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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 01 juin 2021
Sa note : 15/20

LINE UP

-Martin Walkyier
(chant)

-Andy Sneap
(guitare)

-Simon Jones
(guitare)

-Fraser Craske
(basse)

-Simon Negus
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Anna Wildsmith
(chœurs sur "Mythistory")

-Jan Tilman Schade
(violoncelle sur "Advent of Insanity"

TRACKLIST

1) The Beginning of the End
2) The Clerical Conspiracy
3) Advent of Insanity
4) Do Dark Horses Dream of Nightmares?
5) The Best of Enemies
6) How Have the Mighty Fallen?
7) Wildfire
8) Mythistory
9) Happy Never After

DISCOGRAPHIE

Dreamweaver (1989)

Sabbat - Dreamweaver
(1989) - thrash metal - Label : Noise Records



-Ah non mais avant c’était mieux! Pour Noël j’avais une orange et c’était fantastique ! Vous nous donniez un bout de carton et on imaginait un château, alors que les jeunes d’aujourd’hui…
-Il est de mauvaise humeur, Pépé, aujourd’hui ?
-Laisse tomber, tu dis « oui » de temps en temps et il est content. C’est toujours comme ça quand il écoute Dreamweaver.

Non parce que pour le folk metal c’est pareil. De nos jours, s’il n’y a pas un orchestre folklorique avec cithare roumaine et vielle austro-hongroise, on crie à l’irrespect des racines ! Alors que de mon temps… Parce que dans le fond, Dreamweaver, ça sonne comme le Leave Scars de Dark Angel ! Le son est plus grésillant, plus « black metal », le tout est moins abrasif. Mais ces riffs costauds, un peu bas du front, ce côté monochrome total de la rythmique, qui déteint sur l’ensemble de la chanson, on n’est pas loin de la bande à Gene Hoglan... Et pourtant, ça ne nous empêche pas de nous croire dans la forêt ! Quelques éléments d’ambiance – l’intro, l’outro, l’interlude folk "Advent of Insanity" et la voix féminine sur "Mysthistory", couplés aux paroles anglais littéraire - et hop, on plonge ! On suit Martin dans son périple païen sans rechigner. Et qu’importe si le thrash metal un tantinet technique de Sabbat ne colle pas complètement au sujet traité ! C’est ça les eighties, les amis !
-Ça y est, t’as fini ? Tu viens te coucher maintenant ? Tu n’as pas mis tes pantoufles, tu vas prendre froid !

Une fois sous la couette, le propos s’adoucit. Oui, bon, d’accord. C’est vrai. On s’est largement amélioré côté folk. Sans chercher très loin, Skyclad, jette les bases du folk-metal réel. Et puis bon, Dreamweaver traîne un peu en longueur. Normal : pas de solos ou presque, l’omniprésence de Martin et son zézaiement, et cette absence totale de fioritures, au bout d’un moment ça lasse. Du coup, les deux mini-pavés de huit minutes que sont "The Best of My Ennemies" et "How the Mighty Have Fallen?" sont un peu durs à avaler. Mais même ainsi, ce thrash sombre, monocorde mais presque technique, fonctionne globalement très bien. Le début de l’album est spécialement percutant et la logorrhée de Martin Exodus-style n’est pas encore pesante. Concis et très efficaces, "The Clerical Conspiracy" et "Do Dark Horses Dream of Nightmare?" constituent de redoutables brise-nuques. De même, une fois passé le trou du milieu, "Wildfire" et "Mythistory", plus courts que les deux titres antérieurs, proposent à nouveau du bon vieux riff et la harangue permanente du frontman s’avère totalement adaptée. D’une manière générale, mention spéciale également aux refrains de l’album, particulièrement acérés et accrocheurs.

Dreamweaver est un album pré-folk séduisant, qui a acquis un statut assez mérité de pièce incontournable du thrash metal de la fin des années quatre-vingts. Même s’il s’avère un peu longuet par moments, l’ensemble allie avec bonheur efficacité, percussion et petits morceaux d’ailleurs. Ce n’est personnellement pas mon album de chevet, mais j’y reviens régulièrement avec grand plaisir.



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