17395

CHRONIQUE PAR ...

113
Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 09 mai 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Kevin James LaBrie
(chant)

-John Peter Petrucci
(guitare+chœurs)

-Jordan Charles Rudes "Rudess"
(claviers)

-John Ro Myung
(basse)

-Michael "Mike" Mangini
(batterie)

Guests :

-FILMharmonic Orchestra Prague   (Orchestre)

-Richard Fiocca
(chef d'orchestre)

-Pueri Cantores
(chœurs)

-Millennium Choir
(chœurs)

-Fred Martin and the Levite Camp
(chœurs)

-Susan Youngblood
(chœurs)

-Richard Chycki
(récitant)

TRACKLIST

ACT I
1)
Descent of the NOMACS
2) Dystopian Overture
3) The Gift of Music
4) The Answer
5) A Better Life
6) Lord Nafaryus

7) A Savior in the Square
8) When Your Time Has Come
9) Act of Faythe
10) Three Days
11) The Hovering Sojourn
12) Brother, Can You Hear Me?
13) A Life Left Behind
14) Ravenskill

15) Chosen
16) A Tempting Offer
17) Digital Discord
18) The X Aspect
19) A New Beginning
20) The Road to Revolution

ACTE II
21)
2285 Entr’acte
22) Moment of Betrayal
23) Heaven’s Cove
24) Begin Again
25) The Path That Divides
26) Machine Chatter
27) The Walking Shadow
28) My Last Farewell
29) Losing Faythe
30) Whispers in the Wind
31) Hymn of a Thousand Voices
32) Our New World
33) Power Down
34) Astonishing

DISCOGRAPHIE


Dream Theater - The Astonishing
(2016) - metal prog - Label : Roadrunner Records



The Astonishing est l’incarnation parfaite de l’album que plus personne n’espérait de la part de Dream Theater. Cela faisait plus de dix ans que ses membres n’avaient pas proposé quelque chose de pertinent et de réfléchi. Ils avaient même osé le coup de l’album éponyme, qui souffrait d’un véritable manque d’inspiration et d’un foutage de gueule royal sur le traitement du son. Bref, en 2016, tout le monde se fichait bien de ce que Dream Theater pouvait proposer et ce même s’il s’agissait d’un concept album. D’autant que The Astonishing n’est pas une petite bête avec ses trente-quatre pistes et cent-trente minutes de musique ! Et pourtant, c’est avec cet objet pas très sexy que les Américains ont peut-être de nouveau trouvé quelque chose d’intéressant à dire.

Comme vous avez déjà regardé la note, soyons francs d’entrée de jeu. Oui l’album a des défauts. Il est trop long, trimballe quelques morceaux dispensables, des transitions avec les NOMACS (les machines de l’histoire) qui sont totalement inutiles et une fin plutôt ratée. Mais à part ça, que de surprises sur cet album ! Les Américains réussissent un tour de force assez incroyable en proposant un album qui ne leur ressemble pas. Exit les morceaux avec des duels instrumentaux à rallonge, exit les sons de claviers naguère insupportables de Jordan Rudess (il en reste quand même un peu - rassurons ses fans), exit aussi les branlettes de manche de John Petrucci. Ici tout est fait pour servir l’histoire à travers des morceaux assez courts (le plus long ne dépasse pas les sept minutes), de la mélodie et de nombreux thèmes travaillés et retravaillés tout au long des deux disques. Ainsi, l’introduction instrumentale "Dystopian Overture" présente nombre de mélodies qui seront triturées par la suite. Car, afin de suivre la logique de l’histoire contée (une dystopie où un tyran, Lord Nafaryus, dirige un monde où la musique est dictée par des machines à bruits les Nomacs alors que la résistance s’organise…), chaque personnage aura son propre thème. Une idée simple qui fonctionne à merveille à travers tout le disque.
Et pour que cela fonctionne, John Petrucci, Jordan Rudess et James LaBbrie sortent grands gagnants de The Astonishing. Petrucci revient aux classiques avec de très bonnes mélodies à la guitare électrique (la rythmique martiale de "A Better Life", le début mélodique de "A Savior In The Square"…) ou à la guitare acoustique ("A Life Left Behind"). Jordan Rudess, quant à lui, a décidé de mettre en avant essentiellement son piano à travers tout le disque ("The Answer" en est un très bel exemple), ainsi que des sons orchestraux, mais également certains choix très judicieux au synthé ("When Your Time Has Come", "Heaven’s Cove"…). Enfin, James LaBrie est probablement le musicien le plus surprenant de cet enregistrement, incarnant très bien les différents personnages ("Lord Nafaryus", "Three Days", "A New Beginning"…), interprétant parfaitement les moments plus cinématographiques ("Ravenskill", "A Tempting Offer") et délivrant souvent de bonnes lignes de chant. Évidemment, certains passages seront tout de même à la limite du mièvre ("Act of Faythe", "Losing Faythe", et un peu "Chosen"), mais dans l’ensemble son travail reste remarquable et certains moments véritablement accrocheurs.
Car cela faisait longtemps que Dream Theater ne nous avait pas surpris par des idées originales. Que ce soient les cuivres et la salsa sur les très bons "Lord Nafaryus" ou "Three Days", la cornemuse de "The X Aspect" ou l’enchaînement à la James Bond sur "Heaven’s Cove", Dream Theater a osé prendre quelques risques payants. D’autres en revanche le sont beaucoup moins tel le très solennel "Brother, Can You Hear Me?" ou les chœurs de "Hymn of a Thousand Voices". Mais dans l’ensemble, les Américains réussissent ici à construire des morceaux plaisants et variés qui gagnent largement à être réécouté, d'autant qu'ils s’imbriquent très bien dans l’ensemble du recueil. The Astonishing n’est pas un album si facile d’écoute et mieux vaut le prendre petit bout par petit bout pour mieux en apprécier le travail réalisé et les différents petits détails glissés ici et là. Car au fil des écoutes, l’ensemble gagne en intérêt. Les nombreux mid-tempos de la deuxième partie du premier disque distillent davantage leur saveur et leur justesse tandis que certains morceaux crèvent littéralement le plafond comme l’énorme "A New Beginning", qui représente probablement l’un des tous meilleurs titres du groupe avec sa rythmique enlevée : un LaBrie au top, des changements d’atmosphères, un passage instrumental jouissif et un final basse-batterie-guitare diablement groovy.

The Astonishing prend la majorité des fans à contre-pied mais dans le bon sens. Riche, intéressant, bien construit et plus sobre que les autres productions du groupe, cette dernière œuvre des Américains est un bon exemple d’un concept maîtrisé de bout en bout, offrant nombre de mélodies et de passages mémorables. Certes l’album reste trop long et souffre d’une violente baisse de régime à la fin, mais The Astonishing prouve une chose : Dream Theater peut encore nous surprendre et ça ce n’était pas vraiment gagné.

Un commentaire ? Un avis ? C'est ici : http://leseternels.forumofficiel.fr/t798-dream-theater-the-astonishing#


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7