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CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2022
Sa note : 13/20

LINE UP

-Sur
(chant)

-Rgrd
(guitare+violon+accordéon+claviers+basse+batterie)

TRACKLIST

1) Entropie
2) Aspiration à l’absolu
3) Augoeides
4) Sleepingstatic
5) Transitions
6) Muscarum

DISCOGRAPHIE

Beyond Ratio (2022)

Swampborn - Beyond Ratio
(2022) - black metal - Label : Hypnotic Dirge



Swampborn, né dans les marais, pas mal comme patronyme. Ça marque bien son territoire, identité forte tout en restant classiquement metal. Ça change d’un Black Blackened Death. On sent l’idée qui sous-tend. Sous-tension, on espère bien ne pas devoir y faire face. Mais des Russes qui parlent français, tout de suite on pense à Daniil Medvedev et ça rassure.

En terme musicaux on se positionne clairement sur du black metal avec de légères réminiscences de death. J’ai envie de dire à la russe. Je m’explique. C’est bien enregistré avec notamment une batterie imposante, c’est mélodique et épique avec des accents de Arkona en moins pagan/folk ou un Grima en moins forestier. Mais on touche au même type de registre, ça envoie clairement sans déverser dans la démesure. Avec des aspirations à une grandeur tutoyant la grandiloquence, toujours sans basculer dans le mielleux. Sauf que, et il est probable qu’en tuant aussi vite le suspense beaucoup seront encouragés à arrêter la lecture de cette chronique fissa, le tutoiement est plus poussé, trop poussé contrairement aux deux aînés. Armé d’une production étonnamment puissante pour un premier album, Swampborn trébuche sur la ligne de crête en s’arrêtant à la puissance pure en mettant en sourdine l’émotion. De même dans ses compositions précisément léchées à l’extrême qui ne laissent aucune place au hasard voire à la découverte (effet Ne Obliscaris ? Dont on retrouvera l’esprit sur des passages de violons, "Sleepingstatic", ou des riffs, "Transitions").
Un groupe qui veut trop bien faire, c’est con. C’est aussi une histoire classique. C’est d’autant plus dommage qu’on sent les Russes en avoir gros sur la patate (prenez le monumental début de "Transitions"), capables de formuler des moments d’évocation extrême, de connivences avec les cieux pour nous rapprocher de toi mon dieu sans foi ni loi. Problème, il le fait avec un prosélytisme dégradant par son ostentation. La subtilité est la grande absente des débats et toutes les trompettes, violons, accordéon et autres instruments n’y feront rien. Cela manque de simplicité, non pas dans les compositions forcément ou instrumentalement, mais dans les couches de maquillage. C’est la différence entre la dindonne à gros pâtés et la bombasse subtilement aguicheuse par son fard à la lisière du visible. Non pas que Beyond Ratio soit un album grossier, mais il s’impose avec tellement peu d’indulgence à notre libre-arbitre que c’en est gênant. Alors je suis conscient que c’est le genre d’écueil que beaucoup peuvent considérer comme une force (et ils pourront hausser la note de deux bons points aisément), seulement pour moi humble chroniqueur tout-pensant, voilà un péché d’hubris.


Beyond Ratio ou le coup de Trafalgar manqué. Le groupe aurait dû s’imposer comme une des révélations black metal de l’année. Il se contentera de la mention « à confirmer pour un deuxième album ». Deuxième album que l’on espèrera plus à l’image de ses compatriotes : fin. Avec des nuances, de la place à l’imagination. Du grain. Et, oui, des imperfections.





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