20047

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 14 décembre 2025
Sa note : 16/20

LINE UP

-William Geoffrey "Bill" Steer
(chant+guitare)

-Jeffrey "Jeff" Walker
(chant+basse)

-Kenneth Malcolm "Ken" Owen
(chant+batterie)

TRACKLIST

1) Reek of Putrefaction
2) Exhume to Consume
3) Excoriating Abdominal Emanation
4) Ruptured in Purulence
5) Empathological Necroticims
6) Embryonic Necropsy and Devourment
7) Swarming Vulgar Mass of Infected Virulency
8) Cadaveric Incubator of Endoparasites
9) Slash Dementia
10) Crepitating Bowel Erosion

DISCOGRAPHIE


Carcass - Symphonies of Sickness



En cette belle matinée d’octobre 1989, les feuilles des marronniers tombent doucement au sol, à Nottingham comme ailleurs. Hélas, le Directeur du Marketing d’Earache Records est hors de lui et ne profite pas de la douceur automnale. Il a convoqué les sieurs Walker et Steer, et leur passe un savon.
- Mes loustics…
- Pas de familiarités, s’il vous plait ! Appelez-nous Docteur Walker et Professeur Steer !
- Grmbl… vous pouvez m’expliquer ce que sont ces gribouillis ? Où est passé le logo ? Et le nom de l’album ? Et les titres ? Et puis ce fond blanc ! Qu’est-ce que c’est ?
- Ça n’est pas évident ?


- Vous avez écrit les titres en arabe stylisé ?
Devant l’incompréhension de ce directeur commercial borné comme personne, Jeff soupire et lève les yeux aux ciel !
- Mais enfin, le fond blanc, c’est une ordonnance ! Et quitte à parler de maladies tout le temps, autant se faire passer pour des médecins ! Du coup on a écrit comme des toubibs ! Ce n’est pas une excellente idée ?
- Oh si… c’est absolument… génial ! Et les fans vont a-do-rer ! Déjà que vous ne jouez plus du grind… Bref ! Vous avez vingt-quatre heures pour remettre toutes les photos dégueus en place !
- Même le roast beef ?
- SURTOUT le roast-beef ! Exécution !

Ah les gens du marketing ! Qu’est-ce qu’ils peuvent se montrer frileux... même dans les années quatre-vingt c’était déjà comme ça ! Le Directeur a les idées arrêtées, on peut l’en blâmer, mais, en revanche, il a raison sur un point : Carcass ne joue plus du grind. Le groupe a commencé sa mue. Une mue qui durera toute sa carrière, puisque les Grands Brittons ont pratiqué autant de sous-styles que d’albums. À l’instar de Napalm Death avec Harmony Corruption, Jeff, Bill et Ken rallongent les titres et épaississent leur son, mais Carcass va encore plus loin que le groupe de Shane Embury, Lee Dorian, Mitch Harris et... Bill Steer. Le trio se permet de varier les rythmes et même, comble du comble, d'utiliser des claviers. Je plaisante ? Pas du tout ! Bon, un peu, si. On n’entend du synthétiseur uniquement au début de "Reek of Putrefaction" et en légère nappe sur le refrain de "Swarming Vulgar Mass of Infected Virulency", deux des meilleurs titres de l’album. Cela reste donc anecdotique mais reste emblématique d’un groupe relativement ouvert d’esprit, capable d’ouvrir ses concerts avec "Summoning of the Muse" de Dead Can Dance et même d’utiliser la structure couplet-refrain-couplet sur le « megahit » de ce second album, l’imparable "Exhume to Consume".
En filigrane, donc, et malgré un son fort sale, en accord avec l’imagerie de l’époque et une tendance encore persistante à blaster à droite et à gauche, on aperçoit le Carcass du futur, beaucoup plus structuré. Symphonies of Sickness reste toutefois une album de grind-death suffisamment crado pour avoir inspiré des générations de goregrinders et suffisamment tourbillonnant et violent pour tuer dans l’œuf toutes les velléités de leur apposer l’étiquette « mainstream ». Ce deuxième effort fait plutôt l’effet d’une foire aux riffs tant les guitares nous en balancent en permanence. Cet abondance, couplée aux changements très fréquents de rythme, nuit quelque peu à la clarté du propos mais c’est évidemment voulu, et cela participe du charme de cette œuvre, brute mais pas si bas-du-front que ça. Les trois meilleurs titres de l’album ont été cités précédemment, on pourra également noter que l’ouverture « en spirale » de "Slash Dementia" préfigure également le Carcass à venir, que la baston retardée de "Ruptured in Purulence" sent le "Criminally Insane" de Slayer à plein nez et que l’album finit par un "Crepitating Bowel Eorsion" pas forcément très éloigné du death’n’roll que la même formation pratiquera par la suite.


Si l’on écoute attentivement Symphonies of Sickness, on se rend compte qu’une bonne partie des propositions musicales entendues sur les albums suivants est déjà présente, sous une bonne grosse couche de pus, de sang noir et de viscères, évidemment. Brutal mais pas teubé, riche presque à l’excès, le deuxième album de Carcass n’est pas devenu une référence des mangeurs de langue de veau crue par hasard. À écouter absolument.





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