20069

CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 31 décembre 2025
Sa note : 17/20

LINE UP

-Sascha Brand
(chant)

-Marcel Schiborr
(tout le reste)

A participé à l’enregistrement :

-Saskia Dommisse
(chant sur “Blank Sheets” et "Dreifachmond")

TRACKLIST

1) Solitude of a Withering Leaf
2) Sunlight and Sorrow
3) Komm und brenne
4) Blank Sheets (Bel Canto cover)
5) Rastlos
6) Marian (The Sisters of Mercy cover)
7) Dreifachmond
8) Endless Night

DISCOGRAPHIE


Hraun - Within the Weeping Meadows
(2023) - black metal doom metal gothique improbable - Label : TeufelsZeug Records



J’aime bien les improbables. J’adoooore les improbables. Hraun est un de ces improbables tombé dans mes oreilles alors que je regardais dans les bas-fonds de la page Spotify d’un one man band russe à dix-sept auditeurs qui a pondu un titre absolument wineyardesque à faire dresser ma bite, titre que j’avais lui-même découvert de la même façon, dans d’autres bas-fonds un peu plus marécageux encore. Et le plus improbable dans tout cela, c’est que ce groupe s’est fendu d’une reprise des Sisters of Mercy dans leur album, et pas n’importe laquelle je vous prie : "Marian". Mon premier réflexe devant un tel constat, en général, c’est de me dire que cela pue du cul. Et puis, la curiosité pour l’odeur, certainement, m’a fait écouter. On a tous nos petites faiblesses inavouables, n’est-ce pas ? Que ceux qui n’ont jamais reniflé leur doigt après s’être gratouillé le séant me jettent la pierre…

Ma première écoute m’a laissé un peu dubitatif. J’ai décidé d’attendre le lendemain et mes trois heures de route en solo pour écouter plus en détail. Comme j’ai un très bon système audio dans la voiture, j’ai pu écouter à l’envi le beau timbre grave de Sascha Brand, ainsi que sa belle palette vocale. Un growl typé black/death pour commencer sur "Solitude of a Withering Leaf”, titre qui devient plus lumineux et intéressant quand arrive la voix claire. C’est d’ailleurs ce titre qui m’avait laissé un sentiment me poussant à revenir défricher le reste. Les matières vocale, mélodique et musicale étaient là, restait à comprendre si elles s’accroîtraient ou resteraient anonymes. "Sunlight and Sorrow" m’a alors sorti du black/death pour rentrer dans un doom gothique très plaisant, dévoilant un grave très chaud bien qu’un peu maniéré (les finales en soupir sont un peu « moyennes », question de goût cela dit). "Komm und brenne” dévoile ensuite un growl totalement black, qui, dans cette ambiance gothique m’a rappelé combien j’avais aimé le Seasons d’Evereve en 1996. "Rastlos", qui ondule sur ce tournant gothique black pris par l’album, en usant d’une voix grave un peu lyrique annonce une seconde moitié d’album absolument délectable pour qui aime le style. "Dreifachmond" et sa voix féminine ancre encore plus le groupe dans ce genre, quand "Endless Night" introduit une petite touche électro (j’ai cru entendre Martin Gore au début sur certaines intonations). La succession de ces quatre derniers titres est vraiment inattendue, non-immédiate, et pour le coup superbe.
Il est enfin temps de discuter des « covers ». Je voulais garder cela pour la deuxième partie pour éviter de perdre le fil. Première reprise, "Blank Sheets", originellement du groupe electro pop Bel Canto à la fin des eighties. Je suis allé écouter l’original par curiosité, et je dois avouer que Hraun a fait un vrai dépoussiérage : l’original est charmant mais un peu vieillot, les quelques touches de metal discrètes rajoutées font leur effet, sans qu’il ne soit nécessaire de se retourner dans son lit. Seconde reprise, "Marian". LE casse-gueule, pour moi qui suis un aficionado de ce titre des Sisters of Mercy, sans être intégriste ni sectaire pour autant. La reprise, c’est un exercice très difficile et vraiment très risqué. Il faut savoir surfer sur le respect de l’original sans en faire une pâle copie, c’est un travail d’équilibriste sans filet. C’est pourquoi j’aime assez l’idée d’emmener ailleurs un titre iconique, à partir du moment où le sens est respecté. Par exemple, "In Power We Entrust the Love Advocated" par The Gathering est merveilleux, et je le préfère même à l’original (de Dead Can Dance), sentimentalement s’entend. La mélodie est respectée, l’humeur également, mais emmenée ailleurs, dans l’univers d’Anneke, avec une orchestration différente. "Ne me quitte pas" repris en rythme salsa, en revanche, c’est insupportable, réellement mauvais pour moi. La salsa c’est dansant, c’est joyeux, c’est donc à l’opposé des paroles d’un gars qui rampe d’amour prêt à devenir inexistant et faire l’impossible pour qu’on ne le quitte pas. Un peu comme si on vous annonçait le décès de votre mère sur l’air de "La danse des canards", cela n’aurait aucune allure, comme le disait François Damiens à son cochon dans Dikkenek.
J’ai écouté beaucoup de reprises de "Marian", dont la plupart sont nulles ou sans intérêt, à part, jusque-là, deux d’entre elles. Celle de Wayne Hussey en 2016 en quasi-synthé/voix est magnifique (d’un côté, il en avait composé la musique à l’origine, Eldritch ayant posé les paroles), et celle de Dim Aura en 2017. Cette dernière est plus controversable, c’est du pur black metal, mais là encore, pas de contresens et le respect de l’original est présent, donc pour moi cela a marché parce qu’aussi très black metal dans l’esprit. « Bon alors, il accouche le vieux, elle est comment celle de Hraun, hein ? ». Elle est bien, sincèrement. Le tempo est ralenti, doomisé, et metallisé, la voix est basse (pas autant qu’Eldritch bien sûr), il y a quelques touches personnelles musicales et variations infimes en fond qui amènent quelque chose, et un peu de growl sur la toute fin (il en aurait fallu plus à mon sens).


Je vous l’avais dit que c’était improbable. Déjà, réussir à reprendre les Sisters, c’est improbable (« réussir » dans le sens « bravo »). Que je tombe dessus c’est encore plus improbable. Que je persévère au point d’aimer, c’est carrément miraculeux avec tout ce que j’ai à écouter en ce moment, d’autant que ce qui m’a aspiré est sur la deuxième moitié de Within the Weeping Meadows, fallait-il que j’y parvienne. Cela doit être la magie de Noël, l’alignement des planètes, l’Armageddon qui arrive. Mais avant cela, je ne vais pas bouder mon plaisir coupable, et les quelques petits défauts détectés sont tellement insignifiants qu’ils en arrivent même à donner un certain charme naïf… Et puis cette transmission de pensée vers Evereve m’a transi, c’était étonnant et plutôt plaisant.





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