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CHRONIQUE PAR ...
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 17 octobre 2026
Sa note :
17/20
LINE UP
-Yann Ruet
(chant+guitare+programmation)
-Alexandre "M." Manuse
(chœurs+guitare)
-Sylvain Grenard
(basse)
TRACKLIST
1)
L’encre et la plume
2)
Erythème
3)
Le baptistère
DISCOGRAPHIE
La rumeur des chaînes (EP)
(2005)
La rumeur des chaînes
- La rumeur des chaînes (EP)
(2005) -
black metal
jazz
- Label :
Independent
Au fond, qu’est-ce que la musique ? Une suite de notes organisées ? Le désir d’exprimer des idées(-aux) ? La quête artistique de la célébrité ? L’alliance du cœur et de la tête ? Aucune proposition n’est fondamentalement juste ni erronée au moment de chroniquer. Et
La rumeur des chaînes
fait se poser fortement la question.
Car 2005 et nous sommes en 2026. Car tout petit comité et introuvable, à quoi bon ? Car zéro suite, zéro groupe dérivé, zéro continuation de quelque ordre que ce soit. Re-à quoi bon ? En plus l’histoire n’est même pas tragique. Le groupe savoyard est arrivé à ma connaissance l’année de sa sortie par le truchement d’immenses hasards enchaînés. Pas d’algorithme à l’époque mais malgré tout des pistes fléchées et des balises çà et là. Un groupe français de black metal (ce qui en soit à l’époque est une curiosité qui se vaut en elle-même), savoyard même (plus curieux encore !). Qui malaxe le jazz, la tension monte dans la stratosphère. Et gratuit. Car oui, l’album était en libre disposition. Et devinez bien que je ne l’avais point pompé alors. Écouté sur YouTube seulement de mémoire (ou MySpace ? Ou autre ?). Le truc de mega-ultra-fantasmagori-niche.
Avance rapide de vingt-et-un ans. Des écoutes récurrentes, car remémorations régulières (tous les deux-trois ans), sans jamais pousser le vice à posséder. Mais quel chien que ce black jazz à boîte à rythme ! Difficile de croire qu’il est l’œuvre de trois gaillards perdus dans les montagnes n’ayant plus jamais signé quoique ce soit (peut-être hors metal ??). Un objet de légende. Et une boîte à rythme qui sonne incroyablement organique, d’autant plus en se plaçant dans un monde où la menace boîte à casseroles rôdait puissamment. Là, non. La programmation réussit parfaitement à rendre compte des caresses jazz qui pullulent dans une sortie sans frontière. Voilà du vrai black blasté, hurlé avec du vrai jazz poli de bar lounge. Un club de jazz qui entre en collision avec la cave moite. Un véritable miracle de l’underground qui laisse rêveur.
Ici réside l’explication de ce rêve jamais pleinement embrassé qui pourtant m’a poursuivi plus de vingt ans. Alors oui les moyens – déficients – s’entendent. Pour autant, rien de ridicule. Tout réside dans les compositions, l’incroyable "Erythème" en tête, dix minutes durant lesquelles aucun effort d’accessibilité n’est rendu à la nation.
Emperor
et
Cradle of Filth
sont dans la place pour la partie black. Le pire dans l’affaire c’est qu’ils sont techniquement au point, ces lascars. La maîtrise des changements de rythme, la capacité à passer du registre black à jazz en un tour de main. Évidemment des pianos et autres cuivres jalonnent le disque (qui pouvait encore en être un physique), les riffs tremolo ou les incantations langoureuses de guitare font mouche. Même la basse se permet une prestation digne d’intérêt ET audible. Capable de souligner les riffs tout comme s'émanciper dans des lignes propres. Le chant se contente du raclé black, fait avec l’agression attendue sans déborder des lignes.
Et donc voici 2026 année où j’acquiers (via téléchargement de la piste sonore YouTube…) ce petit bijou qui ne parlera pas à grand-monde. Ne cherchez pas à vous le procurer, vous ne pourrez pas. Mais pour une fois dans sa vie entendre "Erythème", soyez curieux. Et de répondre à la question initiale : la folie de l’émotion.
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