Grandma's Ashes

Entretien avec Eva Hägen, Myriam El Moumni, Edith Séguir - le 14 février 2023

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Oriza

Une interview de




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Elle était une fois, dans une sombre forteresse au cœur d'une forêt mystérieuse, une peinture. Une toile hantée, obsédante, palette de fleurs séchées dissimulant une énergie secrète et lumineuse. Seule la puissance créatrice de trois musiciennes aux pouvoirs complémentaires pouvait révéler la magie cachée dans ce tableau. Un héritage puissant, d'une grande beauté, allait surgir. À l'occasion de la sortie de This Too Shall Pass, premier album après un magnifique EP produit en 2020, j'ai eu l'honneur d'échanger avec Edith (batterie), Myriam (guitare) et Eva (basse et chant), les trois compositrices de Grandma's Ashes. Ce fut un plaisir de converser avec ces musiciennes aussi pointues dans leur musique que concernant leur univers artistique et visuel inspiré et soigné. L'entretien fut étonnamment fluide et agréable, chacune s'exprimant, sans même avoir besoin de se concerter, dans une harmonie parfaite. Un beau moment de partage pour un sublime album. Vivement les concerts !


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ORIZA : D'où vient le nom du groupe et est-ce qu'il a un sens différent, une signification différente pour vous aujourd'hui par rapport au moment où vous l'avez inventé ?

EVA : C'est une super question. Le nom on l'a trouvé avec Myriam avant qu'Édith arrive dans le groupe. Le projet ne s'appelait pas comme ça avant et on voulait vraiment lui donner un titre qui soit peut-être plus cinglant. Donc on a cherché des jeux de mots. Ce qui revenait était souvent des figures féminines, à chaque fois. On avait hésité par exemple avec Lucy's Fur... Et on était tombées sur un Grandma's Ashes : on voulait quelque chose qui fait rire jaune un petit peu. Un peu brutal ou en tout cas qui interpelle. Grandma's Ashes est revenu plusieurs fois.

MYRIAM : À l'époque, on n'avait pas trop remarqué qu'on choisissait surtout des figures féminines et c'est une fois qu'Édith est arrivée, qu'on tournait depuis trois ans avec le groupe et qu'on s'est dit : « Ah oui c'est vrai c'est marrant ! Vu la musique qu'on fait, comme c'est du rock qu'on essaye de réinventer à notre sauce, il y a un côté un peu héritage de la musique et héritage des figures féminines qui ont forgé la musique. »

EDITH : Cela fait aussi un clin d'œil à nos grands-mères. Même si c'est pas hyper joyeux (sourire). Cette lignée un peu familiale qu'on trouve dans les traditions comme le fait de se passer des recettes. Des secrets de famille un peu...

EVA : Je pense qu'aujourd'hui, ça a un sens particulier. Surtout pour l'album qui va sortir. Parce que c'est un album qui évoque pas mal de choses qu'on a vécues en famille respectivement. Qui parle de choses qui sont hyper intimes. Comme le disait Edith, ça peut être des secrets de famille, des choses comme ça. Je pense que le nom correspond bien à ce qu'on sort avec cet album.

ORIZA : Comment est-ce que vous décririez votre musique en général ?

EVA : Narrative. Sombre mais pleine d'espoir à la fois et de moments de lumière contrastée. Il y a des moments qui sont très sombres, désabusés, désenchantés dans les paroles aussi. On est toutes les trois assez « terre-à-terre » avec l'idée de ne pas se laisser abattre, de continuer. Notre musique est à l'image de nos trois personnalités.

MYRIAM : Moi je dirais aussi qu'elle est sans compromis musicalement parce qu'on a chacune apporté des influences personnelles. Aussi bien Édith qui vient du math rock, Eva et moi qui somme assez rock prog. Moi j'ai un côté peut-être plus stoner. Il y a un peu de pop, un peu de grunge. On ne s'est jamais dit qu'on allait faire un album dans un style particulier. Chacune a amené sa patte.

ORIZA : Je rebondis sur le mot que tu as utilisé qui est le mot « compromis ». Parce que finalement vous êtes trois, avec trois influences différentes ! Et comment est-ce que vous arrivez à mêler tout ça ? Est-ce que chacune trouve sa place facilement ? Est-ce parfois source de conflits ? Comment est-ce que vous gérez ça ?

EDITH : On se laisse beaucoup de liberté. On n'essaie pas de créer dans un style particulier. Chacune est arrivée avec sa culture et ses habitudes musicales. Quand on crée, on a envie de mettre énormément de choses et c'est pour cela qu'on se retrouve à faire une musique qui est narrative. Qui est longue. Parce qu'on a envie de mettre toutes nos idées dedans et de laisser la place à toutes les trois. Justement là pour cet album on a travaillé avec une personne extérieure qui est Fred Lefranc et qui nous a appris à faire le tri, à faire des choix. Sans pour autant vexer l'une ou l'autre. Parfois on choisit ce qui est mieux pour la musique. Ça permet de se mettre d'accord pour chaque morceau et que toutes les idées qui ne vont pas serviront à autre chose. Ça a donné des interludes par exemple. Toutes les idées trouvent une place. Il y a toujours ces discussions entre nous qui permettent de ne pas laisser de côté les idées.

EVA : Il y a beaucoup de liberté dans notre façon de composer et c'est hyper naturel. Les choses s'imbriquent, il n'y a vraiment pas quelqu'un qui prend le dessus. On prend chacune la place dont on a besoin. Musicalement dans la composition et ensuite pour servir le bien de la musique on écarte, dégrossit. On a toujours des compositions qui sont trop riches. On fait toujours un excès d'idées par compo. Jusqu'au moment où on se dit : bon ça c'était une super idée mais on va peut-être ne garder que ça. C'est assez cool.

ORIZA : Alors comment vous composez ? Il y en a une qui propose un truc et vous faites tourner ?

MYRIAM : C'est à peu près ça. On arrive et on se dit de quoi on a envie de parler aujourd'hui. Il y en a une qui a un thème qui lui trotte dans la tête. Qui peut être une expérience personnelle ou rebondir sur l'actualité. En général il y a un petit peu de musique derrière, un riff ou un rythme. On en parle assez longuement pour se mettre dans le mood. Par exemple : « ça commence comme si le ciel était dégagé et d'un coup il y a un orage qui arrive... » alors on essaie de faire une jam avec une ambiance comme ça. Il y a beaucoup de dialogue, on utilise beaucoup d'images.

EVA : C'est très synesthésique la façon dont on compose. Il y en a toujours une qui arrive en disant : le thème dont on a parlé hier c'est super mais est-ce qu'on est toutes d'accord qu'on le voit rouge et pas bleu par exemple ? Et puis il y en a une qui dit : ah non pour moi ça évoque le désert. Il y a eu une compo comme ça ou je crois que Myriam et moi on voyait une chose et Edith totalement l'inverse. Et je crois que c'est une compo sur laquelle on ne s'est pas attardées en se disant que pour cet état d'esprit-là on ne voyait pas la même chose et finalement on n'arrivait pas à partager. Quand on jam dessus, quand on improvise, si on part dans des choses qui sont trop différentes et qu'à l'origine même de l'idée on n'arrive pas spécialement à voir les mêmes choses alors on passe à autre chose. On se met d'accord toutes les trois sur des ambiances, des couleurs, des sons, des musiques en référence aussi. Même des films.

EDITH : Et puis à force de jouer ensemble on ne se pose même pas la question. Parfois, même pendant les balances, il y en a une qui fait un truc et on se dit : « c'est cool, on enregistre ! » Comme on a l'habitude de jouer ensemble la jam est assez facile. Ça amène souvent à d'autres idées. Il y a des riffs dont la suite est évidente pour nous trois. On se dit ça, par exemple, ça sera le refrain. Il y a des choses qui viennent assez naturellement comme ça fait six ans qu'on joue ensemble.

ORIZA : J'ai l'impression que le visuel est très important pour vous. Vous avez un souci du détail, de la symbolique. Maintenant je comprends mieux ! Parce que vos compos sont vraiment imprégnées de ça : de l'imagerie. Est-ce que vous avez des références artistiques, des artistes en arts visuels par exemple, qui vous parlent particulièrement et qui vous inspirent ?

EVA : Précisément pour l'album on a beaucoup utilisé l'imagerie de la peinture classique, de la peinture baroque. Toute l'imagerie baroque. Au niveau des postures, des personnages et au niveau des symboles. Les éclairages, les ambiances. Et même du ressenti de certaines peintures qui mettent plus ou moins mal à l'aise. Moi j'aime beaucoup la peinture romantique. Füssli par exemple qui a des ambiances très très glauques. Avec des personnages qui sont décharnés, parfois c'est presque horrifique et pourtant il y a un traitement de l'image qui est très très doux. Et je sais que parfois on joue ce type de peinture-là : très romantique. On a une chanson qui s'appelle "La Ronce" et qui pour moi ne peut être qu'une peinture romantique. Elle a été créée d'après une gravure que j'ai chez moi. C'est une linogravure du studio Vaderetro qui représente une tour effondrée avec un framboisier, une énorme ronce qui passe au travers. C'était comme si ce truc m'obsédait. Cette ronce qui pousse avec des gros fruits juteux au milieu des décombres je trouvais la symbolique très intéressante. Donc beaucoup de symbolique médiévale, classique, baroque.

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EDITH : Pour la pochette on a travaillé avec une photographe, une artiste belge : le Studio Derville. Émilie travaille beaucoup sur la lumière, elle cherche à reproduire des clairs-obscurs qu'on retrouve beaucoup dans la peinture flamande. On a beaucoup échangé avec elle : des tableaux, des natures mortes, des vanités. On a beaucoup parlé des différentes symboliques. Elle nous a beaucoup aidées à la composition de la pochette, comme un tableau. On avait vraiment envie de travailler avec cette artiste depuis longtemps. Depuis l'EP. On a beaucoup discuté avec elle et elle nous a aidées à apporter cet univers de la peinture dans la pochette de l'album.

ORIZA : Je confirme que c'est une belle réussite ça donne envie d'acheter le vinyle pour avoir l'image en gros ! J'ai remarqué que dans toutes vos publications vous citez énormément les gens qui travaillent avec vous. Est-ce que c'est important pour vous de bien mentionner tout le monde, de faire un travail d'équipe, de mettre en valeur toutes les personnes qui bossent avec vous ?

EVA : C'est vraiment des collaborations. On travaille avec ces personnes-là comme on travaille nous trois ensemble. C'est-à-dire qu'on discute énormément, on partage énormément. Donc par exemple, avec Julien Metternich qui fait nos clips, à chaque fois c'est beaucoup beaucoup d'échanges entre nous. En visio, sur WhatsApp on s'envoie des moodboards, des vêtements... Lui aussi il est très visuel. Heureusement c'est son taf, donc (rire)… C'est vrai qu'il y a une communication vraiment hyper étroite avec les gens avec qui on travaille. Et en général c'est des gens avec qui on travaille longtemps.

MYRIAM : Je pense qu'on est aussi exigeantes avec nous-mêmes qu'avec les gens avec lesquels on travaille. Ce qui fait que c'est parfois un peu dur de trouver les personnes qui acceptent de se mettre à ce niveau. Comme on a beaucoup le sens du détail, on a tendance à vouloir contrôler un petit peu tout ce qu'on fait. De manière névrosée. Avec notre image, tous les clips, tout ce qu'on porte, les shooting photos… et donc c'est important d'arriver à trouver des gens qui sont ouverts au dialogue. Et qui voient les choses de la même manière que nous. Au début on a un petit peu galéré à s'entourer de gens. Et à force de chercher, de discuter, beaucoup sur Instagram... d'envoyer beaucoup de MP à droite à gauche. À force de discuter avec les gens on a fini par s'entourer d'une équipe qu'on apprécie beaucoup aujourd'hui. Et comme c'est une équipe qu'on a mis du temps à avoir, on tient beaucoup à les remercier.

ORIZA : J'ai trouvé que le son de l'album était vraiment super précis et très classe. Et je voulais parler justement des interludes. Ils ont chacun leur identité et il y a vraiment une ambiance qui s'en dégage. Comment c'est venu cette idée de faire des interludes ?

EVA : c'est un peu comme d'hab, on a beaucoup de petits morceaux qui traînent dont on n'a pas envie de se séparer. Qui faisaient partie de certaines compos. On trouvait que ça rallongeait trop les morceaux, mais on trouvait que « Cette partie-là, elle est si belle, ce serait vraiment dommage de la laisser... » C'était des Outros ou des petites intros, des petits morceaux de trucs qui faisaient vraiment partie du morceau. Et qui au sein de l'album ne sont pas trop à part non plus. Ils ont vraiment leur place aussi. Car ils sont dans la même ambiance, dans la même thématique.

MYRIAM : On avait aussi ce souci comme sur la pochette. On a dégagé trois sentiments : le ressentiment, le désir et la mélancolie. On voulait aussi présenter ça d'une manière un peu comme un livre avec des chapitres. Après "Borderlands" où la fin est super épique, mettre un interlude faisaient comme une petite pause. Comme les saisons qui passent. On se pose un petit moment, on prend le temps de contempler les choses. Ça permettait de faire un peu des moments de pause. Ou des moments d'émotions avec le saxophone sur "Cruel Nature"...

EVA : Ce sont des moments assez contemplatifs qui permettent en effet de prendre une respiration. De vraiment tourner la page entre chaque chapitre de l'album. De se dire : voilà il vient de se passer ça, de digérer un peu ce qui s'est passé avant. Offrir une pause musicale contemplative. Plus digeste qu'une maxi chanson hyper émouvante. Permettre de digérer l'information ça rend service aux chansons qui sont avant et après. C'est comme se rincer le palais entre deux plats.

ORIZA : Vous tournez beaucoup. Est-ce que vous vous considérez plus comme un groupe de scène ? Qu'est-ce que ça représente pour vous l'échange avec le public ?

EDITH : On s'est vraiment construites grâce au public. Ça fait six ans qu'on existe. On a sorti l'EP au bout de trois ou quatre ans donc en fait on avait déjà fait beaucoup de concerts et justement on s'étonnait d'avoir pu construire notre public comme ça sans avoir jamais sorti de support. On a trouvé beaucoup de soutien dans la scène française, la scène underground. On a beaucoup tourné et je pense que là avec le studio on a vraiment pris le temps de travailler sur notre son. Et on s'est rendu compte qu'on aimait énormément travailler sur notre son. Le fait d'avoir été obligées par le covid de s'arrêter, on a pris le temps d'apprécier vraiment l'écriture. Le travail du son. Je pense qu'on s'est un peu dévoilées plus comme groupe de studio aussi. C'est vrai qu'on a envie de faire ce travail-là. Parce que c'est vraiment un travail de recherche. Ce sont d'autres sensations complémentaire à la scène. Mais oui on adore tourner ! Et là on a vraiment hâte de faire toutes les dates parce que c'est là où on ressent, où on se remplit d'énergie. C'est réconfortant aussi de voir que notre musique plaît, qu'on peut la partager avec les gens. À chaque fin de concert on vend des albums et on est contentes que notre musique se diffuse.

EVA : Là où je trouve que c'est une réussite c'est quand sur scène on arrive avec des chansons qui ne font pas faire la fête aux gens. On voit que les gens ne vont pas craquer des pétards et se mettre à tourner dans tous les sens en hurlant, en scandant une chanson (en tout cas celles de l'album maintenant), on arrive quand même à transmettre une émotion. À certains moments on a eu des moments de doute voire de frustration en se demandant si notre musique n'allait pas plomber les gens. Peut-être qu'on devrait faire un truc plus festif, plus simple, plus rentre-dedans parce qu'on a envie que les gens s'amusent. Mais en fait on se rend compte que les gens ressentent des émotions qui ne sont peut-être pas du divertissement hyper fun mais qu'ils peuvent ressentir de la tristesse ou qui disent à la fin c'était poignant, j'ai vraiment ressenti quelque chose d'hyper fort, c'était hyper émouvant. Plus le temps passe plus on se rend compte que les gens peuvent passer une super soirée en ne scandant pas forcément un titre à tue-tête et en étant mort de rire tout le long... ils passent quand-même une bonne soirée et trouvent que le groupe était hyper divertissant.

EDITH : Et ça répond à notre question pour qui est-ce qu'on fait de la musique finalement. C'est très important.

MYRIAM : Le live c'est quand même le meilleur moyen de se rendre compte exactement ce pourquoi on le fait ce que les gens ressentent quand ils écoutent notre musique. On n'est pas chez eux avec eux quand ils écoutent l'album alors qu'en live on peut voir toutes les émotions passées sur leur visage et même discuter avec eux après au merch. Voir plein de gens différents qui ont plein de retour différents sur ce qu'on fait et ça c'est génial. C'est la meilleure sensation je trouve.

ORIZA : Est-ce qu'il y a des titres en particulier dont vous êtes super contentes ? Et des titres que vous avez hâte de jouer ?

EVA : Oui ! On a composé l'album sur une durée de temps assez longue. Il y avait "Caffeine" et "Borderlands", par exemple dans l'album, qui étaient déjà composées depuis assez longtemps qu'on hésitait même à mettre dans l'EP qui est sorti il y a deux ans. La compo s'est étalée sur toute la durée du confinement et on avait une dizaine de chansons. On a décidé d'en composer encore trois quatre. Et c'est dans ces trois quatre je crois que sont les meilleures qu'on a composées. Celles dont on est vraiment très fières parce que c'est un peu les Grandma's Ashes 2.0. On a vraiment trouvé notre rythme de croisière au niveau composition. Il y a "Cassandra", "Cold Touch", "Aside"… J'ai l'impression que ça nous a donné une idée de la direction qu'on allait prendre pour les prochaines compositions. On les trouve plus modernes, plus précises elles vont droit au but. On a eu le temps de travailler notre méthodologie toutes les trois. Ces trois-là on les a fait hyper rapidement.

MYRIAM :"Cold Touch" et "Aside" ça fait déjà six mois qu'on les joue en live. On les a intégrées au set. "Cassandra" c'est la deuxième fois qu'on la joue. Elle est un peu plus dure techniquement. Elle est assez précise dans ce qu'on a envie de dire. C'est un gros challenge et on adore la jouer parce que c'est nouveau et on va voir comment on va la donner aux gens et comment ils vont réagir.

ORIZA : J'avoue que c'est ma préférée. C'est marrant parce que les trois dont vous avez parlé sont mes préférés et "Cassandra" c'est vraiment ma numéro 1 ! C'est une bonne nouvelle que ce soit votre nouvelle direction ! Est-ce que vous avez des références soit dans vos influences ou des choses que vous aimez particulièrement écouter ?

EVA : Alors moi vocalement c'est beaucoup beaucoup de grunge. En tout cas pendant le confinement comme l'ambiance un peu morose s'y prêtait, j'ai réécouté vachement Alice In Chains. Notamment les harmonies de voix qui sont un peu mythique, très mélodiques et d'un autre côté avec une efficacité et beaucoup de mélancolie avec parfois deux voix, parfois trois... Dans le grunge en général mais surtout dans ce groupe Alice In Chains. qui est particulièrement déprimant et génial. Ça c'est un truc que j'ai vraiment voulu pousser en tout cas dans l'album vocalement au niveau des harmonies de voix aussi. J'en ai fait beaucoup écouter aux filles, Myriam connaissait un petit peu, Edith non. Au niveau ambiance de voix certaines notes dissonantes parfois qui donnent une couleur assez moderne voire même jazzy.

EDITH : Pour "Borderlands" par exemple on a beaucoup échangé sur nos influences et je leur ai fait découvrir Yes par exemple et King Crimson. Plus récemment on écoute souvent Deftones en voiture, Gojira aussi même si on n'est pas metal il y a quand même cette violence qu'on aime bien.

EVA : Une énergie très nu-metal qu'on aime bien.

MYRIAM : Même Rammstein des fois ou Nine Inch Nails.

EVA : Du metal efficace parfois brutal, hyper nu finalement. C'est un truc qui a pas mal teinté l'album peut-être.

MYRIAM : Je sais que par exemple pour "Aside" j'écoutais beaucoup Depeche Mode au moment où on l'a composée et j'aimais cette manière de se développer de marcher sans avoir de retour, de jamais s'arrêter, un truc un peu mécanique qu'on retrouve dans les boîtes à rythmes de Depeche Mode.

EVA : Et on était parti sur une ambiance très teenage Nirvana pour "Aside" justement sur le gros riff où on faisait n'importe quoi, on faisait tourner deux notes en boucle. C'était tellement bête et méchant et finalement on a fini par se dire que c'était tellement bon de s'affranchir de mélodies hyper complexe et d'un coup de se laisser aller à des trucs un peu plus rentres-dedans. Pourquoi ne pas faire un riff à deux notes en fait c'est bien.

EDITH : Les notes très graves du djent aussi, des rythmiques comme dans Gojira.

EVA : C'est des teintes hardcore en fait, du metal.

EDITH : Y a des moments où on s'est dit on va laisser un peu plus de place à la rythmique c'est des morceaux qui font un peu plus bouger les gens.

ORIZA : Pour terminer est-ce que vous avez des actus, des infos que vous souhaitez partager ?

EVA : Notre release party qui sera à la Maroquinerie le 14 avril à Paris. Ça va être un gros show où on va jouer tout l'album. On aura pas mal d'invités qui vont venir sur scène pour essayer de retranscrire au mieux l'ambiance de l'album. Ce sera certainement un show unique avec autant de guests. Je pense que c'est quelque chose à ne pas rater pour les personnes qui vont réceptionner l'album pour le voir jouer en live intégralement.

EDITH : Il y a toutes nos dates sur nos réseaux. On communique beaucoup sur Instagram, Facebook... Notre grosse actu c'est la tournée et la sortie de l'album.



crédit photo : Alexandre Le Mouroux (photos de promo), Studio Derville (artwork de l'album)


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