CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 16 juillet 2013




SETLIST

Spectres
Invoke the Machine (R. Atkins)
The Scarecrow (R. Atkins)
Prelude / Reach out for the Light (M. Kiske)
Avantasia (M. Kiske)
The Story Ain't Over (B. Catley)
The Great Mystery (B. Catley)
Dying for an Angel (E. Martin)
Twisted Mind (E. Martin / R. Atkins)
Farewell (A. Sommerville)
Shelter from the Rain (M. Kiske)
Lost in Space
Sign of the Cross / The Seven Angels (tous)

AFFILIÉ

Avantasia
Wacken (wacken)
(01 août 2008)
Paris - Olympia
(10 avril 2019)

21 juin 2013 - Hellfest


Avantasia_Hellfest_20130621

La sortie du running order, c'est toujours un moment décisif. C'est là qu'on commence à tirer des plans sur la comète, quand bien même on sait qu'il y aura forcément des modifications au gré des annulations ; c'est là qu'on a envie de hurler parce deux voire trois excellents groupes sont programmés en même temps ; et c'est là qu'on peste parce que tel groupe est placé trop bas et/ou se retrouve avec un temps de jeu trop court, comme Avantasia qui n'a droit qu'à une heure de jeu alors que les occasions de voir ce projet en live sont très rares. Mais heureusement, Tobi est un casse-couilles de première…

On imagine que la perspective de donner un show aussi court alors qu'il avait réuni une belle équipe ne devait guère l'enchanter. Résultat, assez rapidement dans le déroulement du show, on comprend que Tobi a réussi à négocier du rab' auprès de l'orga, car on le voit mal passer en force et outrepasser le couvre-feu. Et hop, 30 minutes en plus, rien que ça : youhou ! Par contre, comme Def Leppard a pris quelques libertés avec les horaires, comme le fait perfidement remarquer Sammet, on se retrouve avec un concert qui aura fini sur les coups 2h45 du matin. Quand on est sur le site depuis 12h15, c'est un peu rude… Ceci dit, on n'aura pas vraiment vu le temps passer compte tenu de la très grande qualité du show. Dès le premier titre, là où Def Leppard donnait l'impression de 4 mecs jouant chacun de leur côté, Avantasia apparaît comme une véritable troupe avec une grosse envie de prendre du plaisir ensemble. En même temps, vu le lineup live, c'est un peu logique : l'inamovible tandem Sascha Paeth (guitare) / Miro (claviers) est de la partie, de même que Oliver Hartmann (guitare) et Amanda Sommerville (chœurs), qui ont fréquemment collaboré avec eux. L'autre choriste est Thomas Rettke, ex-chanteur d'Heaven's Gate… feu le groupe de Sascha Paeth. Le batteur ? Felix Bohnke, le batteur d'Edguy (faut-il le préciser ?). Quant au bassiste, que Tobi a présenté de la façon habituelle pour un bassiste metal (« On the bass guitar… the bass player ! ») j'ai bouffé son nom. En tout cas, vous l'aurez compris, tout ça c'est la famille et cette tournée ressemble fort à une virée entre potes.
L'un des points forts d'Avantasia, c'est le soin apporté aux chœurs, qui sonnent toujours de façon massive. On était donc curieux de voir ce que cela allait donner en live… et on n'a pas été déçus ! Sur "Spectres", titre d'ouverture chanté uniquement par Sammet (seul titre dans ce cas avec "Lost in Space"), le refrain est une véritable explosion. Il faut dire qu'avec 2 choristes de cette trempe, plus Oliver Hartmann qui a débuté sa carrière en tant que chanteur dans At Vance, y a du niveau. On regrette même que faute de temps, Thomas Rettke n'ait pas pu chanter de titre en lead (sur cette tournée, le bonhomme reprend les parties de Ripper sur "Scales of Justice"), car il a une sacrée voix ! Mais bon, festival oblige, la setlist ne comprend "que" 15 titres et il faut bien faire des choix… et priorité aux guests ! Le défilé de chanteurs commence avec l'arrivée de Ronnie Atkins pour "Invoke the Machine", autre morceau tiré du nouvel album. Et comme en studio, le Danois joue sur un registre bien plus agressif que Tobi et leurs deux voix se complètent à merveille. L'opposition de styles se retrouve aussi au niveau du look, entre un Tobi tout mimi avec son chapeau et son écharpe et Atkins en mode vieux de la vieille avec son perfecto. Ce dernier prolonge son séjour sur scène pour interpréter "The Scarecrow", où il assure le job sans pour autant faire oublier Jorn, ni vocalement, ni dans la complicité avec Sammet – entre ego surdimensionnés, on se comprend. Ceci dit, le vocaliste des Pretty Maids prend son rôle très à cœur et n'hésite pas à faire participer le public.
Miro interprète alors "Prelude"… et arrive le moment que tout le monde attend : l'entrée en scène du King, alias Michael Kiske. Qui d'autre que lui pour chanter "Reach Out For The Light", qui nous rappelle qu'avant de donner dans le hard rock / heavy mélodique pompeux, Avantasia avait débuté comme un groupe de speed mélodique à la Helloween ? Et si sa voix aiguë est moins mise en valeur sur "Avantasia", ce titre reste un sacré tube ! En dépit d'un jeu de scène déroutant, puisqu'il passe son temps à marcher de droite à gauche sans trop s'intéresser au public, on sent que Kiske s'entend très bien avec Sascha Paeth et Amanda Somerville, avec qui il n'arrête pas de déconner ! Bob Catley prend le relais pour interpréter le méconnu "The Story Ain't Over", puis le pavé "The Great Mystery", pas beaucoup plus convaincante sur scène que sur album. L'arrivée d'Eric Martin redynamise le show, puisqu'il arrive non pas pour la récente ballade "What's Left of Me", mais pour un autre hit, "Dying for an Angel", où il remplace Klaus Meine. Tobi lui fait un accueil chaleureux en le présentant comme un chanteur extraordinaire avec une voix magnifique, et il ne ment pas le bougre ! C'est même assez sympa de le voir s'éclater comme un gamin à plus de 50 ans ! "Twisted Mind" nous donne l'occasion de l'entendre dans un registre plus heavy, assez loin de son style habituel, et il s'en sort à merveille sur ce duo avec… Ronnie Atkins, puisque ce titre est le moment choisi par Sammet pour s'octroyer une pause nécessaire étant donné le niveau d'exigence de la plupart des titres.
Mine de rien, l'horloge tourne et on sent bien que le show est plus proche de la fin que du début. Amanda Somerville, qui ne ménage pas sa peine et qui agite sa crinière blonde platine depuis le début du set, a enfin le droit à son quart d'heure de gloire sur "Farewell". Encore un petit coup de Kiske avec "Shelter from the Rain", sur lequel on aura surtout entendu la double pédale de Felix Bohnke, et on entre dans la dernière ligne droite. Jusque là, Tobi-le-comique avait été plutôt discret, mais le naturel revient au galop : faisant mine d'être un peu paumé dans la setlist, Amanda Somerville lui dit que c'est l'heure du hit, alors il enchaîne : « c'est notre hit, le seul single ayant atteint le Top 10 et qui nous a rendu riche ! ». « This is not a Hellfest song » : c'est bien sûr la poppy "Lost in Space", qui marche toujours aussi fort en live. Ensuite une bonne et une mauvaise nouvelle : « la mauvaise, c'est que c'est notre dernière chanson… mais la bonne, c'est que c'est pas une chanson de merde ! » En effet, puisqu'il s'agit de "Sign of the Cross" auquel s'ajoute pour l'occasion le refrain de "The Seven Angels", un medley un peu frustrant puisque ces 2 titres ont dû être condensés en à peine 5 minutes. Rageant… S'agissant du final, tous les guests reviennent sur scène par l'escalier situé derrière la batterie, ce qui permet à Tobi de les présenter une nouvelle fois au public pour une dernière ovation (surtout Kiske d'ailleurs). En les voyant ainsi alignés, avec un Anglais, un Américain, un Allemand et un Danois, on se dit que ça ressemble à ça, l'internationale du heavy !


Pour arriver au bout de ce show achevé vers 2h45 du matin, il aura fallu résister à la fatigue, au froid et à un show complet de Def Leppard, mais ça valait le coup ! Le heavy mégalo (Ainsi parlait Zarathoustra – ou 2001 Odyssée de l'Espace – en intro, quand même…) de Tobias Sammet se transpose parfaitement sur scène, surtout avec une troupe aussi soudée. Même les guests récents comme Ronnie Atlkins ou Eric Martin semblent connaître les autres depuis toujours ! Au final, un seul regret : que la série de concerts du mois d'avril, avec ses shows de quasiment 3 heures, se soit cantonnée à l'Allemagne… We want more !


(crédits photo : Christophe Ochal de Metalchroniques)


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