CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
le 14 avril 2019




SETLIST

Avantasia

Ghost in the Moon
Starlight
Book of Shallows
The Raven Child
Lucifer
Alchemy
Invinsible
Reach Out of the Light
Moonglow
Maniac
Dying for an Angel
Lavender
The Story Ain't Over
The Scarecrow
Promised Land
Twisted Mind
Avantasia
Let the Storm Descent Upon you
Master of the Pendulum
Shelter From the Rain
Mystery of a Blood Red Rose
Lost in Space

Rappel:
Farewell
Sign of the Cross / The Seven Angels

Mine Rock - DJ Set

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Helloween - I Want Out
Hammerfall - Hearts on Fire
Rhapsody - Emerald Sword
Iron Savior - Heavy Metal Never Dies
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10 avril 2019 - Paris - Olympia


Avantasia_Paris_-_Olympia_20190410

Trois ans après la tournée Ghostlights qui fut un véritable succès à travers l'Europe, Tobias Sammet est de retour avec son faramineux projet Avantasia afin de promouvoir son dernier bébé, Moonglow. Après le Trianon, Tobi s'attaque à une nouvelle salle mythique de la capitale, à savoir l'Olympia - rien que ça. Déçu de la tournure de son dernier rejeton, c'est tout de même confiant que je m'enfonce dans les couloirs de l'Olympia pour une soirée qui se révèlera étonnante (en bien comme en mal).

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Je vous passe ma découverte de l'Olympia, première pour ma part, on sent tout de même qu'on est pas n'importe où, notamment en voyant certaines règles (pas forcément respectées) comme l'interdiction d'entrer dans la salle avec son verre. À noter également un merch' extrêmement décevant, ne proposant juste que des t-shirts, pas forcément de très bon goût, mais ce point est totalement subjectif. Comme il y a trois ans, c'est un DJ qui a l'honneur d'ouvrir ce soir. Et autant vous le dire, l'expérience est bien meilleure, puisque la dernière fois, des sifflets accompagnaient le dit DJ. Cette année c'est une tête connue des amateurs du Hellfest qui a la mission de chauffer la salle, à savoir DJ Mine Rock, qui propose un set de six titres de power metal avec quelques petits remix mais surtout une attitude un peu déjantée avec une énergie fort communicative, ce qui fait plaisir au public. Le point fort est le choix des pistes proposées, bien en lien avec Avantasia (cf. setlist à votre gauche).

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Après un petit entracte, voilà que résonnent les premières notes de "Ghost In The Moon", opener du dernier né d'Avantasia. Le rideau tombe et laisse apparaître un décor magnifique avec un énorme écran animé dans le fond. Sur ce point Tobias à mis la barre très haut. La largeur de la scène permet à tous les musiciens d'avoir de l'espace, tout comme les trois choristes. Le début du set est clairement axé sur Moonglow, puisque après cette introduction le combo enchaîne avec"Starlight" et "Book of Shallows". Pour ces deux propositions Tobias accueil Ronnie Atkins, le leader de Pretty Maids. Ce fut, pour ma part, la première crainte de la soirée. Effectivement, si je suis un fan de la voix du Danois, lors du concert au Trianon, il était clairement en dedans. Et bien le brave Ronnie me fait clairement démentir. Le bougre assure comme un dieu, avec son timbre unique. "Starlight" est un véritable tube, qui prend plus d'ampleur sur scène que sur version studio. Et que dire de "Book of Shallows"? Déjà mon titre préféré de Moonglow, il se révèle être exceptionnel sur scène, même en l'absence d'Hansi et Mille. Ronnie assure sur les parties du leader de Blind Guardian, quand Adrienne, l'une des choristes et vocalistes du méconnu Seven Spires, assure le break initialement interprété par le frontman de Kreator. Une vraie réussite. Je me dit que la soirée va être exceptionnelle à ce rythme. Surtout lorsque retentit l'autre titre phare de Moonglow, "The Raven Child", porté par le légendaire Jorn Lande. Cependant, et c'est la première déception de cette soirée, le Norvégien est clairement, mais alors clairement en dedans. Sa voix manque de puissance et surtout il semble ne pas connaître toutes les paroles. Contrairement à "Book of Shallows", l'absence de Hansi se fait clairement ressentir. Néanmoins il s'agira tout de même d'un bon moment, puisque le titre est excellent à la base. Heureusement, Tobias et Jorn enchaînent sur "Lucifer", issu de Ghostligths, que Jorn semble bien mieux maîtriser, bien que sa voix ne soit clairement pas au top ce soir. Pas le temps de douter car pour la première fois j'ai la grande chance de voir sur scène, le seul et l'unique Geoff Tate (dont Tobias dresse des louanges, en mode fan boy absolu, expliquant au public qu'il ne faut jamais cesser de rêver puisque Geoff était son chanteur préféré plus jeune et que désormais il est sur scène avec lui). Les Allemands enchaînent alors "Alchemy"et "Invisible" issus eux aussi de Moonglow. Le premier est un tube puissant et rythmé là ou le second est une ballade, à mon avis, la plus belle de la carrière d'Avantasia. Sept titres ont été joués, dont six de Moonglow, avec lequel j'ai plutôt été sévère dans ma chronique mais les titres interprétés jusqu'alors sont mes favoris et s'avèrent taillés pour le live. Le bonheur continue avec "Reach Out For the Light", titre mythique du premier Metal Opera et chanté en duo avec le guitariste et acolyte de toujours de Tobias, Oliver Hartmann. Le premier explique que malheureusement le « légendaire » Michael Kiske n'a pu participer à la tournée (au grand dam de nombreux fans). Cependant, malgré son absence le titre fait toujours mouche.

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Après cette première heure presque parfaite les choses vont se compliquer. Entre "Moonglow" (en duo avec l'irréprochable Adrienne) puis l'entrée en scène d'Eric Martin, la soirée se gâte. Le titre éponyme de la dernière œuvre déjà plus que moyenne en studio, n'apporte rien sur scène et fait plus office de remplissage, ce qui sera le cas de plusieurs morceaux au fil de la soirée ("Shelter From the Rain", qui n'aura servi pour ma part qu'à mettre en lumière le très doué Herbie, choriste tout au long de la soirée mais qui possède pourtant un timbre unique) ou encore "Mystery of a Blood Red Rose", composition peu inspirée). Quant à ce brave Eric Lee Martin, c'est la troisième fois que je le vois sur scène (la seconde avec Avantasia, et une avec Mr Big l'été dernier à l'Alcatraz Festival) et j'ai de plus en plus de mal avec son attitude suffisante sur scène. Rajoutez à cela deux titres que je trouve simplement mauvais et insupportables (la reprise "Maniac" et "Dying for an Angel") et la soirée se gâte pour votre serviteur. À partir de ce moment, je ne vais que trop rarement sortir de cette déception. Certes il y a d'autres passages qui me remettent du baume au cœur, comme la très simple mais tellement géniale "The Story Ain't Over "en duo avec l'unique Bob Catley et son jeu de corps incomparable, qui rattrape un "Lavender" pas très convaincant. À ce stade, tous les guests ont participé sur deux titres et désormais débute ce que j'appellerais « la foire ». "The Scarecrow" passe toujours puisque cette composition est clairement inscrite au panthéon des créations de Sammet, mais là encore, Lande fait plus figure de touriste qu'autre chose. Tobias prend alors une petite pause pour laisser ses guests assurer le show, ce qui est pour ma part une mauvaise idée tant il n'y a plus de ligne directrice dans le jeu de scène des protagonistes. La rythmée et tubesque "Promised Land" est noyée dans un jeu scénique entre Martin et Lande complètement ridicule. Même Geoff ne me sortira pas de ma stupeur, sur l'interprétation de "Twisted Mind". À ce moment je décroche, complètement abasourdi par l'absence de fil directeur. Tobias revient alors sur scène et envoie un "Avantasia"qui fait plaisir à toute la foule, puis, mon morceau favori de Ghostligts, l'épique "Let the Storm Descent Upon You", où Ronnie fait enfin son retour (pour mon plus grand plaisir) afin de remettre un peu de metal et de heavy à ce show devenu au fil de la soirée davantage un spectacle qu'un concert avec en guise de petite surprise, son interprétation avec Sammet de "Master of the Pendulum", issu de Ghostlights et non jouée sur la précédente tournée. Le feu revient et ce titre dépote sur scène. Malheureusement l'enchaînement "Shelter From the Rain"-"Mystery of a Blood Red Rose"-"Lost In Space" a raison de moi et m'achève sur place, le choix de ces trois titres sans réel intérêt n'étant guère judicieux pour conclure un show de quasi trois heures (en comptant le rappel avec les classiques "Farewell" et le matchup "Sign of the Cross/The Seven Angels").

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J'en viens aux points négatifs. La durée du show. Oui, avoir trois heures de spectacle c'est « génial », sur la tournée précédente cela avait du sens puisque tous les epics avaient été exceptionnellement joués contrairement à ce soir où il a fallu combler. Et ce qui va suivre provient de ma seule réflexion. Tobias embarque ses guests sur la tournée, et pas des moindres: on comprend qu'il faut satisfaire les égos et leur laisser le même temps de passage. Tobias a le même égo (on va y revenir) de sorte qu'il se retrouve un peu pris à son propre piège en établissant des setlists à rallonge et surtout, hormis les extraits de sa dernière création, en y plaçant toujours les mêmes titres. Il n'y a quasiment jamais de place à la surprise dans les œuvres jouées, on retrouve inlassablement: "Reach Out for the Light", "Avantasia", "Farewell", "The Scarecrow", "Twisted Mind", "Shelter From the Rain", "Lost In Space", "Dying for an Angel", "The Story Ain't Over", "Promised Land" et le medley final. Alors oui la plupart sont excellentes mais a-t-on envie de les entendre à chaque concert d'Avantasia ? Le pire dans tout cela - et on en revient à l'égo du Sieur Tobias - est que ce dernier justifie la longueur du show à travers un speech qui, pour ma part, est insupportable à entendre à savoir, aux bout de deux heures de spectacle: « Paris, à n'importe quel autre concert auquel vous assisteriez, il serait temps de vous dire que c'est le dernier titre ce soir, je reviendrai bien sûr pour un rappel, mais ce soir c'est Avantasia et avec Avantasia on ne joue pas deux heures mais plus car on est comme ça ». Alors oui en première lecture c'est beau, c'est joli, mais ça témoigne surtout d'une suffisance et d'un manque de respect pour les autres formations (on lui explique que tous les groupes n'ont pas la capacité financière de réserver l'Olympia pour trois heures ?). Autre passage savoureux, la critique envers les maisons de disque à propos du choix des singles. Le brave Sammet aurait imposé "The Raven Child" comme premier single, titre de douze minutes, limite en nous faisant comprendre qu'il a dû pour ce faire lutter de toute ses forces. Il nous prend pour qui ? "The Raven Child" est un single promo, le vrai premier single avec clip et diffusion sur les ondes étant "Moonglow", titre d'à peine quatre minute et très « Nightwish-like ». Autant vous dire que cela vous gâche l'expérience d'une soirée et je passerai ses « Pariiiiiiiiiis, you are perfect, you are amazing » à la fin de chaque morceau.

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Cette soirée fut donc très particulière. Frôlant initialement la perfection avec un décor de rêve, un début de set exceptionnel, Ronnie Atkins et Geoff Tate au sommet, puis patatras. Show interminable, discours plus que limite, setlist ultra convenue, certains guests pas au niveau etc. Avec le recul, le sentiment lié à cette soirée est partagé: la joie d'y avoir assisté (merci à VeryShow pour l'accréditation) car Avantasia est Avantasia, mais aussi la crainte que le phénomène engendré par Tobias ne finisse par se retourner contre lui, hors de contrôle. Les choix de « Docteur Tobias et Mister Sammet » vont ces prochains mois être déterminants pour le futur d'Avantasia. J'en serai assurément témoin mais avec un œil encore plus critique après cette soirée mi-figue mi-raisin.





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