ce So Far, So Good… So What ! démarre fiévreusement avec l’instrumental (chose rare) "Into The Lungs Of Hell", un véritable must! Ce morceau, relativement court, est une terrible montée en puissance, illuminé par un solo de gratte qui n’en finit pas de me coller la chair de poule! On s’y croirait, dans ces foutus « lungs of hell » (au fait, « lung » çà veut dire poumon, si quelqu’un y comprend quelque chose, qu’il me le fasse savoir) ! On peut dire beaucoup de choses sur Mustaine, qu’il chante moins bien que Georges-Alain, ou Jean-Bernard, le gars d’la starac’ (ce qui est vrai, prenez "Liar", ou "Hook In Mooth" par exemple, c’est quand même pas génial)…, qu’il n’est pas le meilleur gratteux que la terre ait porté, que les coupes permanentées qu’il affichait dans les magazines de l’époque étaient ridicules, ce que vous voulez, mais PAS qu’il était un compositeur sans talent. C’est sa force. C’est ce qui fait que quand on vous met un "Mary Jane" dans le lecteur, vous ne vous posez pas la question de savoir qui l’a écrit.

Quel morceau que ce "Mary Jane"! On croit avoir affaire, au terme d’une intro très megadethienne (un p’tit déboulé de gratte pas vilain, des grosses voix trafiquées), à une power ballade sans surprises composée en ternaire (comme un autre incontournable, le lancinant "In My Darkest Hour")… Que nenni ! Le morceau s’accélère vers son milieu et devient bien plus énergique, tant au niveau des grattes que de la section rythmique menée par un Dave Ellefson efficace comme à l’accoutumée, et secondé par un Chuck Behler honnête, qui ne manquera pas pour autant de se faire éjecter après la sortie de l’album. Au final, un de ces morceaux variés à la Peace Sells… But Who’s Buying ? qu’affectionne particulièrement le gars Mustaine. Autre morceau incontournable : "Anarchy In The U.K", la reprise des Sex Pistols. Est-il vraiment nécessaire d’en parler, tant elle a fortement contribué à faire connaître le groupe ? L’interprétation carrée et musclée de cet hymne à la gloire des punks anglais booste le morceau comme jamais. En l’écoutant, on réalise à quel point Dave s’éclate à cracher les couplets aussi furieusement que le faisait son modèle. Une vraie réussite !


En bref, So Far, So Good… So What ! est un très bon album, bien pourvu en morceaux efficaces. Même s’il est au final moins speed et moins enragé que son prédécesseur, et bien moins hallucinant que le Rust In Peace qui sortira deux ans plus tard, cet album reste une pièce de choix dans la discographie de Megadeth, et dans l’esprit des fans.


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