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CHRONIQUE PAR ...

107
Archaic Prayer
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 14/20

LINE UP

-Renate Knaup
(chant+tambourin)

-Christian "Shrat" Thiele
(chant+violon+bongos)

-Christoph "Chris" Karrer
(chant+guitare+saxophone)

-John Weinzierl
(guitare+guitare+basse)

-Dave Anderson
(basse)

-Dieter Serfas
(batterie+cymbales électriques)

-Peter Leopold
(batterie)

-Falk Rogner
(orgue)>

Ont participé à l'enregistrement :

-Holger Trülzsch
(tambours turcs)

-Christian Borchard
(vibraphone)

TRACKLIST

1) Kanaan
2) Dem Guten, Schönen, Wahren
3) Luzifers Ghilom
4) Henriette Krötenschwanz
5) Phallus Dei

DISCOGRAPHIE

Phallus Dei (1969)

Amon Düül II - Phallus Dei
(1969) - psychédélique space rock oriental - Label : Liberty Records



En 1969, la contre-culture et le mouvement hippie se font torpiller. Les États-Unis sombrent dans l'angoisse et la violence avec des menaces de guerre civile et le massacre de Sharon Tate par les esclaves défoncés de Charles Manson. En Angleterre, les Beatles se supportent de moins en moins et les Rolling Stones perdent leur grand membre et électron libre Brian Jones. Avec le renouveau de la pop, il faudra choisir son camp : rentrer dans le rang ou persister. En Allemagne, la plupart des groupes commenceront à faire le second choix, mais d'autres décident de ne pas choisir, et de tenter une troisième approche. C'est ce que fera Amon Düül II, formation pop-rock issue d'une scission avec une communauté hippie-politique-happening nommée Amon Düül (I).

Formé par les frères Leopold, Ulrich et Peter, cette communauté de joyeux drilles, les poches vides de billets et la tête dans le cosmos, entreprennent de secouer la scène culturelle allemande, réticente aux révolutions sonores fomentées en Angleterre ou aux États-Unis. Fort heureusement, la contestation du passé nazi d'une partie de l'administration du pays va permettre l'émergence d'une vraie scène qui, contrairement à la France, va presque se fédéraliser et mieux se faire remarquer. Amon Düül II va ainsi prendre les seuls musiciens un minimum compétents du collectif et déployer un répertoire plus travaillé. Le premier résultat parait en 1969 sous le nom de Phallus Dei. Catalogué par les journaliste de croisement entre Pink Floyd et le Velvet Underground, l'album, à l'écoute, dément ce rapprochement facile. Des Anglais, ils ne gardent que le son vaporeux, hanté presque sur "Henriette Krötenschwanz" et "Dem Guten, Schönen, Wahren" - la composition est déjà différente. Avec les Américains, il n'y a aucun rapport. Il serait plus judicieux de regarder du côté du psychédélisme le plus convaincant, comme Jefferson Airplane, ou des expérimentations sonores comme chez Silver Apples.
Non, c'est sur le morceau-titre que la musique teutonne va prendre son envol. À dire vrai, Pink Floyd influence un peu plus le groupe sur cette plage de vingt minutes. Mais il n'est toujours pas question de grosses similitude. Il ne s'agit ni du groupe de Syd Barrett, ni même post-Barrett, mais de la période de transition, entre pop psychédélique et space rock avant l'heure avec A Saucerful of Secrets. Pour le reste, Leopold, Karrer et Knaup vont apporter tout ce qu'ils ont pu tirer du collectif d'happenings et des quelques influence de la contre-culture, la principale restant l'influence de la musique orientale. Dépassant "Set the Controls for the Heart of the Sun", le groupe opte pour une rythmique tribale, vague émulsion de la musique du Proche-Orient et bien sûr de l'Inde, comme l’exigeait le courant de l'époque. Il est aussi possible de citer les troubles sonores épars comme "Well of Destiny" des Pretty Things, courte orgie mystérieuse d'harmoniques acides et de trifouillages à l’orgue Farfisa. Plutôt qu'un bête plagiat des courants anglo-saxons, c'est un véritable syncrétisme musical qui est à l’œuvre. La fin de la encore trop longue plage, elle, annonce les voyages new age à venir, en particulier sur le double album Yeti.
Cela peut être constant avec le courant allemand, mais il faut s'attarder sur les rééditions. Cet album a la particularité d'avoir fait l'objet de deux rééditions différentes La première re-masterisation, en 2001, est agrémentée de plusieurs titres bonus qui renforcent involontairement la ressemblance avec Pink Floyd. En quatre parties, "Freak Out Requiem" n'est pas sans rappeler la contribution tordue mais cohérente de Richard Wright à Ummagumma, "Sysyphus", mais est moins intéressante et "Cymbals in the End" est ridiculement courte. Mieux vaut se rabattre sur la réédition de 2006, avec deux titres de dix minutes chacun. Si on peut faire l'impasse sur "I Want the Sun to Shine", il n'en est pas de même pour "Touchmaphal", fusion convaincante de pop et de musique indienne, captant l'aspect mantra envoutant, avec ce qui sera la carte maitresse du groupe, la chanteuse Renate Knaup, version hallucinée de Grace Slick.


En cette année extra-terrestre en terme musical, Amon Düül II ne démérite pas trop pour le départ de la scène allemande. Les quelques influences extérieures disparaitront très vite, et avec les autres groupes disséminés à travers toute la République fédérale allemande, cette scène va vite imposer une façon de faire. Elle ne s'appelle pas encore krautrock, refuse d'ailleurs cette appellation, mais pour l'heure, peut se vanter d'avoir à la fois refusé de se complaire dans les happenings vains et céder à la facilité des modèles, où si ça marche pour certains, ça marchera forcément pour d'autres. La Troisième Voie de la musique populaire arrive.




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