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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été mise en ligne le 28 février 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tony Kakko
(chant+claviers)

-Jani Liimatainen
(guitare)

-Marko Paasikoski
(basse)

-Tommy Portimo
(batterie)

TRACKLIST

1)Abandoned, Pleased, Brainwashed, Exploited
2)Gravenimage
3)The Cage
4)Silver Tongue
5)The Misery
6)Victoria's Secret
7)Champagne Bath
8)Broken
9)The Ruins of My Life
10)Draw Me

DISCOGRAPHIE


Sonata Arctica - Winterheart's Guild
(2003) - mélodique speed metal - Label : Spinefarm



Silence a bien ravi quelques fans irréductibles, mais globalement il faut admettre que les attentes ont été déçues. Le live Songs Of Silence n’a pas rassuré non plus, loin de là. Toutefois Sonata persiste, malgré le départ de son claviériste, et produit un troisième opus plus réfléchi, plus régulier que son prédécesseur, mais aussi curieusement plus direct. C’est bien cette aura qui demeurera autour de Winterheart’s Guild au sein de la discographie du groupe : celle d’un disque qui va à l’essentiel.

Peut-être est-ce dû au mix, dénotant légèrement avec les habitudes du Finnvox, qui laisse éclater le chant. Peut-être est-ce dû aussi aux morceaux amputés d’introduction ("The Cage", "Silver Tongue", "Broken"), ou à l’absence du désormais traditionnel titre « long ». Mais il est plus probable que Sonata ait cherché à ne pas réitérer l’erreur de Silence, à savoir briser l’unité de l’album en multipliant les approches. Le groupe se recentre donc sur du bon speed : "The Cage" est ainsi le nouveau tube, s’ouvrant sur un solo supersonique de Jens Johansson aux claviers, et possédant un refrain épatant. "The Ruins of My Life", "Abandoned, Pleased, Brainwashed, Exploited" et "Victoria’s Secret", de même, ne cherchent en aucun cas l’originalité : il s’agit de speed mélodique tout à fait traditionnel. Mais impeccablement exécuté. Mention très bien à ce dernier titre fort en mélodies qui a fait office de single.

Sur les titres speed donc, l’efficacité est privilégiée. C’est sur les autres morceaux que Sonata Arctica prend des risques. "Silver Tongue" développe ainsi, plus que tout autre, la future tendance aux chœurs et aux harmonies vocales, et mise sur des mélodies moins évidentes et moins prévisibles. "Gravenimage" est de son côté une montée en puissance pleine de mélancolie, un poil longuette mais assez novatrice pour le combo. "Broken" tente le mid-tempo sombre et heavy, où Kakko s’essaie à un chant plus expressif et plus rugueux. Une bizarrerie en 2003, qui prend son sens après coup et relativement à l’essor artistique du groupe. Un titre essentiel dans la carrière de Sonata Arctica, mais personne n’aurait pu le prédire à l’époque. "Champagne Bath" est le morceau heavy guignolesque rigolo, premier d’une longue série, faussement naïf et réellement marquant.

Le groupe se plante à nouveau sur les ballades : "Draw Me" n’est pas seulement molle du genou, elle est ennuyeuse. Quant à "The Misery", une fois que l’on a repéré la mélodie semblable à celle des "Valses de Vienne" de François Feldman, il devient difficile de penser à autre chose. Voilà de quoi gâcher votre plaisir. A bien regarder donc, avec cet album, Sonata Arctica a capitalisé sur son fonds de commerce (le speed) pour s’assurer de bonnes critiques, tout en préparant son public à un changement potentiel. Le résultat n’est pas parfait, mais redresse la barre après Silence. Et savoir qu’ici se développent les premières marques de la future identité du groupe contribue probablement à allouer une place particulière à Winterheart’s Guild dans le cœur des fans.


Un bon album, étrange par sa production, mais ultra-classique pour bonne moitié. On sent, latentes, les premières velléités de changement qui éclateront dès le disque suivant. Un disque de transition.


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