253

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Ihsahn
(chant+guitare+basse+claviers)

-Samoth
(guitare)

-Trym
(batterie)

TRACKLIST

1)Curse You All Men !
2)Decrystallizing Reason
3)An Elegy Of Icaros
4)The Source Of Icon E
5)Sworn
6)Nonus Aequilibrium
7)The Warriors Of Modern Death
8)Of Blindness & Subsequent Seers
9)Untitled

DISCOGRAPHIE


Emperor - IX Equilibrium
(1999) - black metal - Label : Candlelight



Bon, autant vous le dire tout de suite, cet album a suscité pas mal de controverse dans le doux et philosophique milieu du black metal. J’ai même une fois lu "Emperor qui fait ce qu’il veut depuis IX Equilibrium " du genre, qui part en couille … Du coup j’ai bêtement pensé que cet album était un ramassis d’expérimentations avec, ô horreur, limite que du clavier. Heureusement, j’ai par la suite su qu’il tendait plutôt vers le death et on m’a convaincu de l’acheter (n’est-ce pas Devin ?). Quelle bonne idée ! Maintenant ce CD tourne honteusement dans ma chaîne en continu. Pourquoi ?

Parce qu'Emperor est un groupe légendaire et tout simplement largement au-dessus des autres. Des génies sans limite. Car après In the Nightside Eclipse et Anthems In The Welkin At Dusk, deux monuments du black symphoniques, comment Emperor pouvait continuer aussi haut et encore surprendre ? Facile, il fait IX Equilibrium. Enfin … facile dans les faits car il a fallu le faire. C’est sûr, il est plus death dans ses riffs, les claviers sont un poil moins symphoniques mais le génie est toujours présent. Des riffs qui resteront ancrés dans votre mémoire comme des monstres d’efficacité.

Intro rapide, pas plus de cinq secondes (une performance pour Emperor !), et bam ! direct riff de tueur accompagné d’une nappe de clavier judicieusement utilisé. Le rythme est comme Emperor sait le faire, soit ultra rapide. Les accords sont décochés à grande vitesse, et la batterie ne chôme pas. Du bon vieux déluge comme à la grande époque. Déluge qui soit dit en passant manque cruellement par moments au denier album. C’est hors sujet, mais c’est dit. Ce IX Equilibrium commence fort avec "Curse You All Men" donc. Des chœurs masculins font leur apparition au milieu de la chanson qui comporte quelques changements de rythme assez foisonnants somme toute. Du Emperor comme on aime en gros. Du Emperor qui compose avec tout son génie et qui délivre avec parcimonie ses enrobages de clavier, si discret mais si imposant pourtant.

Car ne l’oubliez jamais, Emperor est un groupe intelligent, ils n’iront jamais dans la facilité et leurs chansons recèleront toujours quelques complexités (complications ?). Tant mieux puisqu’ils savent le faire avec tant de talent. Enfin ces grands compositeurs et musiciens m’étonneront toujours par la violence qui se dégage de leurs œuvres. Car on a beau dire, Emperor c’est symphonique, Emperor c’est mélodique, choses tout à fait vraies, Emperor balance quand même pas mal la purée et a de quoi clouer sur le carreau beaucoup de groupes dits "brutaux". Et c’est certainement cette alchimie entre mélodie et violence, symphonie et brutalité qui consacre ce groupe. Car Isahn et Samoth (les deux uniques compositeurs et membres fondateurs) possèdent un dont rare en la matière. Tout en appliquant les préceptes du black metal qui se veut froid, sans vie, violent, ils sont arrivés à le porter vers d’autres cieux. Ils font partie de ces personnes qui transcendent un genre.

Il suffit d’entendre "An Elegy of Icaros" pour s’en persuader. On commence dans une pure lignée classique avec des violons (synthétisés) puis un chant clair mêlé à un chœur. On est bien en train d’écouter du black metal là ? Ben oui, sauf que c’est Emperor aux commandes. Car derrière, sur un faux rythme, on retrouve ces riffs techniques et métalliques dans un ensemble qui portent bien les stigmates du black metal. Quelques claviers spatiaux font même leur apparition sur cette chanson ! Que voulez-vous, on est un groupe de légende ou on ne l’est pas. Et dire que sur "The Source of Icon" ils se livrent même à une imitation de Rob Halford … Incroyable vous dis-je.

Bien évidemment tout cela est exécuté avec une remarquable vitesse et une précision et une technique sans faille. A ce sujet, la vitesse des blast de Trym m’épatera toujours. Un groupe sans grands concurrents tout simplement car aucuns n’arrivent à monter à leur niveau musical pour officier dans leur style. Cet album n’est qu’une confirmation supplémentaire de leurs talents. Moins bon quand même que In the Nightside Eclipse et Anthems In The Welkin At Dusk tellement fantastiques il faut dire…


A recommander chaudement à tous ceux qui ne l’ont pas, aux amateurs de black évidemment, de death aussi et tous les autres qui aiment découvrir une musique différente, voire un peu expérimentale.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5