20166

CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 05 avril 2026
Sa note : 18/20

LINE UP

-Natalia Terekhina
(chant)

-Dmitrij "Yaromir" Gruzdev
(chant)

-Ilya "Morok" Karzov
(guitare+claviers+basse+batterie)

-Dmitry Terekhin
(guitare)

-Denis "Pustosvyat" Mikulsky
(guitare)

-Oleg Peresvet
(basse)

-Vladimir Chepovsky
(batterie)

TRACKLIST

1) Кукушечка
2) Сторонушка
3) Дороженька
4) Поминай
5) И скоро ль свет
6) Не мир, но меч

DISCOGRAPHIE

Vo Skorbyah (2007)
Neumolimoye (2024)

Vo Skorbyah - Neumolimoye
(2024) - doom metal folk - Label : More Hate Production



Quand j’ai découvert Во Скорбях (Vo Skorbyah) et son album éponyme de 2007, je n’étais pas prêt. Pas du tout même, à tel point que je me suis complètement fait absorber par mon ressenti, mix d’étonnement et d’amour pour une chose musicale que je n’imaginais pas exister. Ce fut ma découverte du folk russe mêlé au metal. Et peut-être ma découverte du metal russe tout court, car je ne savais pas. La Russie est devenue pour moi un de mes pays métalliques préférés, avec un foisonnement de styles, de groupes de qualité, et je ne cesse d’en découvrir quand je m’y penche un peu. J’ai conscience que cette addiction m’est propre, mais je ne peux m’empêcher de penser à la partager, tout en me disant que j’ai tort, car c’est clivant. Il faut aimer la langue en version growlée et parlée, il faut également aimer son folklore musical particulier, et c’est un exercice de style peu évident. Pourtant, aucun autre folklore ne m’offre cette poésie mélancolique, froide et extrêmement douce à la fois.

La révélation eut lieu en 2021 ; je venais de découvrir l’album Во Скорбях, sorti en 2007, et me lamentais qu’il ne fût pas suivi ; je supposais qu’un groupe sans production depuis quatorze ans était probablement démembré. Quelle erreur, et quelle inattention : j’ai découvert seulement cette année qu’ils avaient sorti un album en 2024 : Неумолимое Neumolimoye ou « Inexorable » en français - allait occuper mes journées et soirées à doses raisonnables, pour le découvrir doucement, me réacclimater lentement, et cette fois mesurer tranquillement mes sentiments. J’ai mis du temps, car cela a changé. Mais qui ne change pas en dix-sept ans ? Le line-up est différent, mais les « maîtres » des lieux sont toujours là. Yaromir, Pustosvyat et Morok sont revenus aux affaires en 2021, et ont ramené des amis de leurs autres groupes, Опричь et le superbe Shexna, et semble-t-il, intronisé Natalia Terekhina dans le line-up officiel. Il y avait une Natalia en guest sur le précédent album, peut-être s’agit-il de la même avec dix-sept ans de plus ?
Qu’est-ce qui a changé dans la musique de Во Скорбях? Plusieurs choses à vrai dire. C’est moins folk, assez clairement, et plus doom, plus metal aussi. Fini le trafic du growl, fini la production de garage. Le growl est absolument abyssal, d’un gras et d’une profondeur que j’ai rarement connus, et je le trouve vraiment exceptionnel ("Сторонушка"), le growl du doom dans toute la splendeur espérée. La production est claire et lourde, tout à fait raccord avec le style. Il y a moins d’instruments folk et plus de guitares. Il y a moins de passages folk surannés, mais il subsiste toujours des temps folk chantés en clair (féminins et/ou masculins) très bien intégrés dans chacun des morceaux. Il y a plus de profondeur et de complexité dans ce nouvel opus, la mélancolie est toujours prégnante, et elle est plus claire ("Дороженька"). L’occurrence est moindre, mais l’intensité est plus forte. La dernière minute de "И скоро ль свет" est fascinante d’émotion froide folk, j’ai les poils à chaque putain de fois. J’ai mis du temps à réaliser combien Неумолимое avait poussé les limites de Во Скорбях plus loin encore. Bien sûr, j’ai été un peu dérangé par l’évolution, mais j’ai très vite retrouvé mon Во Скорбях au fil des écoutes, et ce regain de maturité, cette production plus classe m’ont happé vers l’abysse et j’ai succombé, sans résistance.


J’ai hésité à chroniquer cet album, parce que je ne suis pas assez « bon » pour lui rendre justice, et que c’est une lubie personnelle qui ne devrait toucher presque personne. Mais soyons clairs : j’adore Во Скорбях comme peu de groupes. Son doom pachydermique folk me ravit tous les jours que je l’écoute. Je n’arrive pas à déterminer comment leur musique arrive à me transpercer de la sorte, ni pourquoi. Plus j’écoute, plus je m’enfonce et moins mes idées sont claires. Pourquoi mes tripes sont-elles bouleversées par ça ? Je n’en ai absolument aucune idée, tout comme je ne sais pas pourquoi je trouve cet album d’une beauté rare. Mais j’ai envie d’y retourner, pas pour tenter vainement de comprendre, juste pour avoir ma dose, et après, je serai bien. Jusqu’au lendemain.



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