2245

CHRONIQUE PAR ...

13
Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 18 juin 2008
Sa note : 8/20

LINE UP

-Jon Oliva
(chant+claviers)

-Criss Oliva
(guitare)

-Johnny Lee Middleton
(basse)

-Steve Wacholz
(batterie)

TRACKLIST

1)Fight For The Rock
2)Out In The Streets
3)Crying For Love
4)Day After Day
5)The Edge Of Midnight
6)Hyde
7)Lady In Disguise
8)She's Only Rock'n'roll
9)Wishing Well
10)Red Light Paradise

DISCOGRAPHIE


Savatage - Fight For The Rock
(1986) - heavy metal hard rock - Label : Steamhammer



Après un début prometteur avec Sirens/The Dungeons Are Calling puis le moins ambitieux Power Of The Night, voilà que déboule Fight For The Rock, au titre assez évocateur et qui illustre hélas plutôt bien ce que l’on va trouver dans l’album. En effet : sous l’influence de producteurs et de managers peu scrupuleux et dont la profession même est de faire des thunes, les frangins Oliva et leurs acolytes accouchent d’un album lorgnant beaucoup trop vers le hard FM pour être crédible.

Non pas que faire un album de hard FM soit un mal en soit, loin de là, mais après avoir posé l’oreille sur les prémices d’un style léché avec un potentiel énorme, difficile de se résoudre à écouter un album avec si peu de personnalité provenant du même groupe. Car Fight For The Rock, c’est un peu comme la non-qualification de l’équipe de France pour les quarts de finale de la Coupe d’Europe 2008: une énorme désillusion. Car forcément, lorsque l’on demande à un groupe de faire ce qu’il ne sait pas faire, ça donne une bonne flopée de titres peu inspirés, à commencer par les deux reprises "Day After Day" de Badfinger et "Wishing Well" de Free. La première verse en effet dans le sirupeux sans génie et la deuxième, bien qu’ayant une rythmique un peu plus intéressante, n’appelle pour autant pas à crier au génie, loin de là. De plus, histoire de pousser le foutage de gueule un peu plus loin, on trouve deux titres déjà présents sur Sirens : "Lady In Disguise" qui, ne crachons pas dans la soupe, s’offre une seconde jeunesse pas déplaisante et "Out In The Streets", beaucoup moins pertinente. Donc oui, sur une dizaine de pistes exactement, ça fait déjà quatre qui ne font pas beaucoup tourner le moulin.

Alors avec plus que 6 compositions sous la dent, on se demande ce qui pourrait bien sauver les meubles. Surement pas "Crying For Love"… et ça y est, ouf, on a fait le tour de ce qui est à jeter, soit une moitié d’album. L’addition est salée pour celui qui aura déboursé ses deniers dans Fight For The Rock. Mais restent tout de même ci et là quelques soubresauts, comme pour justifier les larmes du fan qui s’écoulent devant une telle désillusion, de ce qui a fait le génie de Savatage et qui tentent tant bien que mal de sauver l’album d’un naufrage déjà bien engagé. "The Edge Of Midnight" est de ces titres là, avec son intro menaçante et malsaine, l’énergique "She’s Only Rock’n’Roll" également. Le morceau titre aussi, qui nous rappelle que Criss Oliva est avant tout un compositeur et un guitariste de heavy metal pur et dur. Mais ce n’est pas un hasard, car on apprendra que ces trois titres, ainsi que "Hyde", sont les seuls qui ont été composés avant que de malsaines influences ne viennent faire clairement dévier le cap du navire Savatage.


Un coup d’arrêt assez cruel pour une carrière qui débutait pourtant sous de bons auspices en cette année 1986 pourtant prolifique. Mais l’expérience et la lucidité aidant, cet album sera considéré a raison par les membres du groupe comme une erreur de jeunesse à ne pas reproduire, et reprendrons un chemin bien plus pertinent dès l’album suivant. Reste donc un objet loin d’être indispensable, même pour le fan le plus hardcore, sauf si celui-ci a un petit côté maso…


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 3 polaroid milieu 3 polaroid gauche 3