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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été mise en ligne le 31 janvier 2008
Sa note : 10/20

LINE UP

-Eddie Vedder
(chant)

-Stone Gossard
(guitare)

-Mike McCready
(guitare)

-Jeff Ament
(basse)

-Matt Cameron
(batterie)

TRACKLIST

1)Breakerfall
2)Gods' Dice
3)Evacuation
4)Light Years
5)Nothing As It Seems
6)Thin Air
7)Insignificance
8)Of the Girl
9)Grievance
10)Rival
11)Sleight Of Hand
12)Soon Forget
13)Parting Ways

DISCOGRAPHIE

Ten (1991)
Vitalogy (1994)
No Code (1996)
Yield (1998)
Binaural (2000)
Riot Act (2002)

Pearl Jam - Binaural
(2000) - rock - Label : Epic Records



Si No Code et surtout Yield avait marqué un ramollissement certain dans la musique de Pearl Jam, la qualité était encore présente... le travail sur le son et les compositions était indéniable sur Yield, à l'opposé d'un No Code volontairement destructuré. Ces deux albums avaient leurs qualités et leurs défauts... on pouvait ne pas accrocher et en rester aux premiers albums. Mais Pearl Jam avait de toute façon placé la barre tellement haute avec Ten, en terme de songwriting, que tout ce qui suivrait allait forcément décevoir (ou pas). Le passage à l'an 2000 fait mal pour Pearl Jam puisque c'est avec Binaural qu'ils vont commencer à s'auto-parodier.

Alors que Jack Irons avait fait son trou sur No Code et Yield, Pearl Jam change une nouvelle fois de batteur et accueille cette fois ci Matt Cameron de Soundgarden... et on ne peut pas dire que son arrivée ait apporté grand chose à Pearl Jam. Si son jeu était explosif au sein de Soundgarden, c'est tout le contraire avec Pearl Jam : mou, bridé, minimaliste, peu de place lui a été laissé pour qu'il puisse s'exprimer. Il suffit de comparer la batterie sur Down On The Upside (dernier coup de maître de Soundgarden) et après Binaural... ou comment passer du coq à l'âne !

Et justement, puisqu'on parle de Soundgarden, Binaural contient plusieurs titres qui se rapprochent étrangement de l'ancien groupe de Matt Cameron, comme si son arrivée avait eu une influence au niveau des compos... et c'est le cas ! Car, entre nous, ces "God's Dice", "Grievance" ou "Sleight Of Hand" sonnent carrément comme des chutes de studio de Down On The Upside ; il ne manquerait plus que la voix de Chris Cornell et on confondrait presque les deux groupes. Sur ces trois morceaux, seul l'aérien "Sleight Of Hand" est réussi (on jurerait entendre Kim Thayil à la guitare), les deux autres sont peu inspirés.

Après Yield, jugé trop mou (pas forcément injustifiée comme critique), Pearl Jam semble vouloir reprendre du poil de la bête, avec un très bon Breakerfall pour rentrer dans le vif du sujet, efficace, rageur, on y croirait presque. S'en suivent "God's Dice" et "Evacuation", du rock direct et bâclé, sans grand intérêt. Plus pêchu au premier abord, Pearl Jam n'abandonne pas pour autant ces sempiternelles ballades folk, dans le trip Neil Young, avec un Eddie « peine à jouir » Vedder horripilant, que ce soit les pleurnichements de "Soon Forget" ou le « déjà entendu 50 000 fois sur No Code et Yield » "Light Years".


Mais en cherchant bien et avec un peu de patience, Binaural dévoile aussi de bien bonnes choses avec en premier lieu l'inévitable single "Insignificance", électrique et sombre à souhait, tapant par là même du côté de Vitalogy. Même chose pour la ballade "Nothing As It Seems", lugubre, elle fait froid dans le dos. Plus timorés, les "Of The Girl", "Thin Air" ou "Parting Ways" rappellent que Pearl Jam peut nous emmener voyager loin quand ils sont déprimés, avec une atmosphère particulière, à l'image de la pochette et à mille lieux de la légèreté pop de Yield. En clair, si tout l'album s'était maintenu à ce niveau, il aurait surpassé Yield sans problème.


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