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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 26 novembre 2022
Sa note : 17/20

LINE UP

-Magnus Broström
(programmation)

-Pär Österberg
(programmation)

TRACKLIST

1) Black Expression
2) Experiment
3) An Underground Disease
4) Sick to the Bone
5) Sugar Baby
6) Endless Shore
7) Pandemonium
8) Walk Alone





DISCOGRAPHIE


Inside Treatment - Isolated Suburban Psychokillers In Coma
(1989) - electro - Label : Front Music Productions



Même pas peur. Forcément. Tout habitué de la scène metal extrême aura du mal à s’effrayer devant les tentatives plus ou moins réussies de certains vocalistes EBM de sonner dark. Donc non, même à l’époque, c’était « même pas peur ». Quoique…

Quoique. Isolated Suburban Psychokillers in Coma possède sa dose de venin et son ambiance pas franchement amicale. Même s’il fait partie de la légion des excellentes formations EBM tombées dans l’oubli, le défunt duo (scandinave ?) savait s'y prendre pour transformer les beats de Front 242 en quelque chose de plus froid, de plus lourd et de plus sournois. Le chant en question, même s’il ne glace pas le sang, permet, à l’instar de ce qu’a pu proposer Placebo Effect, de poser les bases d’une atmosphère amplifiée par la musique. Un EBM sombre donc, mais, contrairement au dark ambient, varié, voire surprenant. Si l’initial "Black Expression", au beat ultra-méga lourd, ne bouleverse pas le paysage musical electro, pas plus qu’ "Experiment", les choses un peu étonnantes commencent avec "An Undeground Disease", où le timbre vicieux du vocaliste unit les différentes pièces d’un titre étrange.
Les chœurs placés sur une musique mécanique y côtoient du beat chaloupé sorti de nulle part et un lead étrange rappelant quelque peu Laibach. Il s’agit sans nul doute du morceau le plus étrange de l’œuvre, mais Magnus et Pär ont prévu d’autres mini-surprises : le riff metal de "Sugar Baby", titre à la deuxième partie fort prenante, et la ballade très amère, et très belle, "Endless Shore". Le reste de l’album s’avère plus classique, mais on y entend des sonorités relativement variées là encore. Le désabusé "Sick to the Bone", aux cassures de rythme intéressantes, ou "Pandemonium", plus dancefloor, tout comme "Black Expression", font partie des nombreuses réussites de cet étrange Isolated Suburban Psychokillers… "Walk Alone", chanté de manière particulièrement rauque, et appuyé par des chœurs renforçant une sensation prononcée d’amertume, permet de finir de manière extrêmement satisfaisante un album vicieux, plein, riche, et surprenant. Du grand art.


Alors que certains groupes nous gavent avec une tonne d’informations qu’on n’a pas demandées, j’aurais bien aimé savoir ce que sont devenus les gars d’Inside Treatment ou au moins savoir qui, des deux compères, chante sur cet Isolated Suburban Psychokillers In Coma mémorable, amer et menaçant. Respect total à ces artistes perdus dans un anonymat absolument pas mérité.



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