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CHRONIQUE PAR ...

5
Fishbowlman
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 10/20

LINE UP

-Denis "Snake" Belanger
(chant)

-Denis "Piggy" D'Amour
(guitare+claviers)

-Jean-Yves "Blacky" Theriault
(basse)

-Michel "Away" Langevin
(batterie)


TRACKLIST

1)Shortwave Intro
2)Panorama
3)Clouds In My House
4)The Prow
5)Best Regards
6)Twin Dummy
7)Angel Rat
8)Golem
9)The Outcast
10)Nuage Fractal
11)Freedoom
12)None Of The Above

DISCOGRAPHIE

War and Pain (1984)
Rrroooaaarrr (1986)
Killing Technology (1987)
Dimension Hatröss (1988)
Nothingface (1989)
Angel Rat (1991)
The Outer Limits (1993)
Negatron (1995)
Voivod (2003)
Infini (2009)
Target Earth (2013)
The Wake (2018)

Voivod - Angel Rat
(1991) - rock - Label : MCA



En pleine vague grunge, Voïvod a tenu à montrer qu'il avait son mot à dire. Ben oui, ce n'est pas tout d'avoir influencé un bon paquet de combos de Seattle mais il faudrait peut être en profiter et récolter tous les fruits des efforts passés. Voïvod a influencé le grunge ? Comment ça ? Au niveau des dissonances à la guitare surtout, Voïvod sera régulièrement cité comme une référence par les p'tits gars de Nirvana, mais il ne faut pas oublier non plus le rôle joué par Sonic Youth et les Melvins, deux autres groupes qui resteront eux aussi cantonnés à un succès d'estime et qui ne bénéficieront pas (ou très peu) de l'explosion du grunge.

Voïvod a donc décidé de simplifier sa musique et de la rendre plus accessible pour le grand public. Ca fait peut-être cliché de dire ça mais c'est exactement ce qui se passe ici. Mais on ne se refait pas, les dissonances sont toujours là bien que chaque chanson possède une structure basique couplet-refrain couplet-refrain. L'album est plus rock et nettement moins heavy-thrash que tout ce que Voïvod a pu enregistrer par le passé. Et on peut amputer ce virage rock au départ du bassiste Blacky qui était en grande partie responsable des fondations expérimentales et du concept de Voïvod. Sans lui, plus rien ne sera comme avant. Quel gâchis, surtout quand on sait que Blacky avait comme projet l'intention d'ajouter des claviers à la musique de Voivod, afin de rendre le groupe plus progressif et spécial encore. A la place de ça, les autres membres du groupe avaient refusé et voulaient revenir à un style plus direct. Pfff, donc on doit se farcir cet Angel Rat presque banal, là où on aurait sans doute pu tenir le plus grand album de thrash-prog (!!!) de tous les temps ! C'est toujours Blacky qui assure la basse sur l'album, mais il apparaît en tant que simple invité.

Les guitares se sont un peu effacées, moins axées riffs au profit d'une musique désormais bien plus portée sur le chant. Et c'est là où le bât blesse puisque les capacités vocales de Denis Belanger sont assez limitées. Le fait d'avoir placé son chant dans un rôle central ne fait que renforcer la monotonie de pas mal de chansons d'Angel Rat, comme "Panorama", "Golem" ou "Best Regards", d'une banalité sans nom. Il reste quelques mélodies accrocheuses sur les refrains. A chaque fois, on a presque envie de zapper les parties chantées rien que pour écouter les sublimes parties instrumentales.

Pourtant le potentiel créatif de Voïvod est toujours présent, la magie est bien là pendant les parties instrumentales, sublimes la plupart du temps. Dommage qu'il faille attendre à chaque fois que les couplets et refrains passent avant de pouvoir se délecter de quelques sols ou de guitares planantes pendant les parties instrumentales. Quelques titres rock sont très réussis comme "The Prow" qui allie mélodies et solo qui tue (quel guitariste, toujours aussi inventif) On jurerait écouter un simple groupe de rock sur cette chanson, seules les guitares sont un brin métallisées. La production en tout cas (signée Terry Brown) est nickel, très clean, ça nous change de la bouillie sonore des premiers albums.

Le plus étonnant sur ce disque est l'aspect rock alternatif développé sur quelques titres très calmes comme le déprimant "Angel Rat" et le magnifique "Freedoom". Sur ces deux titres, le chanteur réussit à tirer profit de ses limites. On jurerait écouter du Noir Désir époque Tostaky (donc de la bonne époque) tellement les arpèges sont minimalistes et le chant proche de celui de Bertrand Cantat. Et le résultat est très convainquant. Pour le reste, on retiendra l'atmosphérique "Nuage Fractal" et ses guitares slidées façon Pink Floyd (Voivod n'a pas repris "Astronomy Domine" et "The Nile Song" pour rien !). Et que dire du superbe solo de "None of the Above" sur fond de claviers, un monument à lui tout seul, parfait pour conclure l'album.


Angel Rat constitue une sacrée déception, le virage rock opéré était prometteur comme en témoignent les parties instrumentales toujours de haut niveau. Mais sur les parties chantées, Voïvod n'était pas encore très à l'aise et avait bien du mal à les rendre captivantes. Pour écouter du Voïvod qui va droit au but, mieux vaut se procurer The Outer Limits, le dernier grand album de Voïvod à ce jour ou alors l'album éponyme de 2003 avec Jason Newsted, qui ressemble pas mal à Angel Rat, mais en plus heavy et plus varié (un gros plus).


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