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CHRONIQUE PAR ...

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Tabris
Cette chronique a été mise en ligne le 22 juin 2012
Sa note : 17/20

LINE UP

-Michael Poulsen
(chant+guitare)

-Thomas Bredhal
(guitare)

-Anders Kjolholm
(guitare+basse)


-Jon Larsen
(batterie)


TRACKLIST

1) The Mirror and the Ripper
2) Heaven nor Hell 
3) Who they are
4) Fallen
5) A Better Believer
6) 7 Shots 
7) A New Day
8) 16 Dollars
9) A Warrior's call
10) Magic Zone
11) Evelyn 
12) Being 1
13) Thanks

DISCOGRAPHIE


Volbeat - Beyond Hell / Above Heaven



« Quant à lui, je viens de vous le dire, c'est un bandit ne craignant ni Dieu, ni diable ». Cette pensée semble assez bien synthétiser l'esprit de Volbeat dans le cadre de ce nouvel opus. Pour reprendre les propres paroles de Michael Poulsen : « Beyond Hell /Above Heaven est une façon de dire aux gens que le paradis et l'enfer sont des choses que nous créons dans nos esprits et nos démons personnels s'en nourrissent ». Pour nous défaire quelque peu de ces tourments (peurs, mensonges, dualités amour/haine, thèmes chers aux accents Rockabilly auxquels ils nous ont accoutumés), ces effrontés fort bien inspirés, ont le don particulier de nous asséner un souffle d'insouciance frôlant l'indécence. Si grâce au précédent album, Guitar Gangsters / Cadillac Blood, Volbeat avait réussi à nous embarquer dans un univers d'émotions simples et vraies à la façon d'un road movie, l'envie nous tenaille ici de nous laisser emporter une nouvelle fois.

Et cette idée, est sous-tendue par ce son Volbeat si particulier, un mélange proprement décomplexé des styles. Métal, heavy métal, hard rock, punk, rock'n'roll, trash, rockabilly et country se mêlent pour former un ensemble homogène et percutant. D'aucuns diraient « un son direct pour des mecs dont l'essence est d'aller droit au but ». Mais si la musique apparaît de prime abord comme simple et spontanée, à l'inspiration du rock'n'roll des années 50, Volbeat apporte en réalité une attention toute particulière à ses mélodies, créant ainsi une atmosphère prenante, à ses riffs et ses refrains dans le sens d'un métal contemporain. Volbeat s'amuse également sur les fluctuations de tempos, alternant les rythmes rapides, lents ou médiums, accentuant encore par là ce métissage des genres. S'ajoute à cela bien sûr, la voix de crooner de Michael Poulsen, dont les lignes vocales sont soignées et variées, révélant son expérience. Leurs compositions ainsi élaborées, apparaissent d'une stupéfiante cohérence.
Le groupe ne trahit d'ailleurs pas ici ses promesses. L'album démarre en force avec ''The Mirror and the Ripper'' dont le souffle original, caractérisé par son phrasé rapide très rock'n'roll et ses alternances de tempo, retient d'emblée l'attention. Comme convenu, Volbeat flirte nonchalamment avec les genres. Ainsi, une ligne d'harmonica tenue pour l'occasion par Henrich Hall (Love Shop), apporte une touche très country aux accents rock de "Heaven nor Hell". Encore en compagnie de Michael Denver (Mercyful Fate / King Diamond) et de Mille Petrozza (Kreator) dans un ''7 shots'' particulièrement représentatif : le démarrage folk au banjo, ne laisse pas présupposer que l'on va glisser sans accrocs vers des sonorités bien plus hard. On pourrait simplement reprocher à Volbeat et à Mark « Barney » Greenway (Napalm Death) d'être allés trop dans l'extrême avec un "Evelyn" assez assassin qui dénote quelque peu avec le reste de l'album.
Mais au delà de l'orchestration, conservant cet esprit très rockabilly caractéristique du groupe, Beyond Hell / Above Heaven se veut aussi porteur de messages tout simples, expressions d'émotions authentiques, parfois même très intimes. Ainsi le superbe "Fallen", dédié au défunt père de Michael Poulsen et dans lequel il reconnaît une grande source d'inspiration (cet album est par ailleurs le premier qu'il compose sans ce précieux appui). "AWarrior's call" et son percutant « Fight ! Fight ! », résonnant comme un bon direct du droit, en hommage au champion de boxe danois Mikkel Kessler. Enfin, "Thanks", qui clôture l'album en un remerciement plein d'énergie et de fraicheur aux fans qui ont suivile groupe jusqu'à présent. Une touche sans doute quelque peu ingénue, mais passons pour cette fois. L'ensemble ne trahit ici aucun ennui et se présente à nous avec cohésion. L'album illustre parfaitement la maturation dont le groupe a su faire preuve.


Volbeat produit une sensation comparable à celle de plonger tête la première dans un baquet d'eau froide. De prime abord, une certaine réticence à l'idée de cet amalgame de genres et de rythmes. Mais une fois la tête ressortie de l'eau, on ne peut que s'émerveiller de cette brusque poussée d'énergie qui s'empare immanquablement de nous. Volbeat marque ici d'une profonde empreinte son style audacieux, et quelque peu déconcertant.


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