20191

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 08 mai 2026
Sa note : 16/20

LINE UP

-Joahn Alman
(chant+basse)

-Stephen Flam
(guitare)

-Joe Goncalves
(basse)

A participé à l'enregistrement :

-Anthony S. "Tony" Pinnisi
(claviers)

TRACKLIST

1) Oppression Freedom Oppression (Reprise)
2) Servants of the Warsmen
3) Goden
4) Power and Might
5) Destiny
6) Eternal Frost
7) Into Darkness

DISCOGRAPHIE

Into Darkness (1990)

Winter - Into Darkness
(1990) - death metal doom metal - Label : Future Shock



Les mecs qui font un gosse sans trop en mesurer les conséquences ont deux attitudes possibles. La bonne : en revendiquer fièrement la paternité. La mauvaise : ne pas reconnaître le gamin. En 1990, deux groupes engendrent, de chaque côté de l’Atlantique, le doom-death. Même s’ils mueront plusieurs fois, les gars de Paradise Lost assument. En revanche, sur la côte Est des États-Unis, Winter ne reconnaitra jamais sa progéniture…

C’est que, le trio new-yorkais « rejette les étiquettes »… et, accessoirement, se sent sans doute peu d’accointances avec l’imagerie metal traditionnelle. À l´époque, deux des trois musiciens ont les cheveux longs mais pour le reste, on ne les imagine effectivement pas trop affublés d’une veste à patches, avec pantalon moule-bu***s et cartouchière de rigueur. D’ailleurs, la formation tient son nom d’un titre des mythiques punk d’Amebix et il est vrai que la musique de Winter possède certaines similitudes avec la côté fruste, lourd et abrasif des fondateurs du crust. Mais, entre nous, John, Stephen, Joe, j’espère qu’avec les années, vous avez compris en quoi Into Darkness est, avec Lost Paradise, l'acte fondateur du doom-death. Que ce soit intentionnel ou non, même un sourd s’en rendrait compte. J’irais même plus loin : avec leur unique LP, Winter fonde les versions extrêmes du doom-death. Car en comparaison, Lost Paradise est d’une musicalité et d’une vivacité extrême…
Winter fait tout pour ne pas rendre sa musique sexy et faire fuir le chaland. Une intro instrumentale de presque six minutes, au tempo extraordinairement lent - funeral doom : check - qui ne vaut que par son ambiance misérable, ça t’éloigne les intrus d’emblée ! Et ce son ultra-roots, totalement mangé par la basse... à l’écoute des premières mesures de leur hit-single (lol) "Servants of the Warsmen", 90% de ceux qui ont bravé "Oppression Freedom Oppression" - je vous le dis qu’ils sont punk dans le fond, avec un nom de chanson pareil… - lâchent l’affaire. Il reste alors une poignée de misérables, dont votre serviteur, qui, non content d’apprécier cette sorte de version frugale du Celtic Frost époque To Mega-Therion, choisit le nom du groupe comme pseudo ad vitam æternam. Qu’est-ce qui nous séduit dans ce groupe qui fait tout pour déplaire ? Les claviers qui vont rehausser l’ensemble ? Certainement pas, les quelques nappes malingres que l’on entend essentiellement sur "Goden", font, comme le (court et fruste) solo de guitare absolument inattendu à la fin de "Destiny", figure de rouge-à-lèvre sur la bouche d’une mendiante défigurée et rongée par la lèpre.
Non, ce qui nous plait, c’est l’extrémisme du propos, l’absence de concession, la lourdeur globale de la section rythmique quand elle daigne abandonner la lenteur absolue pour ébranler sa carcasse sur des mid-tempos dévastateurs. Le caractère rugueux du chant, également, tout comme les samples inattendus, entendus au milieu de l’excellent "Eternal Frost", que l’on pourrait considérer comme le premier titre de sludge - check - de l’histoire du metal. Cette ode au dépouillement absolu prend tout son sens sur trois titres : le Celtic Frost-like "Servants of the Warsmen", "Eternal Frost", morceau aussi glaçant que son nom, et "Into Darkness", dont le début et la fin s’avèrent aussi lourds et jouissifs que la rythmique de Triptykon sur "The Prolonging". "Goden" est peut-être le moment le plus dispensable de l’album mais, globalement, ce premier crachat gris, pauvre et terrifiant est une réussite dont le dépouillement lui assure la même longévité que celle des moines tibétains momifiés en vie, se nourrissant une fois par an de quelques racines. Winter est mort en vie. Longue vie à lui.


Quelques années avant que ne débarque le gros de la troupe, Winter pose les jalons du doom-death le plus extrême. Qui sont les gens sur la pochette ? Des fans de Candlemass qui se dépêchent de partir avant que le redoutable trio ne sorte le deuxième album. Album qui, hélas, ne viendra jamais.



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