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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 12 août 2026
Sa note : 16/20

LINE UP

-Maxime Ingrand
(guitare+claviers)

-Dimitri Denat
(guitare)

-Jean-Christophe Condette
(claviers+basse)

-Jérémie Legrand
(batterie+samples)

TRACKLIST

1) Enlightened
2) Burst
3) Mantra
4) Eclipse
5) Becoming
6) Euphoria
7) Liminality

DISCOGRAPHIE


Lost In Kyiv - We're All Going to Be Fine
(2026) - post rock instrumental - Label : Pelagic Records



J’ai découvert Lost In Kyiv en première partie de My Own Private Alaska. J’avais trouvé leur musique sympa sans être vraiment conquis. La sortie d’un nouvel album, We're All Going to Be Fine était l’occasion de voir ce que donnait la musique des Français hors live. Je n’ai pas été déçu, c’est vachement bien. Il est à noter que le groupe a modifié son nom, passant de Lost in Kiev à Lost In Kyiv en raison de la guerre en Ukraine. On les comprend, mais j’ai toujours un doute sur la position du y par rapport au i.

Le groupe propose un post-metal instrumental. J’en vois déjà qui quittent la salle à la mention de « instrumental ». Ce serait dommage, surtout si vous aimez le style pratiqué. Il y a bien un peu de narration façon spoken words et un morceau chanté ("Becoming"), mais ce sera tout. Avouons-le, le post-metal se prête très bien à l’absence de chant. Le groupe parvient à construire ses chansons en créant de véritables moments marquants faisant office de refrain. Parfois, c’est à l’aide d’autres instruments (claviers sur "Burst", cuivres sur "Eclipse", samples…). Les morceaux ne s’étirent pas trop même s’ils sont longs (abstraction faite de l’intro, une seule piste tape sous les six minutes). Ils sont surtout discernables. Il n’y a que sept chansons (peut-on parler de chansons s’il n’y a pas de chant ? Je vous le demande), pour une durée totale de trois quarts d’heure. On ne les voit pas passer et l’album a un goût de reviens-y prononcé. Il n’y a pas de lassitude qui pourrait intervenir, surtout sans chant. "Becoming", qui propose une voix féminine, ne dénote pas du tout dans l’enchaînement des morceaux. Tout paraît très naturel.
Une des choses qui m’a le plus marqué à l’écoute de ce We’re All Going to Be Fine est sa production excellente. Les rythmiques sont en béton armé, la basse et la guitare attaquent les fréquences graves avec fureur. Cette grosse base sludge, qui propose des riffs toujours très accrocheurs ("Eclipse"), fait le bonheur de l’auditeur. Le reste : voix, claviers, arpèges en son clair, apportent de la richesse et de la texture aux morceaux. Tout est bien équilibré et fait de cet album une grande réussite. Des groupes du genre, j’en ai déjà écouté quelques-uns qui évoluent dans la même sphère (NAAT, If These Trees Could Talk, Vircator, We Are Impala…), Lost In Kyiv vient clairement de frapper un grand coup. Il n’y a pas vraiment de temps faible dans cet opus et il s’écoute comme un album « normal », pas uniquement en musique de fond. C’est ce qui fait toute la différence avec les groupes susnommés. Je finirai par un moment sur la prestation du batteur donc l’importance est évidente pour un projet pareil. Il s’en sort avec brio et apporte complexité, puissance et fluidité à l’ensemble sans un faire des caisses (c’est clair ?)


Lost In Kyiv surprend par cet album maîtrisé de bout en bout. Sur sa base sludge, le groupe parvient à apporter de la diversité dans ses approches, ce qui nous donne un album parfaitement équilibré. Les riffs frappent dur, les moments forts affluent et on n’a qu’une envie, de l’écouter encore et encore. Ironiquement, désormais, j’aurais bien envie de les revoir en concert !





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