Hellfest 2016


Hellfest

UN REPORTAGE DE...




SOMMAIRE

Jour 1 : 17 juin 2016
Jour 2 : 18 juin 2016
Jour 3 : 19 juin 2016

REPORTS DU JOUR


Bring Me The Horizon
(Ptilouis - Silverbard)
Korn
(Ptilouis)
Twisted Sister
(Pietro)


GALLERY

Album photo du festival pour Les Eternels webzine :
Das Silverfoto

Un grand merci tout particulier aux photographes qui nous ont également largement dépanné en photos:
Nidhal Marzouk

Leonor Ananké pour Hard Force

E.L.P-Photo (Elie Lahoud-Pinot Photography)

Phenix Photography

Toute reproduction interdite sans autorisation écrite des photographes.

 


Jour 2 :18 juin 2016



Samedi 18 Juin

Debout là-dedans, branle-bas de combat, c’est la guerre (du metal) ! Il est encore tôt, les têtes résonnent encore des concerts de la veille (et/ou des multiples pintes ingurgitées), les foies sont chargés, les langues sont pâteuses, mais le moral est au beau fixe parce qu’il fait à peu près beau et bon, ce qui est tout de même un petit miracle vu l’énorme temps de merde de ces dernières semaines. Mais est-il si étonnant que cela, finalement, que les cieux s’ouvrent de la sorte et laissent passer la lumière et le beau temps juste pour le Hellfest ? Est-il si surprenant, in fine, que de favorables auspices météorologiques viennent récompenser tous les enfants du metal de leur allégeance à la seule vraie Foi ? Non, sans doute non, mais c’est un autre débat. Quoi qu’il en soit, la Team Eternoz est opérationnelle dès le petit matin en ce deuxième jour de festival et se précipite tant bien que mal (et en ordre dispersé, selon le niveau de cuite des uns et des autres) sur le site afin de se lancer dans un nouveau marathon de violence musicale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le programme est des plus sportifs.

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Et on commence séance tenante avec un petit Undead Prophecies des plus matinaux (10h30 – Altar). Peur. Peur, car sous les voûtes de l'Altar, les capuches d'Undead Prophecies sont de sortie. Et malgré un horaire peu adapté à cette manifestation occulte, elles produisent leur petit effet. Surtout que sous les plis de leurs amples et sombres habits se dissimulent des masques ricanants dont l'emplacement des yeux est marqué par deux billes de lumière rougeoyante. Peur ? Ben oui, le chanteur, il a un micro en forme de faux, quand même. Ce dernier est par ailleurs le seul à se mouvoir sur scène, ses comparses ne bougeant pas d'un millimètre durant tout le show : le climat instauré par ces mystérieux disciples d'on ne sait quel culte maléfique est incontestablement inquiétant. Plus banal en revanche est le death metal old-school directement inspiré d'Obituary et des deux premiers Death qui s'échappe de leurs amplis. Une demi-heure intrigante sur le plan visuel - ça doit méchamment donner dans une salle obscure - mais qui laisse un peu sur sa faim musicalement. À suivre, néanmoins. On passe ensuite par la Mainstage pour la première fois de la journée afin d’assister au set des sympathiques Belges de Steak Number Eight, en course pour le blase le plus improbable de cette édition (11H05 – MS1). Il fallait donc se lever tôt ce samedi pour voir quelque chose d'étonnant, car on parle bien de Steak Number Eight et donc ... de sludge ! Sur la Mainstage, oui pas la Valley, vous lisez bien ! Bref, même si le public n’est pas très dense, les Belges ne se démontent pas pour autant et proposent un son bien lourd avec un son massif propre à faire headbanguer tout bon metalleux qui se respecte. Brent Vanneste semble d’ailleurs particulièrement en forme, gueulant fort bien, passant parfois en voix claire avec la même facilité. L’interprétation de "Space Punch" ou de la plus aérienne "Gravity Giants" de leur dernier album Kosmokoma, prouvent le talent et la maîtrise du combo, à l’image de la précision et la lourdeur du batteur Joris Casier. Certains moments plus heavy font aussi leur apparition, laissant les guitares de Brent Vanneste et Cis Deman sur le devant de la scène. Mais c’est véritablement le chanteur qui fera le show pendant tout le concert avec sa hargne, mais aussi ses problèmes de micro qui ne tient pas sur son pied. Cela engendrera quelques improvisations bienvenues entre le chevauchement par Brent Vanneste d’un pauvre roadie tentant de réparer le problème, ou ce moment unique où le chanteur débitera des riffs tout en ayant le micro dans la bouche. Mais le public se souviendra surtout de ce dernier morceau où Brent se jettera dans la foule tout en continuant de chanter micro en main. Une forte impression pour un groupe qui a de l’avenir !

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Au même moment, un des Éternels de l’équipe ne commet pas l’erreur de louper Otargos (11H05 – Temple) Peur. P... Quoi ? On peut pas le faire deux fois ? Bon. N'empêche, ils ne rigolent pas non plus, ceux qui succèdent à Undead Prophecies sur l'estrade conjointe de la Temple. Les visages noircis au charbon, sanglés dans des tenues de cuir couleur limaille, les quatre membres d'Otargos brandissent leurs sombres instruments pour asséner un black death plutôt technique à tendance épique – sans claviers, rassurons tout le monde. Œuvrant dans la lignée d'une scène française crédible et cohérente, dont font partie notamment Hegemon - programmé cette année - Aosoth et Christicide, les Bordelais peinent paradoxalement à se distinguer malgré une approche visuelle et conceptuelle assez personnelle, à défaut d'être révolutionnaire. L'interprétation est irréprochable - pour ce que le son parfois confus laisse percevoir (ingé-son sur un concert de black metal, ce cauchemar) – mais, malgré tous les efforts déployés, les compositions et la présence scénique se révèlent peu marquantes. Frustrant. Puis c’est retour à la Mainstage, dans une ambiance nettement plus encline au jeunisme puisque c’est Bury Tomorrow qui prend son quart (11H40 – MS2) Quoi de mieux en effet que le metalcore, voir le deathcore, pour rameuter les djeuns ? Bury Tomorrow cadre parfaitement avec l’archétype du metalcore : ils sont jeunes, le chanteur a les cheveux teints en blond et leurs morceaux ne cherchent absolument pas à être subtils. Et ça marche. Les Britishs balancent les mélodies ultras accessibles de "301" devant un public qui n’hésite pas à faire des circle pits, pogoter ou headbanguer. Simple et efficace donc. La hargne et les growls de Daniel Winter Bates se complètent très bien avec le chant clair du guitariste rythmique Jason Cameron. L’ambiance est excellente et les festivaliers, facilement conquis, entraînent un Daniel Winter Bates à beaucoup parler. Il évoque ainsi, rigolard, la réalité des festivals, celle de maintenir continuellement la gueule de bois pendant les trois jours, et avoue son mépris pour les personnes en VIP car elles ne peuvent pas participer à la folie qui se déroule dans la fosse. À part ça, il n’hésitera pas à faire participer le public via circle-pit et jumps. Vraiment l’ambiance est cool, sans prise de tête et certains morceaux fonctionnent extrêmement bien comme "Last Light" et ses guitares ultra mélodiques. Après quatre morceaux, les Britanniques partiront sur le mélange de lourdeur et de pop de "Lionhead", un morceau très correct pour un set finalement sympathique à regarder, sans être non plus transcendant.

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On court ensuite à la Valley pour ne rien rater d’un des moments cools de la matinée, à savoir le récital des Parisiens de Hangman’s Chair (11H40 – Valley) : ces derniers ont vécu une année riche en événements, marquée notamment par le sortie d’un dernier effort particulièrement célébré par la presse spécialisée (l’excellent This Is Not Supposed To Be Positive) et un grand nombre de concerts, parmi lesquels sont à noter une date au Roadburn (marque de reconnaissance de la scène, s’il en est) et cette venue au Hellfest donc. Devant un public déjà nombreux, les Parisiens déroulent leur doom si particulier : loin de se limiter à des trips enfumés à rallonge et des emboitements de riffs survolés de voix vocodée, Hangman’s Chair écrit de véritables chansons, voire de véritables tubes (on aura notamment le droit à "Dripping Low"). Avec pas mal d’emphase dans le chant (un des plus « beaux » de la scène, à n’en pas douter) et de véritables mélodies de guitare finement ciselées, le tout soutenu par une section rythmique d’airain, la musique proposée par Hangman’s Chair dépasse bien souvent son cadre de base pour proposer des séquences aux accents quasi pop/rock, parfois presque romantiques, mais en beaucoup, BEAUCOUP plus lourd. C’est une approche des plus intéressantes et le public, ravi, ne s’y trompera pas. Décidément une belle année pour les Parisiens : espérons que cela dure (ndlr : et sinon, ils sont de quel coin, au juste ?) Changement d’ambiance avec Loudness (12h15 – MS2) : alerte légende heavy, les vétérans japonais débarquent sur la MS2. Logo du groupe sur fond de drapeau impérial en backdrop, futals moulants et casquettes en skai, stridences vocales et rythmique binaire : tout est en place pour une demi-heure de blocage temporel dans les années quatre-vingts - l'âge d'or du quatuor, lorsque ses membres arboraient en sus des permanentes en cascade, ce qu'ils seraient bien en peine de proposer aujourd'hui. De fait, il s'en faut de peu pour que le collectif nippon sombre dans le risible, tant il joue à fond sur tous les clichés. Sans compter l'anglais de cuisine proféré par Minoru Niihara et le niveau par franchement ébouriffant des morceaux. Mais tout ceci est en grande partie éclipsé par la performance du guitar hero Akira Takasaki, qui constitue le seul motif valable de voir le collectif sur scène. Peroxydé et grimaçant, le six-cordiste shredde à tout va, manifestement tout fier d'en remontrer à un auditoire plutôt modeste mais conquis d'avance. Alors, c'est vrai qu'on n'est pas loin de la démonstration pure, ça flirte grave avec le n'importe quoi, mais la joie de les voir se donner en concert fait finalement passer la pilule.

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On enchaîne ensuite avec une des « curiosités » de la journée, Myrkur (12H15 – Temple) : après le metalcore bas du front mais plutôt efficace de Bury Tomorrow, il était temps pour l'Éternoz concerné de se diriger vers le hangar de la Temple afin d'assister à ce show assez particulier. Ici, tout est fait pour mettre en valeur la chanteuse via une mise en scène bien travaillée. Guitariste, bassiste et batteur sont tous les trois invisibles et pourtant, ce ne sont pas des inconnus, avec notamment Teloch de Mayhem et Sir, qui a officié dans God Seed. Seule rayonne la danoise Amalie Bruun dans sa robe noire, s’agitant gracieusement devant son pied de micro plutôt particulier, en forme d’arbre mort contenant deux micros : le premier servant au chant clair, tandis que le second lui permet de déverser tous ses hurlements. Le résultat rend bien, même si le son manque parfois un peu de patate et de lourdeur. Celles-ci ne viendront finalement que lors des morceaux un peu plus rentre-dedans où Amalie Bruun s’équipera elle aussi de sa guitare. Niveau voix, la Scandinave assure bien, que ce soit en chant clair ou dans les vocaux plus écorchés. À cela s’ajoute cette mise en scène théâtrale avec des mouvements amples des mains lorsqu’elle est en chant clair. Mis à part ça, pas grand-chose à dire, les musiciens sont bons, l’ensemble oscille entre passages aériens et furies black metal qui n’iront jamais non plus trop loin. En somme, une sympathique découverte qui restera à creuser en album. Retour à des éléments plus « mainstream » puisque c’était au tour d’une des plus grosses machines de la scène metalcore de prendre les planches de la Mainstage : August Burns Red (12H50 – MS2). Les Ricains de Pennsylvanie reviennent trois ans après leur premier passage au Hellfest avec leur metalcore très technique d'obédience chrétienne. Cette dernière caractéristique n'étant pas forcément flagrante d'ailleurs, car point de spasmes dans le public lors de leur passage sur scène - mais prêtez-y attention, les paroles font bien référence au petit Jésus... Le principal intérêt du groupe réside toutefois du côté des zicos rivés sur leur manche, toujours aussi appliqués, mais malheureusement, toujours aussi peu charismatiques ! Sérieux les gars, faites un effort à la fin ! C'est vraiment dommage car le manque de communication restreint systématiquement la performance du groupe à juste « sympa » là où elle aurait franchement pu être très bonne compte tenu de la qualité musicale...

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Par ailleurs, un Éternoz était parti parti assister à une contre-programmation légèrement plus poilue, Entrails (12h50 – Altar). Rien qu’avec la typo du nom du groupe sur le backdrop, on sait à 10000% à quoi s’attendre : Entrails fait du Entombed période Clandestine/Left Hand Path (ou du Dismember période Like An Everflowing Stream, c’est comme vous voulez, de toute façon c’est la même chose), ni plus, ni moins. On a donc eu le droit à quarante minutes de gros swedeath old-school sans aucune forme d’originalité ou de surprises, mais tout à fait appréciables néanmoins : le groupe est super en place, le son de guitare est en mode « abattage de chênes millénaires » (obligatoire, vu le genre pratiqué), le groove est présent ("In Pieces"), les paroles sont totalement débiles, bref la maîtrise du genre est totale (citons encore "Epitome Of Death", bon gros tube avec son petit passage « marche funèbre »). Pour les fans de swedeath c’est du tout bon et c’est même sans doute aussi cool que d’aller voir L.G. Petrov bramer sur les restes d’Entombed A.D (en l’occurrence le « A.D » est important). On ne boude donc pas son plaisir et on secoue la tête en s’autorisant ce petit plaisir régressif, clairement bas du front mais totalement jouissif, car parfaitement bien exécuté. Une réussite pour ce combo, qui est clairement le meilleur clone d’Entombed / Dismember de la scène
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Retour à des ambiances moins morbides ensuite, puisque c’est sous le soleil que l’ami Glenn Hughes prend possession des planches de la Mainstage (13H35 – MS1). Le vétéran, bien remis visiblement d’une récente opération des genoux, se présente en mode trio. Si le batteur Pontus Engborg est toujours de la partie depuis la tournée de l’année dernière, à la guitare Doug Aldrich a cédé sa place au Danois Søren Andersen, moins spectaculaire et moins star, mais qui fait le job de manière efficace. En à peine plus d’une demi-heure, Hughes nous donne un aperçu rapide de sa carrière, en s’attardant surtout sur son passage chez Deep Purple qui reste à l’origine de ses morceaux les plus marquants et ayant le plus d’impact sur le public. Après un "Stormbringer" qui ouvre le set, on a ainsi droit à un "Mistreated" à rallonge qui permet à notre diva de faire étalage de sa voix suraiguë - on adore ou on déteste. Un petit détour par Black Country Communion (qui va se reformer l’année prochaine) et on finit déjà par une version musclée de "Burn" qui déclenche les premiers slams de la journée devant la Mainstage. Très bon mais trop court ! Mais l’Éternel moyen ne pouvant pas se passer d’obscurité et d’occultisme bien longtemps (sinon il dépérit et c’est très moche à voir, on dirait un cheval qui a raté une haie), on assiste dans le même temps au set de Dark Fortress (13H35 – Temple). « Bonjour, nous sommes Dark Fortress de la Bavière ! » Dark Fortress n'est pas le groupe de black metal le plus exposé de la scène, ni le plus connu, ni le meilleur. Ce qui explique sans doute l'horaire assez injuste de pause déjeuner qu'on leur a attribué cette année au Hellfest. Et c'est fort dommage, car à bien y regarder, les Allemands signent une des meilleures performances de la Temple cru 2016. Mené par l'excellent V. Santura (Triptykon), le groupe livre une prestation très solide, avec un visuel fort et des compos efficaces exécutées de main de maître ! Vous reprendrez bien un bol de noirceur pour votre petit déjeuner ?

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À peine achevé, on n'avait qu’à traverser la tente pour se retrouver sous sa voisine afin d’assister à l'un des sets les plus intenses du week-end, on parle bien entendu des monstrueux Cattle Decapitation (14H20 – Altar) : même si la formation a prévu un passage parisien en août, la foule a commencé à se presser en avant durant le set de Dark Fortress sur la scène voisine. Cattle Decapitation et son explosif dernier album, The Anthropocene Extinction, rameute donc une populace avide de brutal death/grind engagé (ces gens sont vegan et militent de longue date pour les droits des animaux, rappelons-le). Le groupe a préparé une belle setlist, avec une majeure partie des titres issus de son dernier album, en prévoyant tout de même de distiller également les bombes des précédents LP. Le sublime artwork à l’effigie de la dernière sortie fait patienter le chaland. Le concert s’ouvre sur "Manufactured Extinct" et force est de constater que le groupe donne la pleine mesure de sa puissance en live, même si le son n’est hélas pas tout à fait à la hauteur. Pour résumer simplement, on pourrait dire que le rendu est d’une violence inouïe en studio, et que celui-ci explose encore plus en live. Les capacités de chant, de growl et de hurlement de Travis Ryan sont tout bonnement incroyables. De plus, le bonhomme ne pouvant tenir en place, il occupe tout l’espace de la scène laissée libre par ses collègues, qui sont eux bien ancrés à leur place et n’en bougent pas d’un iota. Il faut souligner aussi que le niveau technique sur certains passages est spectaculaire, même s’il passe souvent au second plan au profit de la puissance du rendu global. Un peu de promo entre les titres et quelques temps morts s’avèrent salvateurs pour un public qui dérouille, ainsi que pour le groupe qui reprend son souffle et aère son set avec justesse. Les quarante minutes paraissent en durer quatre, et le groupe remercie le public avant de quitter l’Altar. Josh Elmore reviendra serrer quelques paluches, discuter un peu et signer quelques disques à la demande des premiers rangs. Très bon set, violent, carré, bref : la joie, en attendant l’autre groupe de grind culte à suivre aujourd’hui.

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A ce stade, on manque malheureusement de temps et de troupes pour aller assister, en parallèle, au set du duo allemand le plus bruyant qu’on ait jamais vu : Mantar (14H20 – Valley). Les échos du concert seront très positifs dans l’ensemble (petit bémol sur la qualité du son apparemment), tout comme lorsqu’on les avait vus un mois auparavant aux Doomed Gatherings à Paris. Nul doute sur le fait que le punk/sludge hargneux des Teutons aura à nouveau fait mouche. Côté MS1, l’heure était définitivement au retour des vieilles gloires échappées de leur groupe géniteur en ce milieu de journée, puisque après Glenn Hughes, c’était au tour de l’inénarrable Nikki Sixx de prendre possession des lieux avec son groupe solo, Sixx : A.M (15H05 – MS1). Le trio, sur album constitué du guitariste DJ Ashba (ex Guns n’ Roses) et du chanteur-producteur James Michael autour de Sixx, est pour la scène rejoint par un batteur et deux choristes qui en feront un peu trop durant tout le concert, histoire sans doute de montrer qu’elles sont vraiment à fond dedans. Les attitudes de poseurs de Sixx, Ashba et Michael, tous très lookés, peuvent faire sourire mais c’est totalement dans l’esprit et surtout, la musique est au niveau. Refusant de céder à la facilité d’interpréter des morceaux de Mötley Crüe, le groupe se concentre sur les tubes de ses déjà quatre albums studios : du bon gros rock américain efficace, parfaitement joué et chanté, mais un peu trop propre sur lui… En fait il nous manque le côté crade et foufou du Crüe ! Cependant, on a le sentiment d’avoir affaire à un vrai groupe, pas un simple projet parallèle. Et puis, Nikki Sixx reste l’une des dernières vraies rock stars de notre époque, le voir en concert est toujours un événement.

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Après toutes ces légendes sur le retour et proposant une musique somme toute plutôt posée, il était plus que temps de se remettre la tête à l’endroit avec quelques appréciables tartines de violence. Première bouchée avec les cultes Discharge (15H05 – Warzone). Punk, crust, groupe légendaire ayant influencé tout une scène et plus encore, les Anglais de Discharge ouvrent le feu sur une Warzone ensoleillée et bien remplie. Personne ici ne s’y trompe, ça va défourailler sévèrement, à commencer par Jeff Janiak, torse nu, qui n’arrête pas de beugler tandis que la fosse se bat joyeusement. À côté de lui, le bassiste arbore un look improbable de bouseux, tandis que le guitariste gratifie le public de quelques soli. Et sinon, l’ensemble du concert semble délicieusement anachronique, Discharge délivrant les titres incontournables dont ceux du disque culte Hear Nothing See Nothing Say Nothing. Le son est crade, avec la guitare bien en avant. Les morceaux s’enchaînent sans vraiment dépareiller les uns des autres, mais le public et le groupe s’en foutent. Les pistes dégomment et il n’y aura bien que l’hommage appuyé à Lemmy, dont la statue surplombe la Warzone, qui viendra troubler ces cinquante minutes de punk agressif et contestataire. Car oui, même dans son discours anti-système le groupe reste le même et c’est bien tout ce que le public attendait. Côté Mainstage, si vers la MS1 c’était un peu la journée « Hospice de Luxe » (et ce n’est pas fini vu ce qui passera sur la-dite Mainstage d’ici la fin de la journée), sur la MS2, c’était véritablement l’après-midi du jeunisme (comme tous les ans sur la MS2 le samedi aprèm’, en général) puisque c’était au tour de The Amity Affliction de monter sur scène (15h50 – MS2). Dites-vous que si vous n'étiez pas là, rassurez-vous, vous n'avez pas raté grand chose, sauf si vous êtes un aficionado du « popcore » du collectif australien ! Évoluant dans ce style visiblement de plus en plus en vogue outre-atlantique, ainsi que dans les terres australes, la formule ici servie est finalement assez bête, mixant du metalcore mélodique ultra formaté avec des refrains sucrés « pop » très faiblement testostéronés. Composé d'un chanteur-miauleur-bassiste, de deux guitaristes rythmiques, d'un batteur et d'un hurleur, le line-up est lui également assez classique dans le genre. Pas grand chose à retenir de ce set, si ce n'est que le groupe déroule ses tubes qui semblent trouver leur auditoire, quoiqu'on puisse être agacé d'avoir la fâcheuse impression d'entendre la même piste répétée dix fois. Le groupe affichera toutefois un plaisir sincère d'avoir pu jouer sur cet agréable créneau, on ne pourra pas leur retirer ça !

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Fort heureusement, il était aussi possible de voir jouer de vrais groupes sur ce créneau (ndlr : niark niark), et on fonce donc à l’Altar pour assister à un moment des plus cultes : l’un des très rares sets de Agoraphobic Nosebleed en France (15H50 – Altar). Ne cherchez pas de batterie, il n’y en a pas : deux sets de baffles trônent au centre de la scène. Ne cherchez pas de backdrop : il n’y en a pas. Ne cherchez pas les membres du groupes en coulisses : ils sont déjà sur scène depuis le début du soundcheck, et vont même y rester jusqu’au début du set. Même si le groupe a fait parler de lui en début d’année avec l’excellentissime EP Arc , le premier de ses quatre EP à sortir (un par membre), le public lui, veut voir la bête façon grind. Le groupe est, de toutes façons, venu avec sa setlist de festoche et n’en changera pas (ndlr : en même temps, la boite à rythme ne change pas de programmation – sourire poli). L’affluence est incroyable malgré le temps redevenu clément en extérieur et c’est toute l'Altar qui se retrouve bondée, débordant de manière clairsemée vers l’extérieur et sur la Temple. Il en faudrait même encore plus pour le quatuor, qui dégueule son premier titre "Bitch’s Handbag Full of Money" pour, en moins d’une minute, donner le ton des cinquante minutes à venir. Si le festival aura cette année été plutôt timide sur le grind, les Américains vont dispenser suffisamment de violence, syncopes et explosions de riffs pour satisfaire les amoureux du genre. La « Goddess Of Grind », a.k.a. Katherine Katz, est décidément impressionnante sur scène, tant elle parvient à dégager une humilité et une fragilité dans son comportement lorsqu’elle n’intervient pas, à l’instar de la violence et la colère qu’elle insuffle à chaque intervention. Le groupe osera même quitter la scène le temps du solo de boite à rythme – totalement anti-système et parfaitement accueilli par le public. Celui-ci se montrera d’ailleurs très réceptif en fin de set et applaudira chaudement la prestation « ovni » du groupe. Une preuve de plus que le Hellfest parvient toujours faire se produire des groupes iconoclastes et « hors-système », mais dont les prestations restent généralement des moments forts du festival. Extrême et génial.

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Juste après ça, il était possible d’aller admirer les Italiens de Fleshgod Apocalypse, une des grosses cotes du blackened-death pompeux de ces dernières années (ndlr : oups, je voulais dire symphonique, désolé !) (16H40 – Temple). Les compatriotes de Gianluigi Buffon arrivent bien entendu sur scène au son d’une intro symphonique pleine d’emphase. Vêtus de costumes époque Renaissance et accompagnés d’une choriste-cantatrice que l’on aura du mal à entendre, on ne peut que remarquer les efforts faits sur la forme, la scène étant par ailleurs magnifique et richement décorée. Cependant, leur death brutal et symphonique ne souffre pas d’approximations sonores et malheureusement, ce sera le cas aujourd'hui (de là où votre serviteur se trouve en tout cas). La double grosse caisse ininterrompue de Francesco Paoli bouffe tout sur son passage, ne laissant que peu d’espace aux guitares et encore moins aux subtilités des nappes de clavier et des chants clairs. En revanche, au niveau violence musicale, on est servis, pas de soucis, mais ce groupe ne se résume pas à ça. Dommage pour ce soir, un groupe à revoir dans d’autres circonstances (ndlr : au Motocultor deux mois plus tard, par exemple). Suivant immédiatement le set des compatriotes de Claude Barzotti : il était possible d’aller se recueillir sur les cendres des tout-puissants Entombed en assistant au set de Entombed A.D. (en gros Entombed moins Hellid, Cenderlund et Nicke Andersson, mais avec L.G. Petrov, Nico Elgstrand et Victor Brandt - le « A.D. » ayant été ajouté par Petrov pour éviter tout procès de ses anciens copains, car Entombed c’est avant tout Hellid & Cenderlund). Mais oublions tous un instant la particule « A.D. », pour n’attendre de ce groupe de légende qu’une prestation de festival taillée setlist de légende. L’attente et l’impatience seront comblées grâce notamment à la jovialité communicative de L.G. Petrov, finalement très bavard entre les titres. Le public est au top de sa forme et ne cessera de pogoter et d’envoyer les crowd surfers sur orbite. Malgré d’impressionnants growls et un son global très affirmé, guitare ou rythmique, les quelques cassures entre les morceaux donnent une impression dommageable, alors que le groupe aurait pu maintenir une pression constante durant la petite heure à leur disposition. Ne gâchons cependant pas notre joie, car les bombes de fin de set dont les cultes "Wolverine Blues", "Left Hand Path" et "Supposed to Rot" donnent finalement l’impression de côtoyer le dinosaure de la grosse époque : puissance, violence, et un caractère des plus affirmés. Un Bref, une prestation agréable, et qui permettra de plus à certains, sans tricher, de tout de même se dire voir « Entombed m’en mettre une en live : Check ! ».

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Cela fait, on fonce à la Valley car un des super-groupes les plus enthousiasmants de la scène doom récente s’y produit : on parle bien évidemment du With The Dead (17H40 – Valley) de Lee Dorrian (Cathedral, boss du label Rise Above Records, Curator du dernier Roadburn, bref un daron), qui va délivrer un set des plus massifs, dans la droite lignée de ce qu’il nous avait mis dans la poire au Roadburn en avril dernier. Le son, un peu approximatif en début de set (notamment le chant), s’améliore rapidement et permet au quator de déployer son doom ultra-lourd dans une sorte de concours de bite à distance avec Electric Wizard (puisque divers différents opposent Jus Osborn à Lee Dorrian depuis des années). Les compos oscillent entre colère et lourdeur pures ("Crown Of Burning Stars", "Living With The Dead") et rituels mélodiques lancinants ("Nepthys"). Lee Dorrian est en voix, il incarne véritablement ses morceaux et emporte l’adhésion sans peine. Élégamment sapé, comme le véritable gentleman britannique qu’il est, il remercie chaleureusement un public venu en nombre et se montre très à l’aise, alors qu’il fait encore bien trop jour pour ce type de concerts développant des ambiances nocturnes et occultes. Son comparse bassiste est également vêtu comme un milord (mention spéciale à l’énorme chapeau rond que n’aurait pas renié le boss final de Bloodborne) et ses lignes de basse sont tout aussi élégantes. Le reste du groupe (hormis l’ex-batteur Mark Greening, qui a finalement préféré repartir bûcheronner chez Ramesses) est au diapason et délivre une prestation tout à fait plaisante. Espérons que l’aventure continue, car ces gars-là ont encore des choses à dire, c’est une certitude.

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Retour ensuite à des considérations plus joviales, avec un set les plus attendus du jour à la Mainstage, surtout par les fans de guitare de tous horizons, et Odin sait qu’ils sont nombreux au Hellfest : Joe Satriani (18H35 – MS1). Hey Joe ! Ah, bazar, pas mieux qu'un set du maître shreddeur pour plonger instantanément dans les eighties et les affres de l'adolescence marquée par l’acné invalidante, les baladeurs-cassette et les jaquettes découpées dans Hard-Rock Mag. Niveau look, Joe Satriani est du reste toujours au taquet, comme en témoigne sa veste 100% argentée façon couverture de survie, tellement flashy qu'elle en menace l'intégrité visuelle des spectateurs. Les aficionados de la première heure savent cependant que celui qui donna quelques cours à Kirk Hammett, le soliste jadis virtuose de Metallica, a commis bien pires exactions sur le plan vestimentaire dans ses jeunes années : cette tenue sera donc qualifiée de sobre. Pour le reste, soutenu par de dextres musiciens, dont le guitariste/claviériste Mike Keneally qui viendra le défier sur "Ice 9", le tout frais sexagénaire délivre une prestation ébouriffante de technicité - ça on s'y attendait, dopé par un son parfaitement équilibré - ça on ne pouvait que l'espérer. Si les trois titres assez quelconques extraits du dernier album donnent l'impression de se retrouver face à une vidéo en ligne destinée aux ceintures noires trente-cinquième dan de guitare électrique, les classiques de l'âge d'or du Satch emportent l'adhésion de la foule qui se fait un plaisir de doubler la mélodie de la balade "Always With Me, Always With You" - séquence émotion. Pour le reste, difficile de ne pas se laisser emporter par les titres supersoniques exécutés à la note près issus de Surfing with the Alien - le bœuf psychédélique de vingt minutes en impro totale, ce ne sera pas pour cette fois - ainsi que par l'affabilité et l'humilité qu'on imagine non feintes de la part de l'un des plus éminents spécialistes de la six-cordes, qui fait au passage admirer une fraction de sa collection de grattes – une par morceau – disons... chamarrées. Cinquante-cinq minutes de grand professionnalisme, de régression joyeuse et d'alertes ophtalmologiques force douze.

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Mais on l’a dit, l’Éternel moyen a besoin de noirceur pour s’épanouir, aussi pendant que certains d’entre nous s’extasiaient sur l’ami Joe, un autre se postait à la Temple pour assister à un set nettement moins technique et mélodieux : celui d’Archgoat (18H35 – Temple). Le blaze ne trompe pas, ces gens ne font pas dans la demi-mesure quand il s’agit de black-metal ultra-orthodoxe et donc forcément ultra-sataniste. Corpsepaint dégueulasse, poignets de force à pointes de partout, ceintures de balles, t-shirt Mayhem, le chanteur-bassiste à lui seul est un véritable cliché de trVe black-metalleux, et ses copains sont évidemment du même acabit. Ces atours quelque peu sujets-à-caution n’empêchent cependant nullement les Finlandais (présents depuis 1989, donc respect) de maîtriser à fond les codes du BM orthodoxe, version frontale et bagarreuse. Point trop de subtilités mélodiques ici, les compos blasphématoires de l’Archibouc sont portées par un chant bien plus guttural que la moyenne des vocaux BM (et ça fonctionne hyper bien, rendant l’ensemble encore plus sombre et grand-guignolesque que d’habitude) et des riffs simples mais tout à fait efficaces. Archgoat fait la part belle à ses dernières sorties et envoie des morceaux aux titres aussi inénarrables que "Nuns, Cunts And Darkness" ou encore "The Apocalyptic Triumphator" à la face d’un auditoire statique (comme dans tous les concerts de BM ou presque) mais visiblement conquis, le tout avec un premier degré tout à fait honorable, et nullement surprenant venant d’un groupe qui a visiblement les méga-chocoboules contre le petit Jésus. À n’en pas douter, un des moments les plus « TrVue » du festival, et il en faut, c’est important.

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Les Éternoz sont, rappelez-vous, dotés du pouvoir de l’über-ubiquité, et pendant que la team commentait les concerts de Satriani et de Archgoat, elle analysait également la prestation de The Toy Dolls (18h35 – Warzone). Et décidément, ce samedi la Warzone aura été placé sous le signe des groupes légendaires du punk. Tout aussi fameux qu’un Discharge, mais dans une tout autre catégorie, les Britanniques de The Toy Dolls débarquent pour fêter leur trente-cinquième anniversaire et vont littéralement rendre le public fou. Avant que les joyeusetés ne commencent, un détail retient l’attention du public : un cadeau bien kitsch situé à gauche de la scène. C’est par cette boîte que le bassiste, Tom Goober, arrive sur scène, rejoint ensuite par Olga, le guitariste-chanteur à l’origine du groupe, sur "Firey Jack". Le public hurle, les Britishs, tout en couleurs, regardent la foule avec d’énormes sourires et se mettent à enchaîner une palanquée de titres provenant de leur longue discographie. Et ce sera surtout l’occasion de mettre en avant l’indétrônable Dig That Groove Baby et son tube "Nellie The Elephant". Dans la fosse, les gens sautent, se cognent les uns contre les autres, tout en ne manquant pas de chanter chacun des refrains, tous étant d’une simplicité enfantine. Bref, c’est l’éclate ! Une bonne humeur communicative irradie la fosse et fait plaisir à voir. D’ailleurs, le show du groupe est extrêmement bien huilé avec nombre de moments où guitariste et bassiste restent parfaitement synchro dans leur jeu de scène pour un résultat kitsch, mais très réussi. Et comme le groupe est à la fête, Olga n’oublie pas de venir avec une bouteille de champagne géante en plastique, de la pointer sur le public et de l’asperger de confettis. Après un "Alec’s Gone" absolument génial, les Toy Dolls se retirent sur "Wipe Out", une reprise de Surfaris, tout en faisant pleuvoir une nouvelle pluie de confettis sur le public. Vous en voulez encore ? Oui, forcément, car l’aventure ne s’achève pas là ! Olga et sa bande reviennent alors pour un rappel absolument dingue. Le chanteur torse nu débarque portant sur lui un panneau marqué 35, afin de bien rappeler l’anniversaire du groupe. Et c’est le visage ému, sans lunettes de soleil, que les Anglais, sous la musique de "Theme Tune" et l’ovation d’un public hilare et heureux, quittent la scène. De quoi avoir la banane pour la suite des hostilités !

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Le début de soirée s’approche tranquillement et une fois encore les Éternels se coupent en trois pour vous faire vivre des concerts aux styles tout à fait différents, démontrant une fois de plus toute la puissance de l’éclectisme de la programmation du Hellfest. D’un côté on avait Disturbed (19H30 – MS2). Après la folie joyeusement débile que représente The Toy Dolls, il faut bien se reposer un peu et Disturbed représente une occasion en or. Le groupe arrive sur "Ten Thousand Fists". Le son est compact et David Draiman semble très en forme. Sa voix porte, il alterne bien une voix heavy agressive et son chant plus calme. Les différents morceaux s’enchaînent bien, un peu répétitifs avec quelques sonorités électroniques, mais efficaces, notamment le très bon "Inside The Fire" dont le refrain reste très facilement en tête. Bon, il faudra quand même subir des moments où le chanteur poussera le public à scander le nom du groupe sur les airs de supporter de foot. Étrange, plutôt beauf. Passons. Car Disturbed est aussi un groupe qui a compris qu’en festival tout le monde ne vient pas spécialement pour eux. Alors ce ne sera pas une, ni deux, ni même trois, mais bien quatre reprises que le groupe offrira au public. Si celle de "A Sound of Silence" file des frissons tant la voix de David Draiman est impressionnante et les arrangements orchestraux bien trouvés, les autres sont davantage l’occasion de faire venir les copains, entre Nikky Sixx et DJ Ashba pour la reprise de "Shout at the Devil" ou la venue de Glenn Hughes pour "Baba O’riley" de The Who. La reprise de "Killing in the Name" passe aussi très bien et sera, heureusement quand même, la dernière. Le groupe finira par trois morceaux de son cru et achèvera son show avec les riffs balourds et le chant groovy de "Down with the Sickness". Efficace donc et parfait pour se reposer un peu.

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De l’autre, on se postait à l’Altar pour se faire marteler la gueule par le set d’Asphyx (19H30 – Altar) Asphyx méchant. Pesanteurs et accélérations. Fight(s) avec les voisins. Van Drunnen = Saroumane enroué. Parle en français. Un peu. Bel effort. Mais morceaux brouillons + son brouillon = Asphyx brouillon. Conclusion : Asphyx sympa, mais Asphyx bof. Enfin, un Éternel posté à la Valley assistait à l’un des grands moments de la journée pour tous les fans de stoner/doom/psyché, puisque Goatsnake ouvrait un enchaînement de compos qui s’annonçait particulièrement inoubliable (19H30 – Valley). Rappelons juste la lourdeur du line-up pour que tout le monde situe bien le niveau d’attente : l’excellent Pete Stahl au chant (ex-Scream), Greg Anderson à la guitare (co-fondateur de Southern Lord Records avec l’inénarrable Stephen O’Malley) et l’ancienne section rythmique de The Obsessed pour le reste, dont le français Guy Pinhas (The Obsessed donc, mais également Acid King, et membre de Southern Lord Europe). Pas forcément fanatique de ce combo sur album à cause de leur son parfois un peu trop bluesy/redneck prenant parfois le pas sur les aspects les plus pachydermiques, votre serviteur doit rapidement se rendre à l‘évidence : en live, c’est une toute autre tambouille que proposent les Américains. Le son de guitare est proprement monstrueux et plus lourd que la Terre elle-même, ce qui change radicalement l’impact des compos et fait immédiatement passer Goatsnake dans la dimension des groupes qui broient des tympans et fracassent des mandibules. Le son est parfait, ultra-clair en plus d’être excessivement lourd on l’a dit, et on entend même les petites facéties de Stahl à l’accordéon. Le groupe est dans une forme olympique et délivre un set fantastique, dans lequel on aura au moins reconnu "Black Age Blues", l’indépassable "Flower Of Disease" ou encore "The Killing Blues". Suite à cela, les Éternels se désassemblent (contrairement aux Avengers donc) une nouvelle fois, pour aller assister à trois nouveaux sets distincts (ndrl : comme dans les films d'horreur, on fait des groupes de un).

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Celui de Moonsorrow tout d’abord (20H25 – Temple) : après leur passage en avril au Trabendo, ainsi qu’une flopée d’étapes métropolitaines suivant la sortie de Jumalten Aika, on aurait pu se dire qu’il y aurait peut-être un peu moins de monde pour accueillir Moonsorrow. Grossière erreur : les fans de black pagan vont être servis en ce début de soirée. La Temple est bondée, les corpsepaints fleurissent un peu partout en même temps que les t-shirts du groupe. Si côté public, tout le monde est prêt à recevoir, le combo aura malignement préparé sa setlist en jouant surtout les derniers-nés et en restituant ces compositions mélodico-mélancolique de la plus belle des manières. Les Finnois sont finauds (ndlr : carton jaune !) et débutent leur set par un "Jumalten aika" agrippant de suite le public. Le jeu des musiciens, et pour le coup le son, sont tout simplement sublimes et très justes, permettant durant cinquante minutes de se laisser bercer par les hymnes épiques et de reprendre à tue-tête les refrains et mélodies. L’ambiance est des plus belles, démultipliant les sourires et les levées de pintes. L’identité et le caractère du groupe parviennent même à intéresser les curieux patientant du coté de l’Altar pour le set des pourtant très différents Terrorizer. Malgré la longueur des compositions, l’exécution et la maîtrise de ces artistes expérimentés fait que le set parait extrêmement court. Vendredi avait eu Kampfar, Samedi a eu Moonsorrow, pour deux performances très honorables et, malgré le style pratiqué, très accessible : LES ambassadeurs du genre. Bravo.

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Celui de Bad Religion également (20H25 – Warzone) : téléportation en amphi instantanée pour les étudiants en goguette, car le prof est de retour. Le prof, plus exactement le spécialiste en géologie et anthopologie, c'est Greg Graffin qui, en plus d'être multi-diplômé à UCLA (la fac de Los Angeles), est le chanteur et seul membre permanent de Bad Religion. Tenue de prof, lunettes de prof, gestuelle de prof (avec son doigt pointé en l'air), calvitie de prof : voici sans doute le musicien le moins rock' n'roll ayant foulé une scène du Hellfest. En apparence. Parce que ce type est également et surtout à la tête d'une pointure du punk/hardcore US depuis presque quarante ans, délivrant un flot quasi interrompu de brûlots supersoniques sur fond de dénonciation politique et de critique sociale. Les compositions, rarement supérieures à deux minutes, s'enchaînent sur un tempo invariablement élevé – le groupe réussira à en caser vingt-et-une en cinquante minutes, soit dix-neuf de plus que Magma en une heure. Le son, moins percutant que celui des formations estampillées metal, se révèle cependant très agréable, faisant la part belle à chaque instrumentiste - y compris le guitariste en chemise blanche qui réussit, on ne sait trop comment, à placer un solo dans chaque morceau. Et puis il y a la voix, mélodieuse, dénuée de toute agressivité de Graffin, véritable marqueur sonore du collectif qui est un peu au hardcore ce que les Buzzcocks (présents au Hellfest 2013) étaient au punk en plein essor : une crédible et réjouissante version pop.

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Celui de Within Temptation enfin, et puisqu’il en faut pour tous les goûts (20H35 – MS1) : les vétérans hollandais du metal sympho reviennent en terre clissonaise, toujours installés à un créneau confortable de début de soirée sur la MS1. Sans bien connaître la formation batave, la curiosité nous mène à observer de loin le show du sextet - et pas seulement le joli sourire de la brune et belle frontwoman hein, non mais ! Et bien commençons par le chant tiens, puisque la première chose qu'on puisse concéder sans hésiter, c'est que la diva Sharon placée au centre de la scène assure à merveille vocalement. Pour ce qui est de l'attitude, il faudra apprécier des mimiques très maniérées à longueur de temps, à défaut de pouvoir nier une présence scénique solide du groupe. Mais là où le profane sera le plus surpris de ce concert c'est bien au niveau du mix, puisqu'il est digne d'un artiste de variétés : le chant est poussé à fond, soutenu par une section rythmique bien audible, tandis que les guitares se voient complètement éclipsées en arrière plan. Une explication est sans doute à chercher du côté de la setlist où on remarquera beaucoup de titres extraits de l'avant-dernier album, qui accordait bien peu de place aux riffs. Il faut ainsi se rendre à l'évidence, Within Temptation livre un spectacle « grand public » au travers d'un set ultra rodé et, on l'avoue, un peu fade quoique décoré de trois grands écrans en fond de scène. On pourra en outre regretter le manque de chaleur dans la communication avec le public, les efforts à ce niveau peinant à masquer la nature assez mécanique de la performance du combo.

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Retour à la Valley ensuite, pour assister à l’unique concert d’un groupe encore bien culte de ce qu’on pourrait appeler « la galaxie Kyuss » : Hermano (21H20 – Valley). N’ayant pas joué depuis 2008 (ndlr : après Superjoint Ritual l’an dernier, disons-le : Hellfest, premier sur les grosses exclus de fou), le side-project de ce bon vieux John Garcia, qui tout comme Philou, trouve toujours un moyen de venir jouer au Hellfest sous un nom ou un autre, était visiblement très heureux d’être là, notamment son guitariste fondateur, sorte de sosie de Josh Homme (galaxie Kyuss qu’on vous dit), particulièrement ému en fin de concert. Et on le comprend : Hermano, groupe tout de même relativement confidentiel pour qui n’est pas docteur ès-histoire du stoner, n’avait probablement jamais joué devant un tel parterre, en tout cas pas en Europe. Les Américains vont donc s’en donner à cœur joie, faisant la part belle à leurs deux premiers albums, dont l’excellent Dare I Say sorti en 2004. Musicalement, on est sur un stoner assez classique et totalement dans la veine des premiers QOTSA (ndlr : et eux, quand est-ce qu’on les a au Hellfest?) : rythme hyper enlevé, harmonies vocales au top ("Cowboys Suck", "Is This OK ?"), compos directes, groove de petits enfoirés, bref, le genre de son parfait pour s’éclater pendant une heure, d’autant que l’ami Garcia est en grande voix. La charge émotionnelle semble vraiment forte à la fin du concert et le public le sent : les longues acclamations d’une Valley blindée viendront ponctuer comme il se doit la performance de ces braves Hermano, dont la plupart des membres a fait le trajet depuis l’ouest des USA uniquement pour ce concert : splendide, et à n’en pas douter un des plus grands moments de cette Valley Cuvée 2016. Changement d’ambiance total alors avec un retour rapide à la Mainstage afin de ne rien louper du set des petits princes de Bring Me The Horizon (21H55 – MS2), dont on vous offre un LR extensif ici.

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Il est déjà tard sur le site, et comme à son habitude le Hellfest s’illumine pour émerveiller tous les enfants du metal. Mais la Team Eternels n’a pas réellement le temps de s’arrêter pour en profiter, car il est totalement inenvisageable de louper le set de Primordial (22H15 – Temple). Si Primordial est irlandais comme Cruachan, actif depuis une vingtaine d'années comme Cruachan et donne dans le black pagan comme Cruachan, le collectif emmené par A.A. Nemtheanga fait nettement plus pencher la balance du côté metal en concert que leurs compatriotes qui se produisaient la veille sur l'Altar. Résumer les cinquante-cinq minutes offertes par les Celtes revient à évoquer une déflagration sonore faite de saturation, de blasts et de hurlements vitrifiants, interrompue par les interventions oiseuses d'un leader qui nous gonfle avec ses lubies identitaires - par bonheur, l'encapuchonné ne se montre pas très loquace. Celui-ci finira d'ailleurs par se départir de son couvre-chef, mais pas de sa hargne d'autant plus communicative que le son abrasif demeure équilibré, tremplin idéal pour lancer les hymnes épiques et malsains d'une sulfureuse ardeur. Les fans sont au comble de l'extase, les moins fans forcément impressionnés.

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Pour celles et ceux en quête d’une plus grande légèreté à cette heure un peu tardive (les pintes, cela alourdit, loutres !), il était également possible d’aller voir un des groupes les plus incroyablement cultes de la scène punk française : rien de moins que les improbables Ludwig Von 88 (22H15 – Warzone). Rappelons le contexte : 2001, fin de concert pour les totos punk foufous de Ludwig. Mais le punk phénix renaît de ses cendres de bédos dans cette nouvelle Warzone qui devient, malgré les nombreux aménagements, difficiles d’accès à quelques minutes du set. Et d’ailleurs parlons-en, de ce set. Pour résumer, le batteur du groupe est toujours aussi doué et n’a rien perdu de sa rigueur : un véritable robot programmé pour rythmer les élucubrations du groupe. Ne cherchons absolument pas quelque analyse musicale que ce soit, les musiciens savent toujours aussi peu jouer, mais l’entrain est toujours aussi festif. La setlist nous ramène vingt à vingt-cinq ans en arrière et lorsque ça slamme sans temps morts dans les quarante premiers rangs, ça danse jusqu’en haut des nouveaux gradins aménagés. Les refrains sont tous repris en cœur à droite et à gauche. À partir de "Louison Bobet", va se déchaîner une folie débile mais totalement joyeuse sur toute la Warzone. Tout le monde danse, chante et des pluies de copeaux ramassés/jetés se font persistantes durant tout le set. Une chose est sure, tout le monde est baba et profite d’une énorme tranche festive de punk avec les quelques messages politiques qui vont bien, et les actualisations de paroles à la fois drôles mais sarcastiques (Bisous à Christine Boutin). Faudra-t-il attendre de nouveau quinze ans pour revoir le groupe sur scène ? Houla Houla Houlala… Espérons que non! Il est ensuite grand temps de foncer à la Mainstage pour assister à ce qui sera sans doute l’un des derniers sets français d’un combo des plus connus des metalleux les plus anciens, et peut-être moins des autres : Twisted Sister (23H10 – MS1), dont on vous offre un LR extensif ici.

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Sur ce même créneau horaire, il était également possible d’aller voir un groupe d’un tout autre niveau de violence, et pourtant bien culte dans son genre également : les darons absolus du grindcore, Napalm Death (23H15 – Altar). Une atmosphère particulière s'installe sur l'Altar dès que le collectif exécute son premier accord. Une atmosphère instable. Dangereuse. Ce groupe dégage sur scène quelque chose de spécial, et celles et ceux qui n'en connaissent que l'hilarante caricature de Jim Carrey doivent se demander ce qui leur arrive. Quant aux membres du public, sans doute plus nombreux, qui s'attendaient à assister à une représentation de vétérans en roue libre, c'est peu dire que leurs craintes sont démenties ce soir. Et c'est tant mieux. Car Napalm Death en concert n'a que peu à voir et surtout à entendre avec le death étouffé et parfois un peu poussif qu'il propose en studio, comme en témoigne la version nucléarisée et pour tout dire méconnaissable de "Suffer the Children". Clairement, les pionniers du grind n'ont jamais renié leurs racine punk/core et cela se vérifie tout au long de cette prestation destructrice. Chaque musicien se donne à fond, notamment Shane Embury, le bassiste au physique débonnaire qui a tôt fait de claquer leur beignet aux petits malins qui l'ont appelé « papa » avant que le déluge de goudron radioactif ne s'abatte sur leurs tronches. Derrière son micro, « Barney » Greenway fait monter la tension à la faveur de ses expectorations nettement plus core que death dont la puissance laisse pantois. Ses impressionnantes débauches d'énergie le poussent d'ailleurs à se désaltérer à de multiples reprises auprès de la batterie – un spectateur charitable lui balancera son pichet, occasionnant d'ironiques remerciements de la part du très prolixe et très politisé vocaliste. Mais même ses digressions répétées (et souvent pertinentes) n'entament pas l'intensité générale, qui atteint l'un de ses pics lors d'un « medley » de « titres » issu de Scum, le mythique et fondateur album que la section de Birmingham a engendré en 1987 - son tube d'une seconde "You Suffer" faisant évidemment partie de la sélection. Après une heure de vélocité abrasive et d'impacts dévastateurs, le constat est sans appel : les quinquagénaires britanniques viennent probablement d'asséner l'un des sets les plus violents de l'histoire du Hellfest.

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Difficile également de rater le concert de Fu Manchu (23H10 – Valley) : encore un énorme daron du stoner sous la Valley en cette fin de samedi : l’orga avait vraiment mis les petits plats dans les grands pour l’occasion, et il faudrait vraiment être la pire trompette de tous les fans de stoner pour ne pas bander dur pendant trois concerts de suite au vu de la qualité inattaquable du plateau proposé. Après la claque mise par Goatsnake et le superbe concert de Hermano, les américains de Fu Manchu étaient donc attendus au tournant. Et ils n’ont absolument pas déçus, délivrant un set d’une coolitude absolue, dans une ambiance aussi relax que le chanteur (avec sa touche d’éternel ado refusant catégoriquement de vieillir) et aussi rock’n’roll que les compos « stoner autoroute » du combo californien, qui affiche désormais plus de vingt ans de carrière au compteur. Côté setlist, le dernier-né (le plutôt réussi Gigantoid, sorti en 2014) n’est pas du tout mis en avant puisque, sauf erreur, aucun extrait n’en sera joué, et on a donc plutôt droit à une setlist en forme de best-of, de laquelle on retiendra les plus gros tubes comme "California Crossing" et "King Of The Road". L’ambiance dans la fosse est carrément bon enfant, et les darons du desert/stoner/route66rock délivrent finalement une performance à l’avenant : solaire, laid-back, cool. Californienne quoi.

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Il est à présent 0H15 sur tous les enfants du metal, et notre running-order indique un étonnant trou de 45min avant les derniers concerts... Étonnant, vraiment ? Pour qui connaît le festival, que nenni ! Car le samedi vers minuit est toujours l’heure à laquelle l’organisation se livre à sa célébration pyrotechnique annuelle, rappelez-vous le feu d’artifice proprement monstrueux qui était venu littéralement remplir le ciel de Clisson d’explosions bariolées à l’occasion des dix ans du festival. Cette année, le feu d’artifice sera un peu moins long et un peu moins massif que le précédent, mais tout aussi chargé en émotions, voire davantage : non-contente d’avoir dressé une magnifique statue/mausolée à la mémoire de Lemmy Killmister du côté de la nouvelle-Warzone, la bande à Barbaud a aussi souhaité rendre hommage à la légende récemment décédée avec un énorme embrasement, bien évidemment mis en musique par les plus gros tubes de Motörhead. Un grand moment à n’en pas douter : il est toujours aussi impressionnant de voir le festival presque entièrement s’arrêter pendant quelques poignées de minutes. Les yeux tournés vers le ciel, chacune et chacun pouvant alors s’offrir un moment de rêve et de réflexion, hors du temps, sur ce qui fait la beauté et l’importance de ce festival. N’oublions jamais qu’au-delà de la musique et du fun, le Hellfest est notre temple : laïcard voire païen, rigolard et même volontiers grivois, il est pourtant capable de nous émouvoir aux larmes. Il nous rassemble autour de valeurs et d’icônes communes, il nous rappelle chaque année l’importance de notre communauté et nous permet de nous épanouir et d’être pleinement nous-mêmes, au moins quelques jours par an : toutes et tous de noir vêtus à l’extérieur et volontiers provocants, mais plein de couleurs, d’amour et de fête à l’intérieur. Les couples enlacés, les groupes de potes bras-dessus bras-dessous, les familles, les inconnus fraternisant, c’est tout cela aussi le Hellfest, et c’est généralement au moment du feu d’artifice qu’on en prend le plus conscience et qu’on peut le plus facilement prendre un instant, hors de la course incessante entre les différentes scènes, pour appuyer sur « PAUSE » et observer toute cette joie, toute cette putain de belle fraternité, pour s’en remplir, et pour repartir heureux, regonflé à bloc. Tout simplement.

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Mais trêve de digressions, car mine de rien il nous reste encore deux concerts à vous narrer aujourd’hui. D’une part, le set d’un groupe qui est désormais comme chez lui au Hellfest après des débuts difficiles : Korn (1H00 - MS2), dont on vous raconte le déroulé ici. D’autre part, un groupe légèrement moins jumpy et subtilement plus bourrin : Dark Funeral, qui avait le sombre honneur de clôturer la journée à la Temple (1H00 – Temple). Premier constat d’emblée : il y a beaucoup moins de monde que pour Immortal la veille à la même heure, et on peut le concevoir, les premiers n’ayant jamais atteint la notoriété des seconds malgré une carrière à la longévité tout à fait honorable et une discographie des plus respectables bien qu’un peu linéaire sur les bords (voire totalement). L’autre explication étant tout aussi évidente : quand on n’a pas de frontman qui se déplace en pas-de-crabe en crachant du feu, forcément, on attire moins les foules. Cela n’empêche cependant pas Dark Funeral de débarquer à l’heure dite après une intro des plus pompières et evil (bien à leur image en somme) et de cracher directement au visage du public le tube (si si je vous jure !) "Unchain My Soul", opener de leur très solide dernier album Where Shadows Forever Reign. Ce morceau ouvre un set faisant logiquement la part belle à l'opus sus-mentionné (on aura notamment droit à la quasi viking-metal "As I Ascend" et au très bon et très old-school morceau titre "Where Shadows Forever Reign"), mais la réaction du public est plutôt molle, disons-le. Néanmoins, cela n’a sans doute rien à voir avec la musique ou la prestation des vindicatifs Scandinaves. Il faut rappeler qu’à cette heure tardive, la fatigue, la picole et tout le reste commencent à sérieusement peser sur les organismes. C’est un peu dommage, car le son est particulièrement clair et le groupe semble, lui, en forme olympique, avec un Lord Ahriman haranguant la foule et communiquant nettement plus que le frontman black-metal lambda. Les affres d’être « culte » et de jouer à 1H du matin en somme… On en gardera néanmoins l’image d’un groupe maîtrisant totalement son sujet et ayant largement mérité sa place au panthéon des grands anciens du black-metal. Le genre de groupe que le Hellfest sait choyer et apprécier.

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Et c'est donc sur ces belles paroles et alors que résonnent les dernières notes des concerts de Korn et de Dark Funeral (et aussi de cette projection chelou à la Warzone, Gutterdammerung, qu’aucun Éternel n’est allé voir malheureusement) que nous quittons le site pour la seconde fois. La nuit sera relativement courte car une fois de plus, la journée du lendemain, la dernière déjà (ô douleur ! ô misère ! ô motherfuckers !), s’annonce des plus chargées. Soyez rassuré(e)s, toutes et tous, sur le fait que la Team Eternoz sera au rendez-vous pour vous faire vivre cette dernière journée de festival, qui était particulièrement alléchante en termes d’affiche. Rendez-vous demain donc, de bonne heure et de bonne humeur !


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