CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 06 avril 2008




SETLIST

Carved in Stone
Drop Dead
Under Control
Soundchaser
Days of December
Refuge
Lord of the Flies
Dies Irae
Beauty
One More Time
Lost in the Void
No Regrets
Solo Smolski
Unity
Down
Set this World on Fire
Long Hard Road / Higher than the Sky / Don't You Fear the Winter

Rappels :
Open my Grave
Straight to Hell

AFFILIÉ

Rage
Wacken
(04 août 2007)
Lyon - Transbordeur
(17 avril 2006)

02 avril 2008 - Paris - Nouveau Casino


Rage_Paris_-_Nouveau_Casino_20080402

Quasiment 25 ans après ses débuts et après la sortie de Carved In Stone (chronique ici voilà Rage réduit à se produire au Nouveau Casino, une salle minuscule qu'il ne parvient même pas à remplir. Voilà une situation qui aurait attristé plus d'un musicien, mais que Peavy Wagner semble prendre avec philosophie. Et les événements ne sauraient lui donner tort puisque visiblement, les 200 fans (environ) qui ont fait le déplacement avaient très envie de partager un grand moment avec le groupe. Un concert intimiste d'un groupe de ce calibre, ça n'arrive pas tous les jours…

Avant cela, il aura fallu patienter le temps des prestations des 2 premières parties. Tout d'abord, un groupe russe totalement inconnu du nom de Freakozaks que votre serviteur aura manqué, lui qui avait bien besoin d'une bonne bière pour se remettre de ses émotions nées de sa rencontre avec Peavy Wagner. Ensuite, les Autrichiens d'Edenbridge et leur metal symphonique, un choix assez étrange et pas franchement du goût du public. Il est toujours étonnant de voir un groupe de ce genre se produire sans claviériste, puisque les orchestrations semblent débouler de nulle part, comme par enchantement. Remarquez, vu l'exiguïté de la scène, on ne voit pas comment on aurait pu ajouter un autre membre, les musiciens ayant déjà bien du mal à se déplacer comme ça ! À l'évidence, hormis sur quelques titres comme "Shine" ou "Evermore", les Autrichiens ne se seront pas montrés très convaincants ce soir. Seules les mimiques d'un bassiste aux allures de savant fou auront donné un peu d'intérêt à cette prestation, qui aura laissé le public dramatiquement amorphe.

Peu importe finalement, car le public est venu uniquement pour Rage, et il va en avoir pour son argent. Fidèles à leurs bonnes habitudes de vieux routards, Peavy et sa horde entament leur set pied au plancher, toujours avec cette bonne humeur si communicative. Avant tout, Rage est là pour défendre les couleurs de son dernier opus Carved in Stone, puisque pas moins de 6 titres sur les 10 que compte l'album seront finalement interprétés. Le show débute ainsi par les 2 premiers morceaux de l'album, "Carved in Stone" et "Drop Dead". Tout à fait le genre de titres qui, en situation live, viennent prouver que la filiation de cet album avec le glorieux Unity n'est pas usurpée. On notera que sur un plan plus général, Rage rechigne toujours autant à revisiter son passé plus ancien. Malgré l'invitation de Peavy à écouter « some old stuff » en intro de l'inattendu "Under Control", seuls 3 titres (expédiés d'ailleurs dès la première demi-heure) sont antérieurs à l'arrivée de Victor Smolski dans les rangs de Rage. Sur une vingtaine prévue au programme, voilà qui fait assez peu, et c'est assez dommage puisqu'un titre comme "Refuge" s'avère être un des meilleurs moments du concert.

Voir Rage en live, c'est aussi assister à une certaine vision du heavy metal. Plutôt que de s'embarrasser de 2 gratteux et de se heurter au sempiternel problème de mixage des guitares, Rage nous propose de revenir à l'expression la plus fondamentale du rock : le fameux trio guitare / basse / batterie. Surtout qu'avec un bassiste comme Peavy, qui remplit parfaitement l'espace sonore, Victor Smolski peut donner libre cours à ses penchants coupables pour le shred, et nous en coller plein la vue avec ses soli abracadabrantesques. La complicité entre ces 2 grands musiciens est évidente, et constitue un des atouts du show. Le troisième gaillard n'est pas en reste : le nouveau batteur Andre Hilgers semble parfaitement intégré, et son jeu très heavy contribue à l'impression générale de puissance qui se dégage de la prestation de Rage. Cette forme d'expression n'est rompue que le temps de 2 titres. En effet, sur "Lord of the Flies" et "Dies Irae", le trio est rejoint par la chanteuse Jen Majura, vêtue de la même tenue délicieusement gothique que dans le clip du premier nommé. Celle-ci réussit le tour de force de se faire entendre à côté de l'ogre Peavy, et nous fait profiter d'un joli brin de voix et d'une présence scénique déjà bien affirmée.

Les titres défilent alors, alternant confirmations et surprises. Dans la première catégorie, la preuve ultime que Unity est bien l'album le plus efficace de Rage, avec un enchaînement "Down" / "Set This World on Fire" pas piqué des vers. Egalement, le fait que "Lost in the Void" est une des compos les plus taillées pour le live de Carved in Stone, et qu'elle sera probablement appelée à être rejouée dans un futur proche. Au rayon de la seconde, la présence inattendue et en intégralité de "Unity", cet instrumental progressif de près de 10 minutes, mais aussi et surtout la quasi-éviction de "Higher Than the Sky". En effet, cette institution, véritable hymne du groupe habituellement joué en rappel, se retrouve cette fois partiellement inséré dans "Long Hard Road", juste le temps de faire chanter un peu le public (de même que le refrain de "Don't Fear the Winter"). Une véritable révolution ! Du coup, il faut bien choisir un nouveau titre pour boucler ce set, et c'est donc sur "Straight to Hell" (« une chanson très populaire en Allemagne », dixit Smolski) et son riff de mammouth que Rage a choisi de mettre un point final à cet excellent show.


Au terme d'une prestation de près d'1 heure 50 menée tambour battant, c'est sous une ovation largement méritée que Rage finit par quitter la scène, visiblement ravi de ce succès d'estime. Comme le veut ce célèbre aphorisme, les absents ont toujours tort, car cette date parisienne valait largement la peine d'être vécue. Un groupe souriant et généreux, un public réactif et un cadre chaleureux : on en redemande ! Et dès l'année prochaine pour les 25 ans du groupe !


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