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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 12/20

LINE UP

-Tom Araya
(basse+chant)

-Jeff Hannemann
(guitare)

-Kerry King
(guitare)

-Paul Bostaph
(batterie)

TRACKLIST

1)Bitter Peace
2)Death's Head
3)Stain Of Mind
4)Overt Enemy
5)Perversions Of Pain
6)Love To Hate
7)Desire
8)In The Name Of God
9)Scrum
10)Screaming From The Sky
11)Point
12)Wicked

DISCOGRAPHIE


Slayer - Diabolus In Musica
(1998) - thrash metal - Label : American



Après l' excellent album de reprises punk-hardcore Undisputed Attitude, on attendait Slayer au tournant pour son nouvel album ! Slayer sort maintenant un nouvel album tous les quatre ans, ce qui est plutôt long, surtout que ce groupe n'est pas du genre à évoluer de manière radicale ! Et pourtant sur ce Diabolus In Musica, des changements évidents ont eu lieu dans la musique ! Déjà au niveau du line up, Paul Bostaph est de retour à la batterie, et le moins qu'on puisse dire, c'est que sa performance est vraiment phénoménale ! L'approche du groupe est plus punk-hardcore qu'avant, on pouvait déjà sentir les débuts de cette évolution sur Divine Intervention (bien que l'ensemble de l'album soit résolument thrash).

Et sur Diabolus In Musica, on assiste à l'aboutissement de cette évolution ; les tempos ont ralenti, les rythmiques se font plus dans une optique "jump jump hardcore !" et moins "boom boom thrash". J'ai réellement pris une grosse claque lorsque l'album est sorti et j'avoue en être resté accro pendant quelques mois, séduit par le côté moderne et son éloignement du simple thrash. Mais bon, c'est le genre d'album qui lasse vite, un peu comme ceux de System Of A Down, dont certains riffs ici possèdent plus d'une similitude avec le groupe des barbus arméniens. Et tout est plus groovy ici, Slayer a toujours la patate (elle s'exprime juste différemment).

Les puristes seront de toute façon déçus, et même les fans qui ont accepté cette évolution seront obligés de se rendre à l'évidence : Diabolus In Musica est nettement moins bon que tous les autres albums de Slayer. L'aspect sombre, caractéristique de la musique de Slayer, est toujours présent mais n'est plus aussi terrifiant qu'avant, les riffs ne filent la chaire de poule que dans de rares occasions, sur le pesant "Screaming For The Sky" par exemple, sur la "ballade" slayerienne "Desire" aussi (un peu dans l'esprit de ce qu'on pouvait trouver sur "South Of Heaven") et sur le refrain de "In The Name Of God".

Sinon, on sent que Slayer a voulu rendre sa musique plus abordable, tout en restant dans le brutal, peut être pour plaire aux plus jeunes, habitués aux groupes comme Soulfly ou Korn ! Attention, Slayer ne fait pas encore de néo-metal, mais cette démarche de privilégier la rythmique aux riffs peut y faire penser ! Place à l'efficacité sur "Death's Head", "Overt Enemy" et "Love To Hate". "Overt Enemy" est presque joyeux pour du Slayer, ce morceau ne décolle vraiment que lors de ses accélérations au milieu. Sinon, son côté hardcore finit par gaver. De même que sur "Love To Hate", Tom Araya gueule comme un possédé, et son phrasé (limite rap) s'accorde en symbiose avec la rythmique hip hop, un morceau parfait pour jumper en quelque sorte. Biohazard a du souci à se faire. L'album est donc dominé par des titres mid-tempos qui, sans être mauvais, lassent très très vite. Ca manque de consistance musicale tout ça, c'est trop axé sur les rythmes (imparables il faut le dire) de Paul Bostaph !


Il reste quand même quelques morceaux bien speeds et accrocheurs dignes de Slayer ("Scrum", "Bitter Peace", "Perversions Of Pain"). En gros, les passages thrash de l'album sont un régal. Et le meilleur pour la fin avec "Wicked", un titre très heavy et sombre, peut être le meilleur de l'album, avec de purs riffs et de grandes montées en puissance qui rappellent encore une fois l'époque South Of Heaven. Globalement, Diabolus In Musica n'est pas la daube décriée par les fans, je le préfère même largement à God Hates Us All car il possède encore le son classique de Slayer (God Hates Us All et ses guitares accordées graves façon néo metal me gonfle à un point). C'est juste un disque correct et écoutable, mais malheureusement pas indispensable.


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