20199

CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 14 mai 2026
Sa note : 17/20

LINE UP

-Jon S. "Sgah'gahsowáh" Krieger
(chant+guitare+basse)

Ont participé à l'enregistrement :

-Randy Moore
(guitare sur 8)

-Neil Schneider
(batterie)

TRACKLIST

1) Autumnal Hearts Ablaze
2) The Spirit Returns
3) The Wolf That Guides the Hunters Hand
4) Spells of Moon and Earth
5) Moss Covered Bones on the Alter of the Moon
6) A Song of Death on the Winds of Dawn
7) Celestial Passage
8) Twilight Hymn of Ancient Blood
9) Sadness and the Passage of Time and Memory
10) A Fine Day To Die (Bathory cover)

DISCOGRAPHIE

II (2023)

Blackbraid - II
(2023) - black metal - Label : Autoproduction



La parole aux indiens. Je dirais même plus, aux Indiens. Ou les natifs. Un Mohawk en l’occurrence. La scène black metal folklorique des aborigènes US semble prendre son essor depuis quelques années, logique implacable quand on voit les raisons qui font de l’Europe une terre de black metal : traditions, passé, Nature. Tout ici se retrouve.

Après une intro "Autumnal Hearts Ablaze" terriblement acoustique ou les pincements des cordes et les vibrations harmoniques sont merveilleusement entendues, quasi exagérées tant elles emplissent l’espace du mix pour notre plus grand plaisir auditif, arrive l’heure des blasts, choses pour lesquelles n’est absolument pas timide l’unique instrumentiste Sgah'gahsowáh (la sorcière faucon en Mohawk). Coiffant une mélodie de tremolos saturés dans laquelle se sont fondus les arpèges de l’introduction, ils sont le signe avant-coureur des appels constants à Mère Nature, aux Ancêtres et à tout ce qui vit dans la terre des prédécesseurs de Sgah'gahsowáh.
La culture du sang, celui qui transmet les valeurs et attaches de génération en génération se trouve ici matérialisée dans un black metal mélodique hautement intègre, donnant une interprétation US enfin en miroir de celle venue d’Europe. Avec un passé profond rivalisant avec nos millénaires importés dans le Nouveau Monde. On peut dresser un parallèle avec des groupes comme Drudkh (et Hate Forest pour rester dans l'univers Saenko) aimant noyer leurs ambiances dans les mornes plaines battues par les vents ou les couvrir du tapis automnal (Autumnal ? Tiens tiens) des feuilles mortes rougeoyantes. Blackbraid rappelle également les travaux d’un Agalloch compatriote dans cette texture climatique prégnante, en bien plus noir et brutal cependant.
Car l’Indien né au Mexique et vivant dans l’État de New York dans les montagnes Adirondack s’est manifestement formé avec la musique des années quatre-vingt-dix parvenues par les ondes transatlantiques de Scandinavie. Inclus Bathory évidemment au vu de la reprise exécutée. Bien sûr, et pour notre plus grande joie, il en a tiré des conclusions différentes de ses ainés, mais indubitablement l’âme froide du grand nord se terre dans ses compositions. Tout autant que son histoire et son territoire, immense sceau apposé sur les chansons, riffs et mélodies qui troubleront votre quiétude d’individu citadin moderne. Sentez l’humus et le vent terreux humide. Ou le tumulte sec et poussiéreux des grands espaces. Bien sûr cela serait sans effet si le talent n’était pas là.
Et il l’est, si suspense il demeurait. Car chaque mélodie est une ode à la nostalgie méritoire et valorisée (tout autant qu’un culte à la Lune vu les titres des chansons). Point de fausse modestie et de misérabilisme des temps présents. On loue ce qui fut pour ouvrir des pistes dans ce qui est. En l’occurrence un chemin évanescent, parsemé de flûtes indigènes de plus bel effet, apte à capter toute notre attention vers un voyage dans les contrées rugissantes des indiens d’Amérique, ceux qui furent pillés, spoliés, violés et parqués. Le souffle de la révolte culturelle a pris son envol et Blackbraid est de ceux-là.


Pour nous Européens mordus de noir, le terreau est devenu fertile pour se retrouver et se comprendre avec les cousins d’Outre-Atlantique. Enfin, serais-je tenté de dire. Avec sa voix propre mais qui résonne en notre for intérieur, Sgah'gahsowáh a produit une superbe pièce de black mélodique.





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