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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 01 septembre 2022
Sa note : 16/20

LINE UP

-.
(chant)

-.
(tous instruments)

TRACKLIST

1) Vacuum Solution
2) Matter and Energy
3) Heliocentric Orbit
4) A Manipulation of Numbers
5) Absence

DISCOGRAPHIE


Mesarthim - Vacuum Solution (EP)
(2021) - black metal electro trance - Label : Autoproduction



-  J’ai vu la vidéo du dernier Mesarthim. C’était chiaaaant…
-  Ah parce qu’il fait des vidéos maintenant, le mec de Mesarthim ?
-  Oui, sur YouTube ! Mais c’était nuuuuul. Déjà, pas de chant, un mec qui parle…
-  …
-  Et puis la musique… On aurait dit un truc d’accompagnement… On n’est plus du tout dans le black metal ! C’est relouuuu !


- Winter…
- Oui ?
- Tu n’aurais pas vu le documentaire de National Geographic sur la constellation du Bélier et la planète MESARTHIM, par hasard ? Vacuum Solution, c’est la vidéo du dessous…

Bon. Oui. On peut se tromper. Ça arrive. Mais j’avais raison sur une chose. Enfin à peu près : Vacuum Solution s’éloigne encore un peu plus des standards du black metal. Le prolifique Mister Dot continue à chanter de manière éraillée, le son de guitare reste dans le spectre du genre, mais son avant-dernier travail en date est encore plus sucré et plus techno que les autres. Que Mr. Dot construise son art à base de synthés n’est pas une nouveauté : il fait ça depuis le début. Qu’on ait presque autant l’impression d’être sur une piste de danse en train d’écouter de la trance qu’en train d’écouter du metal, ce n’est pas nouveau non plus. Essayez "Orbiting" de l’EP Pillars si vous avez des doutes. Mais sur Vacuum Solution, quatre des cinq titres sont à la gloire de la musique électronique, et pas forcément de l’electro la plus dark. Rendez-vous compte : "A Manipulation of Numbers" reprend le motif musical à quatre notes du "Sadeness" d’Enigma*. Ça fout un double coup : la nostalgie d’une part, les boutons d'eczéma pour les blackeux allergiques à ce qui ressemble de près ou de loin à de la musique mainstream, d'autre part. Jamais Mesarthim n’avait été aussi décomplexé de ce point de vue là. Les trois autres titres metal se la jouent peut-être un peu moins effrontément putassiers, mais pas besoin d’avoir un doctorat en musicologie pour comprendre les mélodies. Et pas besoin de doctorat non plus pour apprécier tout ça ! Parce que oui, cet EP de l’Australien est rudement bon, une fois de plus. Efficace, mémorisable, et metal, tout de même, excepté le dernier titre : cinq minutes de musique ambient qui ne dépareillent en rien dans cette rave métallique du fin fond de l’univers. Mesarthim continue à allier productivité et qualité. Si vous aimez associer noirceur et couleurs phosphorescentes, ne vous privez surtout pas.

La treizième œuvre de Mesarthim, sur les quatorze sorties actuellement, est celle qui a le plus de chance de séduire des personnes hostiles au black metal, tout comme elle aura le don de définitivement rebuter, par la prévalence absolue du côté techno de l’œuvre, les amateurs d’un metal noir basé sur le sacrosaint triptyque guitare-basse-batterie. Personnellement, des œuvres aussi décomplexées qui s’approprient des sonorités dancefloor-compatibles, j’en redemande ! Pour la quinzième œuvre peut-être ?

*Un grand merci à Thierry pour avoir mis un titre sur ces notes !






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