CHRONIQUE PAR ...

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Eudus
le 24 mai 2022




SETLIST

Zornheym :

Corpus Vile
Whom the Night Brings
A Silent God
Slumber Comes in Time
Black Nine
Hestia
Keep the Devil Away
Decessit Vita Patris
The Revelation
The Opposed

The Losts :

The Priests Control
Tattoo the Child
Until the End
Mystery of Depths
Inner Wounds
The Drug I miss
Write my Name in the Night
My Devil's Rising
The Sand War (May 1940)

AFFILIÉ

23 mai 2022 - La Brat'Cave (Lille)


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Comment bien commencer une semaine qui s’annonce maussade d’un point de vue météorologique ? Se rendre à un concert dans une petite salle locale, la Brat Cave, plus exactement. Et qui de mieux que les Suédois de Zornheym pour chauffer une salle, qui malheureusement se trouve désespérément vide, ce qui n’empêche pas les quelques spectateurs de passer une excellente soirée…

Mais tout d’abord, place à THE LOSTS, groupe dunkerquois à la solide réputation locale pour chauffer la vingtaine de personnes présentes ce soir. Officiant dans un dark metal assez heavy et emmené par Yann, vocaliste au profil très intéressant. Alternant entre une voix aigüe pouvant rappeler Bruce Dickinson par moment et voix plus grave, il délivre une performance remarquable, soutenue par les autres musiciens en back up (dont le batteur qui se chargera de quelques screams). Le quatuor délivre une prestation solide, malgré de nombreux problèmes techniques lors des balances. Les compositions, majoritairement issues de leur second et dernier album en date Mystery of Depths, sont parfaitement équilibrées (bien portées par des guitares omniprésentes), sombres de part leurs thèmes mais mises en lumière par la prestation vocale de Yann à l’image de la « ballade » "The Drug I Miss", très réussie, qui là encore n’est pas sans rappeler la Vierge de Fer. On retiendra également l’excellente "Tattoo the Child", moment préféré de votre serviteur. Au final une prestation solide et une belle découverte.
Place désormais à la tête d’affiche de la soirée Zornheym, groupe de black sympho mais qui se présente comme de l’extrême heavy metal, ce qui se tient plus ou moins du fait de la présence de solo dans les compositions. Les Suédois ont délivré l’an dernier leur second effort, plutôt bien reçu, The Zornheim Sleep Experiment. Le quatuor développe une imagerie conceptuelle autour de la folie, à l’image des artworks du combo et des textes. Et alors que les samples de l’intro de Corpus Vile résonnent, Bendler, le vocaliste, débarque en patient d’asile rappelant fortement l’épouvantail dans Batman, avec son masque et ses chaînes. La musique de ZORNHEYM se situe à mi-chemin entre du black sympho à la Dimmu Borgir et la scène suédoise plus portée sur la mélodie, n’en déplaise aux haters (private joke à destination de certains membres de notre communauté !). Si sur le dernier effort du combo, le mix me dérange laissant trop de place aux samples et desservait Bendler, c’est tout l’inverse ce soir, le vocaliste délivre une performance puissante et habitée, délivrant des grunts ravageurs et une voix claire, certes, moins maitrisée mais tout à fait en adéquation avec le ton des morceaux joués ce soir, à l’image de "Keep the Devil Away". Malgré une vingtaine de spectateurs présents pour eux ce soir, Zornheym délivre une prestation ravageuse, et semble prendre un grand plaisir à faire ses preuves. Côté musicien, si le batteur se plaint au fil du set d’un problème de retour, on note la bonne performance des guitaristes, en particulier Zorn, pourfendeur de solo ! Concernant les morceaux joués, les deux efforts du combo sont dignement représentés avec cinq titres chacun. Ceux du premier effort Where Hatred Dwells and Darkness Reigns sont les plus directs et bourrins (on pense à la surpuissante "A Silent God", ou encore "Whom the Night Brings") quand ceux de The Zornheim Sleep Experiment sont les plus « mélodiques » à l’image de l’excellente "Black Nine", qui a tout pour devenir un hit sur scène, "Slumber Comes in Time" ou "Keep the Devil Away". Zornheym conclut sa performance avec leur tout premier titre "The Opposed" devant un public conquis et qui aura joué le jeu durant cette heure de show.


Face à un show de Zornheym d’excellente facture (ainsi que celle de The Losts), la soirée aurait dû être parfaite. Mais c’était sans compter sur une problématique, qui d’après les retours à droite et à gauche n’est pas un cas isolé ce soir : la grande difficulté de reprise des concerts (post pandémie), notamment pour les petits groupes officiant dans des salles types clubs comme ce soir. Si la formation scandinave semble avoir pris son pied, il reste dommageable que dans une ville comme Lille, un concert de ce type ne réunisse que si peu de monde. Il ne faudra pas se plaindre qu’aucun concert n’ait lieu par la suite…

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