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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 25 octobre 2008
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Ronny Munroe
(chant)

-Kurdt Vanderhoof
(guitare)

-Rick Van Zandt
(guitare)

-Steve Unger
(basse)

-Jeff Plate
(batterie)

TRACKLIST

1)The Company of Sorrow
2)The Perfect Crime
3)Deeds of a Dead Soul
4)Meet Your Maker
5)Monster
6)Crawling to Extinction
7)A War Never Won
8)Mass Hysteria
9)Breathe Again
10)Congregation

DISCOGRAPHIE


Metal Church - This Present Wasteland
(2008) - heavy metal - Label : SPV



Attention mesdames et messieurs, voici l'événement metal de cette rentrée 2008 ! L'album qui va faire passer le nouveau Metallica pour un simple amuse-gueule ! Je veux bien sûr parler de This Present Wasteland, le nouvel opus de Metal Church ! Mouais, pas très crédible cette accroche… Il faut dire que malgré son glorieux passé, le gang de Seattle n'intéresse désormais plus que les vieux hardos nostalgiques d'une certaine idée du metal figée dans les années 80, et qui guettent désespérément un sursaut d'orgueil…

Car il faut bien dire que depuis quelques années, disons 1999 et son premier come-back, rien de bien excitant à signaler du côté de Metal Church. 2 albums corrects mais sans plus (Masterpeace et A Light In The Dark) et entre temps, un autre particulièrement poussif (The Weight Of The World). Autant le dire tout de suite, rien de nouveau sur This Present Wasteland : toujours ce heavy metal racé, sans esbroufe, à l'ancienne quoi (un vrai chanteur, pas de grosses guitares inutiles). Ce nouvel album se situe dans la droite lignée de son prédécesseur immédiat A Light In The Dark : même départ en fanfare à l'aide d'un titre bien construit sur lequel Metal Church retrouve un peu de mordant (l'impeccable "The Company of Sorrow"), suivi de quelques titres intéressants. Par exemple, "A Perfect Crime", un superbe titre avec un son de guitare sur l'intro qui rappelle celui de Operation Mindcrime de Queensrÿche. Ce mid tempo dispose d'une excellente mélodie qui permet à Ronny Munroe de se mettre son organe en valeur, même si d'aucuns pourront penser que le bonhomme en fait des caisses avec beaucoup d'effets (ce vibrato !) et une grosse amplitude.

D'autres exemples ? Bien sûr ! "Deeds of a Dead Soul", une longue pièce de 8 minutes 30 lente et hypnotique avec un excellent gimmick de claviers. Une nouvelle voie déjà explorée par Kurdt Vanderhoof sur A Light In The Dark avec "Temples of the Sea", et qui sied à merveille au groupe. "Crawling to Extinction" tire également son épingle du jeu avec son riff saccadé et entraînant et son excellent refrain. Mais malheureusement, comme sur tous les albums récents de Metal Church, on finit inlassablement par glisser vers des horizons nettement moins intéressants. Rapidement, on se retrouve avec des titres généralement bien troussés (à part l'abominable "Monster") mais tellement banals ! Des titres comme "Congregation" entendus 1 000 fois, ou "Meet Your Maker" avec son refrain bourrin qui fait la part belle aux screamings (réussis) de Munroe : une référence au Priest si peu subtile qu'on pense avant tout à Primal Fear ! Et c'est vraiment dommage parce qu'on sent que les gars ont de la ressource lorsqu'ils lâchent les chevaux, comme sur le mouvement final débridé de "A War Never Won" qui vient compenser un début assez moyen.

Il y aussi le cas épineux de Ronny Munroe. Il s'agit là de sa 3ème prestation studio avec Metal Church (soit autant que ses 2 prédécesseurs David Wayne et Mike Howe), mais à l'évidence, il n'a toujours pas trouvé son identité vocale. Au contraire, il semble même être encore plus noyé dans ses influences que sur A Light In The Dark. On retrouve toujours des nuances de Dio (sur "The Perfect Crime" surtout) et de Geoff Tate dans son chant, mais il s'est surtout trouvé une nouvelle idole : Bruce Dickinson ! Le Dickinson plus rock de l'époque No Prayer / Fear Of The Dark, celui qui s'époumonait sur "Holy Smoke". Avec son ambiance sombre et menaçante et son son de guitare âpre, le pavé "Deeds of a Dead Soul" pourrait même être une chute de studio des sessions de The Chemical Wedding ! Alors certes, le gaillard chante bien (quiconque étant capable de singer le chanteur d'Iron Maiden ne saurait être complètement mauvais), mais tant de mimétisme est un peu gênant à la longue. Surtout que ce qui est compréhensible de la part d'un jeune loup inexpérimenté est beaucoup plus étonnant pour un vieux routard comme Munroe.


Un avis définitif sur This Present Wasteland ? C'est simple, il s'agit d'un album honnête fait par des artisans du metal très expérimentés, au savoir-faire rôdé depuis un paquet d'années. Une galette qui s'écoute bien, sur laquelle ne figure rien d'extraordinaire, ni rien de catastrophique. Les plus indulgents diront que cet album est sympa, les plus sévères jugeront qu'il est tout simplement inutile. Vous avez les cartes en mains, à vous de voir où se place votre degré d'exigence.


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