Sybreed

Entretien avec Ben (chant), Drop (guitare), Kevin (batterie) - 2de partie - le 24 avril 2008

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Gazus

Une interview de




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Voici la seconde partie de l'interview de Sybreed, quelques heures avant que le groupe ne monte sur scène pour assurer la première de Samael, le 24 avril dernier (live report ici). La première partie de cette interview (première partie ici) se terminait dans un suspens de folie, alors que Ben, chanteur de la formation, s'apprêtait à révéler au jeune membre des Éternels des informations sur l'évolution du concept du prochain album du combo suisse. Voici ces révélations.
(Ensuite, Ben laisse un peu parler les autres, car ils ont aussi des choses à dire, non mais)



Ben : À mon avis, le prochain album sera très nihiliste au niveau des paroles. La différence avec Antares est que celui-ci a tout de même une sorte de vague espoir qui surnage dans le tout, tandis qu'avec le prochain, ça ira au fond du trou, il n'y aura rien de tel. À mon avis et par rapport au niveau de textes que j'ai déjà écrits, ce sera vraiment très, très très sombre, assez basé sur l'autodestruction... tout ce qui me fait chier dans la société moderne, en fait, et à tous les niveaux, tant celui de la société que du domaine personnel, sera inclus dans le contexte. Il n'y aura aucune place pour l'espoir. Je pense que ça fera surtout penser à The Downward Spiral de Nine Inch Nails au niveau du concept général, plutôt qu'autre chose, avec évidemment pas mal d'influences extérieures assez diverses. Mais là encore, tant que ça n'est pas écrit, fini... Évidemment, je sais ce que je veux, mais comme toujours, je ne sais pas ce qui va aboutir. Quelle que soit l'idée de départ, tu ne connais pas le chemin et encore moins le résultat.. tu obtiens parfois même quelque chose à l'opposé strict de ce que tu désirais. Si ça se trouve, ça sera un truc super hippie qui parlera d'amour... de fleurs... (il regarde Drop et Kevin)

Drop : Je crois pas, non. Je pense vraiment pas.

Ben : (à Drop) Pourquoi, je ne suis pas assez hippie, c'est ça ?

Drop : Tu aurais du mal à écrire quelque chose qui parle de hippies, d'amour et de fleurs, sans tomber dans le cliché.

Ben : Tu vas me faire passer pour un misanthrope fini. Merci. (rires)

Drop : Mais tu es un misanthrope fini. Mais pas avec tout le monde. Pas avec nous, par exemple. (rires)

Gazus : D'un point de vue musical, j'avais lu que Kevin et Burn (bassiste du groupe) seraient impliqués au niveau de la composition du prochain album. Allez-vous garder le schéma « Drop compose la musique et Ben écrit les textes » en y incorporant leurs idées ou bien cela sera-t-il un processus collectif ?

Drop : Je pense qu'il y a forcément des riffs qui seront apportés par Kevin au niveau de la batterie, vu qu'en ce moment nous bossons ensemble et il en résulte quelque chose d'assez cool parfois, donc à ce niveau, il participera... Concernant le reste, je ne pense pas que les choses vont vraiment changer.

Kevin : Je bosse sur un énorme travail de percussion, j'ai beaucoup travaillé l'indépendance à la batterie, les percussions ethniques... samba, bossa nova, percus africaines... J'ai très envie de faire une sorte de melting-pot de tout ça, afin d'en sortir quelque chose de « machinesque », comme par exemple prendre toutes ces percussions ethniques et leur coller un bon coup de métal dans la gueule, à la manière des Tambours du Bronx, de sortir des gros riffs...
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Ben : Nous allons lui donner des gros barils en métal pour qu'il puisse taper dessus. (rires) Sérieusement, je pense qu'il y a quelque chose de très intéressant à faire au niveau de la percu, au lieu de tabler uniquement sur les machines, par exemple. Nous avons de la chance d'avoir un batteur comme Kevin qui est aussi un très bon percussioniste, nous allons donc pouvoir nous faire très plaisir avec de vraies percussions... c'est vrai que ça serait pas mal de taper sur des tambours en métal... Enfin bon, voilà le genre d'aspects au niveau desquels Kevin va être très impliqué comme tout un chacun. Je ne crois pas que Drop lui dira « Bon alors tu joues ça, ça, ça et ça.»... Bon, il y a évidemment une sorte d'osmose qui fait que Drop reste en quelques sortes le chef d'orchestre... le mastermind... (regarde Drop) le dictateur musical du groupe...

Drop : (faussement vexé) Mais je ne suis pas difficile, voyons... (rires)

Ben : Plus sérieusement, je pense que ce sera de toutes façons un album de groupe... Sybreed est un groupe avant tout... Ce n'est pas seulement Drop...

Drop : En fait non, sinon ça se serait appelé « Drop ».

Ben : C'aurait été super nul comme nom de groupe, d'ailleurs.

Drop : Tout à fait. (rires)

Ben : Par contre, ç'aurait été bien « Ben » ! « Ben et ses biatchs »... J'imagine bien : (s'imitant sur scène) « Bonsoir, nous sommes Benjamin ! » ... quelle merde... (rires)

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Gazus : Ben, nous allons maintenant parler de toi, je sens que tu aimes ça...

Ben : Oh merde... (rires)

Gazus : Tu as, en parallèle à Sybreed, deux side-projects : The Misery Garden, avec Laurent, ex-guitariste de Zuul Fx, dans une veine assez atmosphérique (approbation de Ben), mais aussi Pavillon Rouge, qui, si le prochain Sybreed sera un mix de Depeche Mode à Carcass (cf première partie), est quant à lui un mix assez particulier, que je te laisse développer, ainsi que le concept, si tu veux bien.

Ben : Et bien Pavillon Rouge est effectivement un projet bien particulier, vu qu'il mélange en quelques sortes Anorexia Nervosa et Indochine. À la base, c'est un ami qui vit à Annecy qui jouait dans un groupe de black metal underground qui envoyait bien la sauce et qui se trouve être un énorme fan d'Indochine. Je l'avais rencontré par le biais d'un ami commun et il m'avait fait écouter ses morceaux en ajoutant : « Tu vois, c'est un truc un peu new wave, mélangé avec du black metal », nous en avons discuté, il m'a demandé de chanter dessus et nous nous sommes dits : « Bon, ben autant y aller à fond dans le côté Indo ». L'idée est vraiment de retrouver cet esprit des années 80, quant Indochine avait encore cet aspect très new wave française et d'y rajouter une bonne grosse couche de black metal par dessus. Concernant le concept, nous sommes encore en gestation, nous avons fait quelques démos... Par contre, nous ne voulons juste pas être un énième groupe de black metal. Nous allons essayer de nous éloigner le plus possible de « l'esprit black metal » à proprement parler, ce qui fait par exemple que nous n'aurons pas de batteur sur scène, uniquement des machines. Il y aura bien sûr tout ce côté violent apporté par les guitares, etc... Enfin voilà l'idée, quoi : faire de la new wave avec des grosses guitares, le tout avec un côté très français, sans tomber dans le kitsch, ce qui est assez dur avec le français... et aussi garder cet aspect punk des années 80. Nous ne cherchons pas à faire quelque chose de trop propre, même s'il y a pourtant de l'électronique, mais de retrouver ces influences à la The Cure, voire Ministry... Quelque chose de définitivement 80's, vu que nous sommes un peu nostalgiques de cette période... nous sommes des gamins de cette époque, lui comme moi. Donc voilà, nous allons voir jusqu'où tout cela va aller et je pense que nous ferons un album très prochainement; il a beaucoup de matériel préparé, il m'en a fait écouter. Il y aura par exemple des morceaux complètement new wave, sans guitares ni rien, presque à la Depeche Mode. Il y en a sur Myspace, deux morceaux et une intro, histoire de se faire une idée, mais outre les aspects qu'on peut y entendre, il y aura donc aussi pas de guitares, que du chant clair parfois, des machines... Quelque chose formaté pour les soirées dansantes, quoi. (rires) En tout cas, j'aimerais bien par exemple, faire un concert Pavillon Rouge / Sybreed. C'est vrai au final que même si Sybreed est un autre versant, c'est tout de même le même genre d'idée, soit ce mélange d'indus, de new wave et de metal, scène qui n'est pas encore tellement visitée au final. C'est encore assez raccroché à la scène menée par Fear Factory et consorts, Ministry, etc, tandis que rien qu'avec Sybreed, nous tendons à nous diriger vers quelque chose de plus sombre... j'aurais presque envie de dire « coldwave ». Il y a ce côté « gros metal / gros riff », mais toujours cet aspect vraiment coldwave, oui... enfin cold en général. Je pense donc que Pavillon Rouge est un groupe qui est beaucoup plus dans cette lignée-là. Quelque part, il y aussi le petit délire de dire «ouais, il y a une petite scène qui se forme là-bas, dans le coin, Annecy, Genève...». Puis nous avons des contacts avec des groupes comme Blacklodge, par exemple, un groupe de black industriel... Enfin voilà, c'est en gestation.

PhotoGazus : Par rapport à ce que tu disais tout à l'heure (cf première partie) sur le côté exutoire des paroles en anglais, les paroles de Pavillon Rouge sont elles, écrites en français...

Ben : (l'interrompt) Ce n'est pas moi qui ai écrit les paroles. Bon, par la suite, j'ai écrit des paroles pour les prochains morceaux, en tout cas quelques-unes, mais effectivement, c'est très français, je suis retombé dans ce genre de trip. Mais tu te rends tout de même compte que le français est une langue très différente, qui ne formule pas du tout les idées de la même manière. Et malheureusement avec le français... enfin pas malheureusement, mais tu tombes vite dans le baudelairien, le sadien et tout ce genre de choses. C'est en tout cas une expérience très intéressante et c'est pour moi un truc très fun : faire des photos à la Indochine, faire des « Oh oh oh » à la Nicola Sirkis, des choses comme ça quoi. (rires)


Gazus : Tu établies une certaine hiérarchie entre ces différents projets ?

Ben : Sybreed est évidemment prioritaire. Pas uniquement parce que je suis assis entre deux types qui vont me niquer la tronche si je dis le contraire, hein. (rires) (reprend un ton sérieux tandis que Drop et Kevin lui chuchotent toutes sortes de menaces). Sybreed est donc prioritaire. Nous avons investi énormément de temps et d'énergie, au détriment des nos vies privées d'ailleurs. Enfin bon, je ne vais pas faire une hiérarchie entre les autres groupes... Je ne vais pas faire ça pour des projets musicaux, en fait. C'est juste que Sybreed est le groupe qui me prend le plus de temps, c'est mon bébé, autant pour moi que pour les autres, d'ailleurs. J'ai tellement investi de choses dans ce groupe que maintenant, le matin lorsque je me lève, je pense à Sybreed et le soir, lorsque je me couche, je pense à Sybreed. Puis la journée aussi, je pense à Sybreed.

Gazus : Drop et Kevin, avez-vous, vous aussi des side-projects ou bien vous concentrez-vous uniquement sur Sybreed ?

Drop : J'ai effectivement un projet avec d'autres musiciens qui s'appelle MXD, un groupe d'electro avec des guitares. Ça change un peu de Sybreed, notamment parce qu'il n'y a pas de batterie, mais comme Ben avec ses projets, ça n'est pas ma priorité : je me concentre sur Sybreed. J'ai aussi d'autres projets en cours, mais je préfère ne pas m'éterniser dessus, étant donné qu'il n'y a encore rien de concret à ce sujet. J'ai juste une idée du style de musique... Mais rien de vraiment spécial encore.

Kevin : J'ai moi aussi un side project: Insomny. Un groupe totalement différent de Sybreed, étant donné que nous y jouons du thrash. Du bon thrash et de gros riffs qui matraquent bien la gueule. J'ai aussi d'autres projets, avec notamment Dominique Leurquin de Rhapsody qui habite tout près de chez moi... J'ai déjà joué avec lui dans Inner Vision où j'étais batteur... enfin je suis toujours batteur, mais le groupe est en stand-by actuellement. Enfin bon, plein de choses sympas, quoi.
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>>Troisième et dernière partie<<




Liens Myspace des projets cités et crédits photo :
www.myspace.com/pavillonrougetheband
www.myspace.com/thismiserygarden
www.myspace.com/mxd
www.myspace.com/eternalinsomnia


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