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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 03 avril 2015
Sa note : 17/20

LINE UP

-Aldrahn
(chant)

-Vicotnik
(chant+guitare)

-Thunberg
(guitare)

-L.E. Mâloy
(basse)

-Sekaran aka Terghl
(batterie)

TRACKLIST

1) The Love Divine
2) Aphelion Void
3) God Protocol Axiom
4) The Unlocking
5) Architect of Darkness
6) Blue Moon Duel

DISCOGRAPHIE


Dødheimsgard - A Umbra Omega
(2015) - black metal - Label : Peaceville Records



Que Dødheimsgard ne fasse rien comme ses congénères, c'est un fait acquis depuis deux décennies déjà. Satanic Art ne laissait que peu de place au doute, 666 International enterrait tout espoir de normalité. Supervillain Outcast a prolongé cet héritage en mettant de plus en plus les auditeurs des Norvégiens fous dans l'embarras. Violence brutale et gras death de rigueur. Soyez rassurés, A Umbra Omega et son titre parfait enfonce le clou. Et le fait remonter contre la gravité. En fait on s'en cogne, Dødheimsgard refait le coup de la folie.

Pourtant on le savait, et on tombe dans le panneau. Il faut dire que le groupe sort l'artillerie lourde en quelque sorte. Une intro gentillette électro, oui ok, ça on était au courant, puis une minute plus tard, aïe. Mais genre très douloureux. AÏE !! Un ultra blast vient nous défoncer la gueule avec un son mat et la guitare grasse finit de nous clouer au pilori. Sauf que rien ne se passera comme on le pensait (certitude). D'une, la basse est sacrément mise en valeur. Et elle joue de putain. Oh. Que. Oui. Mesdames et messieurs moribonds, âmes dépassées par leur manque de ce noble instrument, réveillez vos sens et laissez-vous pénétrez par ses fréquences intimes et vibrantes. Elle est là, tapie dans le fond, mais toujours présente, grondante, galopante, emplie de groove. C'est de la basse qui redonne foi en la vie. De deux, vous connaissez beaucoup de groupes qui passent de la violence sale et salace à l’électro et à l'Opeth ? Ajoutez le talent à cela. De trois, laissez tomber, on ne sait plus déjà où on est.
Bref "Aphelion Void", ce sont quinze minutes de folie furieuse d'une grande maestria. Oui, Dødheimsgard en était capable, mais la preuve par les actes est toujours terrassante. Alors il va falloir se remettre de ce coup de massue direct pour passer à d'autres émotions. Le groupe sait le faire, même si "God Protocol Axiom" peut sembler fléchir. Cependant, n'oubliez pas. Cette basse déjà, elle sera en permanence à votre chevet. Puis n'oubliez pas qu'un riff peut arriver à tout moment et vous faire mal (ce qui est marrant, car finalement le groupe met à mal la notion même de riff par sa volonté constante de varier le propos). Intense à en crever par instants, ces riffs appuyés de blasts incroyables jouent dans la court des grands. Déjà parce qu'ils sont bons, ensuite parce qu'ils ont l'originalité qui parlent pour eux. Ajoutez à cela des arpèges et harmoniques marque de fabrique du groupe. Leur caractère éthéré et voluptueux apposent le sceau Dødheimsgard en même temps qu'ils donnent un fil conducteur à l'ensemble.
Et il en faut un car si seules cinq chansons composent l'album, aucune ne descend sous les onze minutes. Il faut dire que le groupe a eu suffisamment d'idées pour les remplir toutes afin d'assouvir nos désirs les plus profonds et féconds. Alors cet enchaînement de pavés sera dur à digérer pour beaucoup de monde, d'autant plus que l'enchevêtrement des idées n'est pas aisé à absorber. Pourtant, malgré l'avalanche de sensations, A Umbra Omega réussit l'exploit de tenir la dragée haute tout du long, en conservant une cohérence étonnante et un goût de reviens-y permanent. Et c'est bien la caractéristique maîtresse de cet album qui ne connaît pas le compromis. Sorte de déclaration universelle du marchez ou crevez, A Umbra Omega ne se lasse jamais de déconcerter son monde et exige donc beaucoup de lui. Il faudra accepter de passer par de longs interludes qui vous amèneront dans des summums de sauvagerie, ou attendre que l'intelligibilité du propos se fasse, c'est le parti pris à payer pour se faire constamment dérouter.


L'exigence est fortement récompensée, car Dødheimsgard accouche d'un grand disque. Opaque et fou, il déplaira autant qu'il plaira. Fascinant, il l'est intensément. Une fois agrippé, il est difficile de s'en séparer des oreilles. C'est ce caractère qui le distingue énormément. Meilleur qu'un 666 International qui se perdait par moment, il reprend la suite de Supervillain Outcast superbement. Et place le groupe en haut de la hiérarchie de l'extrême avant-gardiste.


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