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CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 02 septembre 2013
Sa note : 13/20

LINE UP

-Michael Poulsen
(chant + guitare rythmique)

-Rob Caggiano
(guitare lead)

-Anders Kjolholm
(basse)

-Jon Larsen
(batterie)

TRACKLIST

1) Intro
2) Pearl Heart
3) The Nameless One
4) Dead But Rising
5) Cape Of Our Hero
6) Room 24
7) The Hangman's Body Count
8) My Body
9) Lola Montez
10) Black Bart
11) The Lonesome Rider
12) The Sinner Is You
13) Doc Holiday
14) Our Loved Ones

DISCOGRAPHIE


Volbeat - Outlaw Gentlemen & Shady Ladies
(2013) - heavy metal thrash metal - Label : Vertigo



Finalement, le parcours discographique d’un groupe a quelque chose de comparable avec la valeur d’une action en bourse : c’est instable, fluctuant, ça cause des pleurs et des grincements de dents (je fais même des rimes). Y’a des périodes dorées, des remontées inattendues, des chutes spectaculaires. Alors, on place ses billes, on espère. Et il est un schéma quel’on semble retrouver avec pas mal de groupes récents : succès immédiat grâce à style rafraîchissant, mais incapacité à se renouveler d’un album à l’autre. Alors, l’action baisse, baisse, baisse… Je pense au « pirate metal » d'Alestorm, au « battle metal » de Turisas, et bien sûr au « Elvis metal » des danois de Volbeat. Que vaut encore la bande à Poulsen en cette année 2013 sur le marché du heavy metal ?

Dès l’annonce de la sortie de ce 5e album,plusieurs signaux indiquaient que Volbeat n’avait en rien l’air décidé à changer sa formule : même pochette dans les tons ocres (avec un… gangster à chapeau, comme sur les deux albums précédents), même genre de titre alambiqué, même durée… le groupe nous refait même le coup de l’intro western comme pour Guitar Gangsters ! Ça sent la copie carbone, non ? Et bien, pas loin. Le style pratiqué est toujours le même, un heavy / thrash aux accents punk surmonté de la voix de crooner de Poulsen.

Si je devais quand même trouver une micro-différence avec les précédents Volbeat, je dirais que le groupe adopte un virage encore plus mélodique, avec des titres plus portés sur l’émotion. En témoigne le single "Cape Of Our Hero", au refrain… plutôt sucré. Bouuh les vendus,s’exclameront certains. A ceux-ci je rappellerai que le groupe a déjà produit ce genre de titres larmoyants par le passé ; "Light a Way" et ses violons sur l’opus de 2008, par exemple. Et, en définitive, "Cape Of Our Hero" se révèle être un tube efficace. D’autres titres ultra-mélodiques attendent l’auditeur : "My Body", lumineux et entraînant, "The Lonesome Rider" ou "The Sinner is You", posé et touchant, voient Volbeat mettre un peu d’eau dans son vin, dans une optique simple : émouvoir l’auditeur, tout simplement. A noter aussi "Pearl Heart" en ouverture, où Poulsen chante merveilleusement bien, et où l’on retrouve les mélodies de guitares à la fois puissantes et chaleureuses du groupe.

Et pour ceux qui attendraient plutôt du thrash, du vrai, du riffu, soyez également en paix, Volbeat ne vous a pas oubliés et vous propose le très sombre et réussi "The Hangman’s Body Count", à l’ambiance western de bon aloi, ainsi que le ravageur "Doc Holiday". En revanche, déception côté featurings. "Room 24" voit King Diamond poser ses lignes de chant aiguës à côté de celles de Poulsen, pour un résultat mitigé. Le grand frère se révélait bien plus intéressant à ce niveau-là (pour rappel, Mille Petrozza et Kreator et Barney de Napalm Death).

Mais alors, il a des défauts ton disque ? Oui, bien entendu. S’il n’y a rien de spécial à reprocher à l’album dans son ensemble,c’est évidemment la lassitude qui risque de primer, même chez le fan le plus hardcore. "Dead but Rising" est un bon exemple de ce dans quoi Volbeat risque de s’enfoncer : la redite pure et simple. Le titre est certes bon, mais cette intro aux guitares lourdes et sombres, ce genre de couplets très rock’n’roll à l’ancienne, ça n’a plus rien de frais au bout de cinq albums (je ne peux m’empêcher de penser à "Hallelujah Goat" dès que j’entends ce titre). Même "Black Bart" rappelle "A Moment Forever", trois albums plus tôt. Recyclage, quand tu nous tiens... Sans parler de la slide guitar qui s'invite à nouveau sur trois titres. L'effet reste plaisant, mais niveau innovation, on repassera.

Malgré cette redondance qui devient pesante, et tout les vilaines choses que je viens de dire au sujet de cet album, je passe à chaque fois un bon moment en sa compagnie. Et je demeure persuadé que Volbeat est et restera une valeur sûre en live. Peut-être serait-il juste temps que nos amis danois fassent preuve d’un peu d’audace en studio, et se lancent dans quelque chose de neuf : pourquoi pas un véritable album de rockabilly, un disque de reprises ou même un bon album de death / thrash ? Poulsen officiait bien dans Dominus, après tout...


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