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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 18 mars 2019
Sa note : 17/20

LINE UP

-Jeffrey Benjamin "Jeff" Becerra Sr.
(chant+basse)

-Mike Torrao
(guitare)

-Reed Lawrence "Larry" LaLonde
(guitare)

-Mike Sus
(batterie)

TRACKLIST

1) The Exorcist
2) Pentagram
3) Burning in Hell
4) Evil Warriors
5) Seven Churches
6) Satan's Curse
7) Holy Hell
8) Twisted Minds
9) Fallen Angel
10)
Death Metal

DISCOGRAPHIE


Possessed - Seven Churches



Il y a des moments où l’union sacrée doit prévaloir. Où il faut oublier ses divergences et agir pour une cause commune. En l’occurrence, cette cause est d’une gravité incroyable. Possessed n’est pas chroniqué sur notre site. Et ça, c’est impardonnable. MFF et moi avons coupé court à toutes nos activités pour nous consacrer séance tenante à la réparation de cette immense lacune. Il met de côté The Night Flight Orchestra, j’oublie mes groupes dark vaporeux et nous nous remontons les manches. Première étape: Seven Churches.

Je me rappelle d’un article d’Enfer Magazine qui, au début des nineties, recensait et évaluait les groupes majeurs du « thrash metal » - à l’époque, on englobait sous ce terme tout plein de groupes reclassifiés depuis. L’auteur du papier descendait (en flammes, forcément) Possessed. Son argument ? L’incapacité du groupe à produire du riff lisible. Il me semble que le terme de « magma » était employé. Même si j’ai demandé à mes amis d’Interpol de lancer un mandat d’arrêt international contre le gars, il faut quand même reconnaître que Possessed, en général, et Seven Churches, en particulier, n’ont pas comme vertu première la fluidité des transitions. Prenons comme exemple l'un des titres que je vénère plus que tout: "Fallen Angel" et sa cloche faisant passer le trop connu "Hell’s Bells" pour un gentil chant de noël. La transition entre l’impressionnant début et le cœur du morceau ? Y en a pas. On passe directement du clocher de l’église du diable à la crypte, aspiré par un riff biscornu, improbable, et pas très Dream Theater dans l’âme. Mais c’est là tout le charme de la bande à Jeff: extraire du magma des phrasés de guitare immédiatement reconnaissables. L’impression de joyeux bordel ? C'est comme ça, c’est inclus dans le pack, tout comme leurs mythiques sonorités rampantes.
Avec Celtic Frost, les Californiens sont les co-dépositaires de ces progressions, reprises avec plus ou moins de bonheur par la horde de groupes de death metal qui leur succèderont -et non, on ne va pas débattre ici de la paternité du metal de la mort. Seven Churches est truffé de ces guitares vous donnant l’impression de subir l’attaque d’une entité reptilienne de premier plan. Certaines progressions d’accord m’ont marqué à vie. Parmi elles, celle du fabuleux "The Exorcist", pas la plus déroutante, puisqu’elle se rapproche de ce que l’on peut entendre sur Hell Awaits, par exemple. Dans un registre 100% Possessed en revanche, le début de "Seven Churches" se pose là. Vocaux… possédés, riffs tarabiscotés, les Ricains enrichissent leur thrash metal classique de cette vision obscure et particulière de la musique. Même son de cloche (lol) du côté du bridge sinistre de "Holy Hell". Mais si je ne devais en retenir qu’une, ça serait l’OVNI présent sur "Evil Warriors". Rythme soudainement saccadé, et attaque de lézards mutants concomitante. Lorsqu’en plus Jeff hurle « Six six six ! », le monde explose. Seven Churches est un objet hors norme. Sa vision particulière de ce qui sera plus tard le death metal éclabousse les séquences raw-thrash plus classiques, que la mélasse noire a tendance à masquer. Personnellement, le magma j’en redemande, et pas à la petite cuillère. Plutôt à la louche.


Seven Churches a quelque chose d’obsédant. J’ai remis les doigts dedans avant de commencer la rédaction de la chronique. Maintenant qu’elle est écrite, j’en ai de partout. Et en plus, ça tache… Bordélique, certes, mais surtout malsain, multiforme, mutant et plein d’autres trucs qui commencent par m. Sans aucun conteste, l’un des albums fondateurs du metal extrême. Six, six, six !


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