Le problème avec le metal rétro – traditionnel (pardon Olof) – est que la formule tend rapidement à tourner en rond, y compris chez les groupes les plus fameux du genre comme Enforcer. Peu importe pour le public friand de cette tendance à la nostalgie eighties, tant que la marchandise est de qualité. Celle que Rave in Fire livre à la faveur de son deuxième long format sera-t-elle à la hauteur de son premier LP prometteur ?
Après une courte exposition solennelle, "Dark Poison" confirme d’emblée ce que l’on pressentait à la vue de la pochette saurienne et anthropomorphe dans la droite ligne de la précédente : ce sera pareil. Frustration comprise, puisqu’au mega riff et au super refrain succède un ralentissement tue-l’amour, sans que la rengaine ne soit reconvoquée. En revanche, celle de "Untiring Eagles" ne méritait sans doute pas d’être autant répétée. Le riff frénétique donne toutefois une teinte speed metal réjouissante, valorisée par un superbe solo. L’enchaînement avec "Speed and Rave" fait espérer une confirmation de cette orientation. Hélas, le « speed » n’intervient qu’épisodiquement, prélude aux allures moyennes de "Knightwalker" et "Witches' Hell", sans relief si ce n’est le solo, une fois encore, du premier nommé et une coloration mélancolique sur le second qui rappelle, de manière isolée malheureusement, l’une des caractéristiques qui bonifiait l’album antérieur.
Si les cavalcades de guitares qui garnissaient Sons of a Lie se font plus rares, les baisses de régime sont toujours de la partie, contrariant la portée épique de la chanson-titre en conclusion. La même impression de mollesse dès que le tempo fléchit s’installe à l’écoute des six minutes de "Still Standing", pourtant illuminées par un refrain fervent. Celui de "Crown of Stars" se fait plus sensible, grâce à la performance à nouveau remarquable de Selene Perdiguero derrière le micro. Sa fougue maîtrisée sur la grande majorité du recueil empêche toute dérive vers la mièvrerie et rehausse les compositions.
Persistant dans une veine hard & heavy racée, les quatre de Rave in Fire offrent une réalisation très bien produite, globalement entraînante et bénéficiant de la prestation à nouveau décisive de leur chanteuse. Néanmoins une inspiration inégale et la difficulté à aligner des titres sans temps mort freinent l’enthousiasme suscité par plusieurs séquences aguicheuses. Souhaitons à la formation madrilène de trouver la martingale qui lui permettra d’accoucher de l’œuvre de premier plan qui semble à sa portée.