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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 18 mai 2024
Sa note : 18/20

LINE UP

-Philippe "S.A.S. de l'Argillière" Courtois
(chant)

-Anthony Scémama
(guitare)

-Jean-Jacques Moréac
(basse)

-Gaël Féret
(batterie)

TRACKLIST

1) Mineral StyxMata
2) Resurrection of the Flesh
3) Bluwine (Lips of Doom)
4) Momentum of Regret
5) Zephyr Penitent
6) Scorpion's Bites
7) Giant Titan Mysteries
8) Macabrïeta
9) Maldoror
10) Rex Imperator Funeral
11) Spectrum Symphony
12) From Golgotha to Pandaemonium







DISCOGRAPHIE

Spleen Angel (2024)

Argile - Spleen Angel
(2024) - death metal doom metal gothique pfiou - Label : Holy records



- Mon amour ! Toi qui n’arrêtes pas de me cass… d’insister sur l’importance d’une peau saine, j’ai quelque chose pour toi ! Je t’ai préparé un bain d’…
- Un bain d’argile !
- Oui !
- Oh mon chéri, tu t’en es souvenu ? Qu’est-ce que je suis heureuse !
- Pas autant que moi…
La musique commence.
- Mais qu’est-ce que c’est que cette horreur ?
- Un bain d’Argile… exactement comme tu voulais ! Relax et enjoy ! Ça dure soixante-dix-sept minutes !


Ah ça, pour une immersion, c’est une immersion ! À croire que les quatre misanthropes composant Argile ont voulu compenser la très longue attente entre leur deuxième offrande, Monumental Monolith, et cette nouvelle sortie, en nous offrant plus d’une heure et quart de musique. Alors je vous vois venir : « un album aussi long, classé dans le doom, qui plus est, c’est la sieste garantie ! Une version métallique d’une étape de plat du Tour de France, hélicoptère et voix de Robert Chapatte inclus… » Eh bien détrompez-vous ! S’il y a bien une chose que cet album n’est pas, c’est monotone ! Qu’on puisse y trouver quelques longueurs se conçoit : lorsque l’auditeur, étourdi par la versatilité du début de l’album, termine l’étonnant "Macabrïeta" et se rend compte qu’il reste encore une demi-heure d’album à écouter, il peut logiquement être pris d’angoisse. Je veux le rassurer : l’ensemble du voyage vaut la peine, et s’il est vrai que certains titres passionnent un peu moins que d’autres - le très classique "Scorpion’s Bites" ou peut-être "Rex Imperator Funeral" - le doomster ayant osé explorer Spleen Angel en aura pour son argent, sans subir les affres de l'ennui. Et si, d’aventure, un chevelu non spécialiste du doom voulait se frotter à cette œuvre étonnante, il pourrait lui aussi y trouver son compte. Il lui suffira de ne pas être allergique au monde du gothic-doom-death théâtral, mais lorsqu’il réclamera sa dose d’agressivité, il sera servi. Spleen Angel est suffisamment velu et riffesque pour attirer du métalleux, du vrai.
Argile nous propose du bon vieux growl des familles et offre même, sur "Bluewine", quelques blast beats pas forcément attendus. Argile agrémente néanmoins cette solide base metal d’ingrédients moins communs et fort délectables. Le premier, la variété du chant. S.A.S. se montre particulièrement à son avantage, à tel point que je lui pardonne presque de m’avoir refourgué les albums de Lavra et Xerxes il y a plusieurs décennies. Growl, chant clair, chant drama-queen Rozzwilliamesque, il sonne juste à tout coup et contribue de manière très significative à la réussite de l’œuvre. Deuxième atout de l’œuvre : son incroyable versatilité musicale. Si, niveau rythme, Argile donne de manière presque constante dans le mid-tempo, chaque titre est une petite aventure en soi. Je n’évoquerai ici que "Monumentum of Regret" et ses délicieux dialogues chantés, "Giant Titan Mysteries" très Killing Joke, "Macabrïeta", sorte d’improbable interprétation darkwave du Samael époque Eternal, et l’exigeante mini-pièce symphonique "Spectrum Symphony", qui aurait pu être placée un peu plus tôt dans l’œuvre afin de faciliter la digestion auditive, mais tous les titres proposent de belles choses, même les plus sobres d'entre eux. Ce qui nous amène logiquement au troisième atout de l’œuvre - last but not least : la qualité de composition de l’ensemble. Spleen Angel trouve un équilibre parfait entre extravagance à la Echthirion, complexité des schémas musicaux et lisibilité de l’ensemble. Il ne me reste qu’à ôter mon chapeau et m’agenouiller bien bas devant le talent créatif de S.A.S. et sa troupe.


Dire que l’entreprise s’annonçait casse-gueule sur le papier tient de la litote. Un album doom-death d’une heure et quart DIGESTE ? Ça existe, ça ? Eh bien, oui ! Argile fait du bien à la peau et aux oreilles, et relève le monstrueux défi qu’il s’était proposé. Une des sorties de l’année, sans nul doute !



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