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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 01 septembre 2022
Sa note : 11/20

LINE UP

-Björn "B." Fratzer
(chant+basse)

-Christian "C." Eichberger
(guitare)

-Tenebriz
(batterie)

-Dennis "Daementhor" Thiele
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-Thomas "Tom Angelripper" Such
(chœurs)

TRACKLIST

1) Intro
2) We Deny Thy Name
3) The Portal
4) Into the Golden Valley
5) Ketzer Realm
6) Sathanas Grand Victoria
7) Adjuration of the Elder Gods
8) Entsage Gott
9) The Warlock’s Curse

DISCOGRAPHIE


Pestlegion - Sathanas Grand Victoria
(2022) - black metal - Label : Osmose



Pestlegion, Sathanas blabla etc… tout le monde aura compris de quoi il s’agit. On ne peut pas dire que les Allemands cherchent à cacher leur jeu, et encore moins à faire preuve de finesse. La pochette est du même acabit, noire et blanche mais heureusement jolie, tout comme les photos promo grimées de rigueur. Bref, la subtilité d’un rhinocéros supporteur de foot.

Rassurez-vous, musicalement on garde le niveau. Blasts à fond, chant ultra raclé à la Impiety, riffs sans délicatesse. Que dire de tout cela dès lors ? Tout d’abord le groupe ne joue pas, fort heureusement, au concours du plus rapide et du plus violent. Il sait incorporer dans sa mixture de nombreuses plages mid tempo. Cela permet de ressentir d’autant la puissance des blasts. Sans toutefois faire montre d’un quelconque raffinement. Le batteur tape comme une mule en permanence et les accords de guitare parfois seulement égrainés rappellent furieusement De Mysteriis Dom Sathanas (tiens tiens, coïncidence ?). Le chant maintient la direction avec autant de variation que les émotions faciales de Ben Affleck. On hurle tout le temps, toujours à fond et on emmerde les autres. De menues originalités, peut-être ? Évidemment non.
Car musicalement on s’épanche en plein dans les années quatre-vingt dix. Tapez dans le Marduk de Panzer Division Marduk, dans Dark Funeral version Diabolis Interium (ok, on déborde sur le début deux mille) et également du Impiety en mode Asateerul Awaleen. Bref des références déjà pas foncièrement pieuses dans leur originalité à la base (ni leur subtilité, bien qu’elles soient capables d’aérer leur musique). Si on considère qu’on traite d’une entité qui s’en inspire, fatalement les compositions ne peuvent pas respirer la personnalité et l’unicité. Alors on admet. On admet que Sathanas Grand Victoria (même le titre de l’album et des chansons puent le réchauffé) n’a d’autre vocation que celle de contenter l’érudit des années passées et qui ne souhaite rien tant que replonger dans ses souvenirs.
Problème, quitte à se retourner dans les décennies lointaines, autant le faire avec les originaux dont le talent pour la trouvaille du riff glacé est plus grand. Finalement, la maigre porte de sortie de Pestlegion réside dans son enveloppe sonore. Assurée (et fièrement mise en avant par le texte promo) par rien de moins que le batteur de Sodom Toni Merkel, elle dégage un certain sentiment de puissance. Mais aussi de déséquilibre. On sent le background de batteur du monsieur car la grosse caisse s’impose bien trop dans le mix au point de donner la sensation d’avoir sa vie propre. Si vous voulez un avis personnel, c’est une faute de goût. Le reste du mix est correct, les guitares propres et froides, le chant bien fondu dans l’ensemble. On fait du black metal d’école en somme.


À l’heure du bilan, tout le monde aura compris qu’il s’agit d’une sortie fort peu notable. Correctement faite, elle ne peut prétendre à sortir du cercle restreint des amateurs noirs bloqués dans leur monomanie du black des années quatre-vingt dix. Pour tous les autres, c'est une de moins à guetter.





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